Semaine du 13 au 19 mars 2019 - Numéro 1266
Télécommunications : La 5G pointe à l’horizon
  La Conférence internationale des télécommunications a eu lieu à Barcelone du 24 au 28 février. Les professionnels du secteur y ont exposé les technologies de la 5G, les défis et les opportunités qu'elle présente.
Télécommunications  : La 5G pointe à l’horizon
Névine Kamel06-03-2019

30 millions. Telle est l’estimation du nombre d’abonnés à la 5G au Moyen-Orient et en Afrique (MEA) d’ici à la fin de 2024.Un chiffre qui représente 2% du total des abonnements mobiles, selon le rapport sur la mobilité Ericsson pour le MEA, lancé la semaine dernière durant le Congrès inter­national pour les télécommunications (Mobile World Congress MWC), qui a eu lieu du 24 au 28 février à Barcelone (Espagne). Cet événement regroupe chaque année les grands du secteur, qui tiennent à y participer pour exposer leurs dernières innovations. Un rendez-vous auquel ont participé environ 2400 entreprises interna­tionales, en plus de 100000 participants, d’experts et de responsables d’organisa­tions internationales et d’entreprises inter­nationales travaillant dans le domaine des technologies de la communication et de l’information du monde entier.

L’Egypte était bien présente à la confé­rence. Le ministre des Télécommunications et de la Technologie de l’information, Amr Talaat, y a participé, avec une délégation de haut niveau du ministère. La délégation égyptienne comprenait aussi un certain nombre de responsables du Régulateur national des télécommunications et d’ITI­DA. Et, en marge de sa participation à la conférence, Amr Talaat a rencontré des ministres et des responsables de plusieurs pays pour examiner les moyens de renfor­cer la coopération et l’échange d’expertise dans les domaines des télécommunications et de la technologie de l’information. Talaat a signé également plusieurs accords avec des sociétés internationales, y compris Etisalat, Google, Microsoft, Ericsson, Huawei, etc. spécialisées dans le domaine des technologies de la communication et de l’information.

La région MEA aux premiers rangs

Cette année, la 5G était la star du MWC. « Nous passons véritablement à la 5G en 2019. La 5G sera la colonne vertébrale de la société future », a déclaré Borje Ekholm, PDG d’Ericsson, lors de la conférence de presse d’Ericsson dans le MWC 2019. De nombreuses autres entreprises ont pris la même décision telles que Huawei, Nokia, Etisalat, Orange, Oreedo, STC, entre autres.

Du point de vue du trafic de données mobiles, la région MEA est la plus active au monde avec une prévision de croissance neuf fois supérieure et un nombre d’abon­nements au haut débit mobile doublant de 860 à 1630 millions de 2018 à 2024. Mathias Johansson, responsable d’Ericson en Arabie saoudite et en Egypte, a révélé à l’Hebdo durant la conférence que la 5G sera bien lancée en 2019. Car ce ne sont pas seulement les Etats-Unis, le Japon, la Corée et la Chine qui sont intéressés par le lance­ment de la 5G, mais également la région du Moyen-Orient. « Le Moyen-Orient veut être à l’avant-garde de la 5G. La 5G est, pour cette région, une technologie où on veut se placer dans les premiers rangs pour identi­fier les cas d’utilisation », a-t-il déclaré. Il ajoute: « En Arabie saoudite, par exemple, les opérateurs sont particulièrement moti­vés, ils veulent définir les cas d’utilisation de la 5G pour différents secteurs, car la 5G est une excellente occasion d’accroître les revenus », en mentionnant qu’Ericsson pré­voit de lancer des pôles d’innovation à tra­vers le Moyen-Orient pour s’assurer qu’ils peuvent fournir un réseau.

Johansson est très optimiste sur le fait que cette année sera très intéressante pour la 5G, et prévoit que dans neuf mois, la plu­part des mobiles haut de gamme comme Samsung, LG, et même les moins chers, auront vraiment un volume de masse 5G à vendre sur le marché. « Ce qui contribuera à stimuler l’utilisation, bien sûr, non seule­ment aux Etats-Unis et au Japon, mais aussi en Arabie saoudite, aux Emirats arabes unis et dans de nombreux autres pays », ajoute-t-il. « La majorité des abon­nements à la 5G dans la région MEA devraient provenir de marchés avancés tels que les pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG, dont l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis ou le Qatar), tandis qu’en Afrique, une dynamique considérable se renforce en Afrique du Sud », a-t-il dit.

L’Egypte figure parmi la liste des pays intéressés, mais comme l’a révélé à l’Heb­do Borje Ekholm, PDG d’Ericsson, elle lancera la 5G un peu plus tard, car si les pays du CCG sont allés plus vite dans la construction de l’infrastructure nécessaire pour la 5G et des tours 5G, l’Egypte n’a pas encore commencé leur construction. La plupart des consommateurs n’utilisaient que des appareils 2G et 3G, alors qu’en Arabie saoudite, par exemple, le trafic du réseau 4G est déjà très important. Or, selon lui, « l’Egypte est un cas différent qui ne manque pas d’importance, car avec une population de 100 millions d’habitants, si seulement un petit taux préférait la 5G, il formerait tout de même un grand nombre ». L’Egypte est encore au début du processus, comme l’a confirmé Rafiah Ibrahim, PDG d’Ericsson au Moyen-Orient et Afrique : « Nous discutons toujours de la fréquence et du spectrum avec nos clients en Egypte. Les investisseurs voudraient s’assurer que les autorités attribuent la bande appropriée à la 5G, ce qui indique qu’ils sont impa­tients d’adopter la technologie ».

Nouvelles exigences

En effet, en Egypte comme ailleurs, les principaux moteurs du déploiement 5G incluent une capacité du réseau accrue, un coût réduit et de nouvelles exigences en matière de cas d’utilisation. Bref, une infrastructure appropriée à l’application d’une telle technologie. « Les investisseurs sont prêts à mettre le paquet, mais ils ont besoin de s’assurer de la rentabilisation. Par exemple, en Arabie saoudite, le gou­vernement a décidé de prendre en compte la 5G dans le cadre de la stratégie 2030. Il n’avait pas besoin d’une analyse de renta­bilisation, mais en Egypte au contraire, la décision n’est pas encore prise », explique Ekow Nelson, responsable du compte Etisalat auprès d’Ericsson. A ce sujet, Khaled Hegazy, responsable des affaires générales chez Etisalat Misr, est intervenu. « Adapter l’infrastructure à l’application de la 5G est un point très important. L’Egypte, par exemple, a besoin d’investis­sements importants dans les infrastruc­tures et de ce que nous avons entendu récemment, Telecom Egypt se concentre maintenant sur ce sujet », dit-il. Selon une étude menée par Ericsson, l’application de la 5G aiderait les entreprises à réaliser une augmentation de 50 à 60% de leurs reve­nus. Elles doivent donc accélérer pour le faire.

Outre l’infrastructure, la sécurité des informations est une nécessité pour l’adap­tation de la 5G. A cet égard, le PDG d’Ericsson a expliqué: « En ce qui concerne la sécurité de l’information, avoir un réseau sécurisé en 5G est très important, non seulement pour les opérateurs, mais également pour la société elle-même. Il est important de renforcer la sécurité des don­nées et des réseaux dans les pays où nous avons commencé à déployer la 5G ».




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