Semaine du 14 au 20 novembre 2018 - Numéro 1250
Sherine El Shorbagi : Nous visons à doubler le volume des exportations
  La présidente du conseil d’administration de l’Autorité du développement des exportations (EDA), Sherine El Shorbagi, entend travailler sur plusieurs volets simultanés, afin de donner une forte impulsion aux exportations égyptiennes. Entretien.
Sherine El Shorbagi : Nous visons à doubler le volume des exportations
Amani Gamal El Din04-07-2018

Al-Ahram Hebdo : Vous avez été nommée à la tête de l’Export Development Authority (EDA) (l’Autorité du développement des exportations) en mai 2017. Pouvez-vous nous l’introduire ?

Sherine El Shorbagi : En 2016, le ministre du Commerce et de l’Industrie avait entamé le premier plan de restructuration qui avait misé, parmi d’autres objectifs, sur le fait de réunifier l’industrie et le commerce dans une seule stratégie, et de réintroduire l’EDA, sous sa nouvelle version, dans les milieux des affaires. La restructuration de cette entité avait été menée en vertu d’une loi déjà existante (la loi n°22 pour l’année 1992) stipulant sa création. Le conseil d’administration a été formé en février 2017, en guise de réactivation de l’EDA, composée des secteurs privé et public, d’un quota chacun de 50 %. L’EDA, sous sa version actuelle, est formée de trois entités : le Centre de promotion des exportations (Export Promotion Center, EEPC), le Point de commerce égypto-international (The Egyptian International Trade Point, EITP) et le Centre de formation du commerce extérieur (Foreign Trade Training Center, FTTC).

La mission de l’EDA est la mise en oeuvre de la vision et des objectifs liés à la stratégie de développement des exportations. Ces objectifs sont au nombre de 5 et se résument comme suit : Assurer le développement durable des exportations égyptiennes, encourager la transition vers des exportations à forte valeur ajoutée, élargir la base des exportations pour l’intégration des petites et moyennes entreprises, pénétrer de nouveaux marchés ayant un large potentiel et de meilleures opportunités pour les exportations, et enfin simplifier les procédures d’exportation et créer un environnement plus adéquat pour les exportateurs. Le nouveau personnel gestionnaire de l’EDA part d’une conviction selon laquelle cet organisme, destiné à promouvoir les exportations égyptiennes, n’est pas semblable à un organe gouvernemental d’autant que ses services et ses interventions sont axés sur le marché. L’EDA se positionne alors comme une organisation orientée vers le marché qui doit avoir la flexibilité nécessaire à l’adaptation aux exigences du secteur privé et aux dynamiques du marché international. L’un des défis majeurs que nous devons relever est de nous repositionner en tant que pays industriel et exportateur, en nous forgeant une image de marque qui ferait notre singularité.

— Quelle est votre stratégie pour donner un élan aux exportations égyptiennes et quels sont les secteurs prioritaires ?

— Les exportations gagnent en force. En référence aux chiffres des 10 premiers mois de l’année fiscale 2017-2018, le total des exportations était chiffré à 20,04 milliards de dollars enregistrant une croissance de 14,2 % en comparaison avec la même période de l’année fiscale précédente 2016-2017 qui avait atteint 17,5 milliards de dollars.

En effet, l’année fiscale 2015-2016 avait enregistré un fort déficit de la balance commerciale estimé à 50 milliards de dollars, ce qui cause certes un problème pour n’importe quelle économie. Nous avons alors travaillé sur plusieurs axes pour combler ce déficit, à commencer par les mesures législatives, la classification des types d’importations et la relance des exportations qui est le travail de l’EDA. Pour booster les exportations, nous avons adopté un plan pour la promotion des exportations 2023 côte à côte avec le secteur privé, avec les conseils chargés des exportations et l’Union des industries. Cette stratégie est composée de deux axes. Le premier est d’avoir une bonne connaissance des marchés extérieurs et de leurs demandes et le deuxième est que l’Egypte se repositionne en tant que pays exportateur et industriel tout en ayant une bonne connaissance des capacités et du potentiel de l’Egypte.

Le plan d’action de la promotion des exportations égyptiennes vise à doubler leur croissance annuelle en travaillant dans cinq secteurs principaux. Les matériaux de construction, l’ingénierie, les textiles, le prêt-à-porter et enfin l’industrie alimentaire et des boissons.

— Quels sont les problèmes du secteur des exportations que vous avez récemment abordés au cours de la réunion des conseils des exportations ? Quelles solutions la réunion a-t-elle apportées ?

— Le problème essentiel abordé au cours de la réunion de coordination tenue sous l’ombrelle des conseils des exportations a été les nouvelles règles relatives à la participation dans les foires étrangères. Certains conseils avaient émis leurs réserves lors de l’annonce de ces règles car craignant la capacité des petits business d’y prendre part. Alors que d’autres conseils ont insisté sur la nécessité de tenir compte des besoins de participation aux foires qui diffèrent d’un conseil à l’autre, selon les secteurs de commodités. L’EDA a alors tenu à clarifier que les nouvelles règles avaient pour objectif d’accroître les exportations et que la dévaluation de la monnaie locale avait entravé la participation à un grand nombre d’expositions et de foires d’autant que la contribution était versée en dollars ou en euros. Chaque conseil voit les choses selon ses propres perspectives, alors qu’ils doivent prendre en considération la pénurie de ressources dans laquelle nous opérons. Les règles ne sont pas initialement conçues pour entraver les petits business, mais au contraire, pour assurer leur sérieux d’autant qu’ils sont les représentants et l’image de marque des exportations égyptiennes. A la fin de la réunion, il a été décidé que les règles resteront inchangées et que la spécificité de chaque secteur sera prise en compte et même discutée pour lui tailler des programmes qui lui conviennent. Les conseils d’exportation étaient donc appelés à soumettre à l’EDA leurs propositions sectorielles pour la participation en accord avec leur spécificité, pour que l’EDA ait la possibilité de développer sa propre méthodologie et ses programmes sans contredire pour autant les règles générales.

— Quels sont les obstacles majeurs devant les exportations égyptiennes et quel est votre plan pour les dépasser, prenant en considération que les problèmes majeurs étaient liés au flottement et aux procédures post-flottement ?

— Au contraire, il existe une relation inverse entre le taux de change et les exportations. Dans le cas de la dévaluation de la monnaie locale, les prix des commodités domestiques connaîtront une chute par rapport au dollar et à l’euro, ce qui accroîtra certes le volume des exportations. Les obstacles majeurs sont la faiblesse et le report de déboursement des subventions à l’exportation et de remboursement des taxes. Les exportations souffrent également d’une faiblesse des réseaux de centres de logistique couvrant les marchés lointains, ainsi que d’une faiblesse de transport interne comme les transports ferroviaires. D’autres problèmes sont liés à la qualité des systèmes d’inspection et à la déficience des activités de promotion.

— Quels sont les marchés que vous ciblez ?

— Notre méthodologie consistant à doubler les exportations égyptiennes repose sur la division des marchés ciblés et des produits en trois phases : court, moyen et long termes, selon les priorités et les opportunités valables. La priorité de ciblage des marchés et des produits est identifiée selon certains critères. Nous visons à cibler par exemple dans le court terme un total de 2 marchés dans la région Eurasie et Est de l’Asie, au moyen terme 3 et sur le long terme une quinzaine. Pour la zone arabe de libre-échange et le Nord de l’Afrique, les marchés ciblés sont au nombre de 13 sur le court terme, 11 sur le moyen et 10 sur le long terme. Pour l’Afrique, 10 au court terme, 5 au moyen et 7 sur le long terme. Pour l’Union européenne, au court terme, ils sont 14, sur le moyen terme 17, et sur le long terme 19. L’Amérique du Nord un seul au court et au moyen termes et 2 uniquement sur le long terme. Alors que pour ce qui est de l’Amérique du Sud, ils sont au nombre de 18 sur le moyen terme et 17 sur le long.

— Quel est votre plan pour les expositions de cette année ?

— L’EDA a préparé un plan pour les expositions internationales, les missions du commerce et des acheteurs pour l’année fiscale 2018-2019 qui a été approuvé par le conseil d’administration de l’EDA en accord avec les nouveaux standards du plan de développement des exportations, lequel est en ligne avec la stratégie du ministre du Commerce et de l’Industrie. Le nouveau plan focalise sur un nombre de marchés traditionnels ainsi que d’autres marchés qui présentent des perspectives devant les exportateurs égyptiens. Le plan inclut la participation dans 48 expositions internationales spécialisées couvrant une variété de secteurs industriels, qui ont été sélectionnés selon des critères déterminés par l’EDA en coopération avec les conseils d’exportation. Les expositions comprennent une fondée sur les pratiques contractuelles et qui est fréquentée par un nombre de pays et un grand nombre d’acheteurs. L’EDA vient de finaliser également un plan pour la promotion d’une variété de secteurs destinés à l’exportation, surtout en Afrique et en Amérique latine. L’EDA compte aussi inviter les acheteurs internationaux en marge des expositions.




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