Semaine du 19 au 25 septembre 2018 - Numéro 1242
Hetpet se révèle au grand jour
  Le ministère des Antiquités a annoncé la découverte d’une tombe datant de l'Ancien Empire sur le Plateau des pyramides. Il s'agit de la plus importante découverte depuis le début de l'année.
Hetpet se révèle au grand jour
Quelques scènes figurent sur les parois de la tombe. (Photo : Nasma Réda)
Nasma Réda07-02-2018

La tombe de Hetpet, de la Ve dynastie pharaonique, a été mise au jour cette semaine par une équipe archéologique égyptienne dirigée par Moustapha Waziri, secrétaire général du Conseil Suprême des Antiquités (CSA). Cette équipe de jeunes archéolo­gues n’a commencé ses fouilles qu’en octobre 2017 dans le cimetière ouest du plateau des pyramides. Hetpet, la propriétaire de la tombe, était une dame proche de la famille royale au cours de l’Ancien Empire (2650-2150 av. J.-C.). C’est la prêtresse de la déesse de fertilité Hathor, qui est de même déesse de l’amour, de la beauté, de la musique, de la maternité et de la joie dont le culte dominait l’Ancien Empire. La tombe découverte est joliment décorée avec de rares inscriptions murales multicolores et en très bon état de conservation. « Cette tombe a le même style architectural distingué et les éléments décoratifs des tombes de la Ve dynastie », souligne Waziri. Son entrée conduit à une fausse porte menant à une pièce en forme de L avec de nombreuses scènes décora­tives. « Hetpet est représentée sur les peintures murales en train de pêcher et de chasser », ajoute-t-il.

Sur presque toutes les parois de la tombe figurent également des scènes de récolte de fruits, de fabrica­tion de bateaux et des performances musicales et de danse. « Le plus distingué, c’est cette scène repré­sentant deux singes, qui étaient des animaux domes­tiques à cette époque, l’un d’entre eux dansant devant un orchestre complet. Ce type de scènes est rare », explique Waziri, ajoutant que des scènes similaires ont été trouvées dans d’autres tombes comme celle du gouverneur Khnoum Hetep II à Béni-Hassan dans le gouvernorat de Minya, de la XIIe dynastie. « Dans cette tombe, les scènes mon­trent un singe dansant devant un guitariste et non pas tout un orchestre », a précisé M. Waziri.

Dans un coin de la salle principale de la tombe et avant d’arriver au couloir menant à la chapelle, se trouve un bassin de purification. « Avant de pénétrer à ce lieu saint, il fallait être pur », explique l’archéo­logue Waël Fathi, membre de l’équipe de fouille. Ce bassin porte les titres du défunt, ainsi que son nom et quelques paroles de bénédictions. Quant à la cha­pelle, elle est également distinguée par sa forme qui ressemble plutôt à celles trouvées dans les temples et non pas dans les tombes. Le passage, qui mène à la chapelle, est plein d’inscriptions montrant les por­teurs d’encens et d’offrandes. Dans ce sanctuaire, il y a aussi un naos, où la statue de la propriétaire de la tombe est manquante. Selon Waziri, cette tombe est construite en brique cuite au soleil, et non pas en pierre. « Il est très probable qu’elle ne soit pas la tombe principale de la prêtresse Hetpet, et qu’on puisse découvrir d’autres tombes appartenant à Hetpet », dit-il, en assurant que les fouilles vont se poursuivre dans cette région avec l’espoir de faire de nouvelles découvertes.

Des indices qui remontent à 1909

Hetpet se révèle au grand jour
L'entrée de la chapelle avec le naos en face. (Photo : Nasma Réda)

En fait, il était connu pour la plupart des archéolo­gues que la tombe de Hetpet se trouvait dans cette région. « Quelques fragments de cette tombe avaient été découverts sur le site en 1909 par une mission allemande qui les a transportés aux musées de Berlin et de Francfort à l’époque, sans découvrir la tombe elle-même », explique le ministre des Antiquités, Khaled Al-Anani. Il est à noter que ce cimetière avait été déjà fouillé par plusieurs missions archéo­logiques depuis 1843, dont les plus importantes fouilles étaient celles réalisées par l’archéologue Zahi Hawas, qui a découvert de nombreuses tombes et des mastabas sur ce chantier.

Le cimetière occidental est le plus imposant du plateau des pyramides. Il abrite une multitude de mastabas et des tombes datant de la IVe à la VIe dynastie, appartenant à de hauts responsables et des prêtres. A savoir que le ministère des Antiquités encourage depuis deux ans les fouilles archéolo­giques dans cette région dans l’espoir de trouver de nouveaux trésors. « C’est la première importante découverte archéologique en 2018, mais elle ne sera pas la dernière. On s’attend en effet à ce que nous annoncions une nouvelle découverte archéologique dans les prochaines semaines », a déclaré Al-Anani.




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