Semaine 19 au 25 juillet 2017 - Numéro 1184
Revaloriser les anciens palais
  A l'occasion de la Journée mondiale du patrimoine, le ministère des Antiquités a décidé de mettre en valeur les richesses des anciens palais et résidences royaux des XIXe et XXe siècles.
Revaloriser les anciens palais
Des pavillons du palais présidentiel Abdine seront ouverts au public gratuitement.
Nasma Réda14-06-2017

Le ministère des Antiquités a choisi cette année les palais royaux comme thème de la journée mon­diale du patrimoine de l’Unesco. Certains palais et anciennes rési­dences royales des XIXe et XXe siècles seront réaménagés pour accueillir le public gratuitement. C’est le cas notamment du palais de Mohamad Ali à Manial et Rokn Farouq à Hélouan. Le but est d’améliorer la conscience patri­moniale des citoyens tout en pré­servant et exploitant ces bâtiments de valeur.

L’Egypte compte une cinquan­taine de palais de l’époque moderne et contemporaine, dont la plupart figurent sur la liste du patrimoine égyptien et dépendent du ministère des Antiquités. On retrouve parmi eux les palais d’Al-Sakakini, de Tousson pacha, d’Ismaïl Al-Mofattech, de Mohamad Ali ou de sa famille royale et bien d’autres. Tantôt souverains, tantôt hommes forts de l’Etat, tous ces grands noms ont également été de grands bâtis­seurs et ont contribué à la richesse architecturale du Caire, dont l’âge d’or se situe entre les XIXe et XXe siècles. Bien que ces joyaux aient défié le temps et aient survécu jusqu’à aujourd’hui, quelques-uns se trouvent dans un état déplo­rable et courent un véritable dan­ger si rien n’est fait.

Or, depuis quelque temps, l’Etat s’intéresse à nouveau à ces palais historiques. Deux comités pour la restauration des palais ont été créés. L’un dépendant de la prési­dence, l’autre du cabinet ministé­riel. En avril dernier, le président de la République avait appelé à la formation urgente d’un comité de sauvegarde du patrimoine, prési­dé par le ministère des Antiquités en collaboration avec le génie militaire. L’objectif de ce comité étant de gérer l’exécution de tra­vaux de restauration et de déve­loppement dans les palais royaux, tels que celui de Mohamad Ali à Choubra, le palais du Baron Empain à Héliopolis et la maison de repos du roi Farouq aux Pyramides.

Revaloriser les anciens palais
Le jardin du palais Baron Empain accueille des célébrations culturelles et sociales.

L’autre comité, créé l’année dernière par le Conseil ministé­riel, collabore avec huit autres ministères, dont celui de la Planification, du Logement, des Antiquités, du Tourisme, de la Culture, des Finances, du Secteur des travaux publics et celui de la Coopération internationale, afin de sauver ces édifices historiques. Ce comité a pour tâche première de recenser les bâtiments de valeur pour étudier leur état actuel. Il devrait accorder les fonds nécessaires pour la restaura­tion et la rénovation de ces palais. Et dans un second temps, propo­ser une stratégie d’exploitation de ces sites historiques, afin d’en faire des lieux vivants et ren­tables.

Espaces lucratifs

« Le gouvernement a récem­ment versé plus d’un milliard de L.E. pour la restauration de cer­tains monuments qui font partie des anciens palais royaux », explique Waad Abdel-Aal, chef du secteur des projets au ministère des Antiquités. « Ce premier ver­sement permettra de restaurer quatre palais seulement. D’autres sont occupés par des organisa­tions gouvernementales, mais ils seront bientôt évacués afin que ces bâtiments et leurs jardins puissent accueillir des événe­ments culturels », indique-t-il.

Le ministre des Antiquités, Khaled Al-Anani, souligne : « Une fois restaurés, ces palais deviendront des espaces lucratifs, puisqu’ils pourront accueillir des festivités culturelles ou artis­tiques, des conférences, ainsi que des cérémonies privées. Sans oublier que ces sublimes palais historiques vont contribuer à la promotion du tourisme en Egypte ». Ajoutant que déjà diffé­rentes festivités se sont tenues au palais de Mohamad Ali à Manial, comme le tirage au sort de cham­pionnats internationaux, de même que le festival du folklore afro-chinois organisé par le ministère du Tourisme. « Les invités chinois et africains ont été éblouis par l’architecture et l’atmosphère si particulière du palais », se félicite Al-Anani.

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Différentes festivités se tiennent à l’intérieur du palais Mohamad Ali de Manial.

Les exemples de reconversion des sites en espaces culturels se multiplient. C’est déjà le cas au palais d’Al-Monasterli et d’Oum-Kalsoum, où sont organisés, de temps à autre, des événements culturels et artistiques.

« Ce type de reconversion est tout à fait logique, car ainsi, le lieu produit lui-même les fonds nécessaires à sa maintenance », explique Ahmad Abdel-Aziz, vice-ministre et chef du projet du Caire historique. Et d’ajouter que les palais de l’émir Taz et de Bachteq accueillent souvent les événements culturels, surtout pen­dant le mois du Ramadan, et que le Sabil de Mohamad Ali est deve­nu le siège du musée du textile. « Nous devons donner à cette richesse architecturale les moyens de retrouver sa beauté d’antan », conclut le ministre des Antiquités.

— Coût d’une célébration cultu­relle dans un site historique : 20 000 L.E. pour 100 personnes.

— Coût d’une célébration sociale au jardin du palais du Baron Empain à Héliopolis et celui du palais de Mohamad Ali à Manial : 60 000 L.E. pour 300 personnes + 30 000 L.E. pour les 100 personnes supplémen­taires.

— Coût d’une célébration sociale au jardin de Rokn Farouq à Hélouan : 50 000 L.E. pour 300 personnes.

— Contrat de mariage aux mos­quées de Mohamad Ali à la Citadelle, Al-Réfaï, Ahmad Ibn Touloun ou Al-Hakim Bi Amr Allah : 10 000 L.E.

— Tournage des films dans les sites archéologiques ou historiques avec une seule caméra : 20 000 L.E. par jour pour les étrangers et 8 000 L.E. pour les Egyptiens.

— Les programmes télévisés et les documentaires : 8 000 L.E. pour les étrangers et 4 000 L.E. pour les Egyptiens.

Pour toute réservation s’adresser au ministère des Antiquités.




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