Semaine du 17 au 23 avril 2019 - Numéro 1271
Amon-Rê et Thot : Une rencontre inedited
  Quatre découvertes ont été récemment réalisées par diverses missions de fouille. De Tell Haboua à Ismaïliya passant par Abou-Sir à Guiza et jusqu'à Louqsor et Assouan, en Haute-Egypte. L'année 2015 s’annonce prometteuse pour l'archéologie égyptienne.
Amon-Rê et Thot : Une rencontre inédite
Nasma Réda21-01-2015

Des inscriptions rares gravées sur un rocher illustrant un roi pharaonique « non identifié » présentant ses offrandes aux dieux Thot et Amon-Rê ont été découvertes à Gabal Al-Silsila, au nord d’Assouan. Ce grand rocher a été découvert par la mission archéologique suédoise de l’université Lund, dirigée par Maria Nilsson et qui opère sur le site depuis deux ans dans le cadre de « Gabal Al-Silsila Survey Project ». « C’est particulièrement rare de trouver ces deux divinités représentées ensemble dans le même cadre », déclare Nasr Salama, directeur du site de fouilles d’Assouan.

En effet, les inscriptions lisibles sur la stèle réfèrent aux titres de ces dieux, Amon-Rê, roi des dieux, et Thot, le géant. « Nous pouvons voir clairement la célèbre couronne du dieu Amon-Rê, et le disque lunaire de Thot. Mais malheureusement, on n’a pas pu identifier quels genres d’offrandes leur présente ce pharaon. Mais le texte décrivant Horus comme le Seigneur des deux Terres est lisible », explique Nilsson.

Les études préliminaires qu’effectuent les membres de la mission suggèrent que cette stèle peut remonter à la troisième Période Intermédiaire, qui a commencé avec la mort du pharaon Ramsès XI en 1070 av. J.-C. « L’équipe essaye actuellement de pousser un peu la recherche, alors que des parties de la figure et du titre du pharaon sont érodées par le vent et le sable », souligne pour sa part Abdel-Moneim Saïd, responsable des sites de Kom Ombo, au nord d’Assouan.

La mission archéologique a également découvert une autre sculpture qui montre le processus de découpage de deux obélisques, de même que les moyens mis en place pour les transporter sur un grand bateau. Selon Nilsson, cette sculpture, actuellement étudiée et analysée, est particulièrement importante, car elle peut changer le registre chronologique de plusieurs monuments célèbres du site, dont le temple rupestre du roi Horemheb (1323-1295 av. J.-C.). « Il est probable que cette sculpture remonte au début de la XVIIIe dynastie, peut-être au règne de la reine Hatchepsout (1473-1458 av. J.-C.) », estime Nilsson.

Toujours sur le même chantier, l’équipe suédoise a également découvert une statue du Sphinx semblable à celle décorant la route des Béliers qui relie le temple de Louqsor à celui de Karnak. « Nous espérons aussi qu’avec ces fouilles nous aurons de nouvelles informations sur les techniques d’extraction et de transport des rochers, et que nous parviendrons à une meilleure compréhension de la vie quotidienne dans cette célèbre région de carrière de marbre », souhaite Saïd.



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