Semaine du 19 au 25 septembre 2018 - Numéro 1242
Zohr : Le rêve de l’autosuffisance à portée de main
  Le champ gazier de Zohr a été officiellement inauguré le 31 janvier. Le projet, dont la production finale devrait être de 2,7 milliards de m3/jour, aidera l’Egypte à satisfaire ses besoins en gaz naturel et à réduire sa facture d’importation pétrolière.
Zohr : Le rêve de l’autosuffisance à portée de main
Le président Sissi inaugurant le projet.
Gilane Magdi07-02-2018

L’Egypte presse le pas pour devenir un pôle énergétique régional. Le 31 janvier, le président Abdel-Fattah Al-Sissi a officiellement inauguré le grand champ gazier de Zohr, considéré comme la bouée de sauvetage qui va faire de l’Egypte un exportateur de gaz naturel au cours des prochaines années. « 28 mois seulement se sont écoulés entre la phase d’exploration et le début de la première phase de production. La réalisation de projets similaires au niveau mondial prend 6 à 8 ans », a déclaré le ministre du Pétrole, Tareq Al-Molla, lors de la cérémonie d’inauguration, en présence de Sissi, du directeur général d’ENI, Claudio Descalzi, et des dirigeants de grandes sociétés pétrolières internationales et égyptiennes. La cérémonie a eu lieu près de la ville côtière de Port- Saïd, dans le nord de l’Egypte, et a été diffusée en direct par la télévision égyptienne. « Le président de la République nous a demandé d’accélérer les travaux sur ce champ gazier pour le terminer fin 2018 plutôt que fin 2019, comme c’était prévu initialement », a déclaré le ministre à la chaîne On Live le jour de la cérémonie. Situé à plus de 200 km de la côte égyptienne et à 4 000 mètres de profondeur dans la mer Méditerranée, le champ gazier de Zohr a été exploré en 2015 par l’entreprise italienne de pétrochimie ENI. L’accord d’exploitation a été signé en un temps record, soit début 2016, afin de lancer les travaux au plus vite. Midécembre 2017, le champ gazier est entré en exploitation pour produire 350 millions de m3/jour dans la phase expérimentale, un niveau de production qui devrait atteindre un milliard de m3/jour dans la première phase, prévue pour le premier semestre de 2018, 1,7 milliard de m3/jour d’ici à la fin 2018, puis 2,7 milliards de m3/jour à la fin 2019, selon l’accord d’exploitation. Le volume des réserves du champ est estimé à 30 trillions de m3. A l’issue de la cérémonie, le ministre du Pétrole a fait une présentation détaillée du projet de Zohr concernant les installations maritimes et terrestres nécessaires à la production. Il a précisé que le projet était divisé en trois éléments : premièrement les puits, situés à 190 kilomètres dans les eaux profondes de la Méditerranée. Deuxièmement, la plate-forme de contrôle de l’ouverture et de la fermeture des puits et de la distribution des quantités sur les lignes de production.

Quant au troisième élément, il s’agit de la station de réception et de l’usine de traitement des gaz avant le pompage vers les pipelines du réseau national. « La station de réception et de traitement du gaz a été réalisée par la compagnie pétrolière égyptienne Petrojet. Cette dernière a terminé l’unité de traitement pour la production de 350 millions de m3, alors que 7 autres unités sont en phase de construction », a déclaré le ministre, ajoutant que cette station, une fois toutes les unités de traitement construites, va permettre de traiter 2,8 milliards de m3/jour. Pour sa part, Claudio Descalzi a salué les efforts des entreprises pétrolières égyptiennes qui ont participé aux travaux de préparation du champ, notamment Petrobal, Petrojet et Enppi. « Elles ont vraiment réalisé une performance remarquable tout au long de la période de travail en tant qu’équipe performante », a indiqué le directeur général d’ENI. En ce qui concerne l’emploi, le ministre du Pétrole a indiqué que 16 000 emplois directs et 25 000 emplois indirects avaient été fournis lors de la construction du projet. « Il y aura 850 emplois directs et 2 000 emplois indirects pendant les autres phases opérationnelles du projet », a ajouté Al-Molla.

Des économies de 250 millions de dollars par mois

L’exploitation du champ gazier de Zohr contribuera à alléger la pression sur l’économie égyptienne, qui puise dans ses réserves en dollars pour importer les produits pétroliers. L’Egypte importe actuellement du Gaz Naturel Liquéfié (GNL) à un coût élevé pour satisfaire ses besoins énergétiques. « Les 350 milliards de pieds cubes que nous produisons en ce moment nous évitent d’acheter trois cargaisons de GNL, ce qui représente une économie de 60 millions de dollars par mois, soit environ 720 millions de dollars par an », a déclaré Al-Molla. Et d’ajouter : « D’ici à la fin 2018, lorsque le pays aura atteint l’autosuffisance, il pourra économiser 250 millions de dollars par mois ». Le président Abdel-Fattah Al-Sissi a attribué, lors de la cérémonie, la raison du déclin des réserves de change de la Banque Centrale d’Egypte à l’importation de produits pétroliers. « Nous achetons des dérivés du pétrole à environ 1,2 milliard de dollars chaque mois », a-t-il expliqué. Le projet du champ Zohr, dont le coût d’investissement est de 12 milliards de dollars, constitue la plus grande découverte de gaz en Egypte et en Méditerranée. « Ce champ est le plus grand de la Méditerranée et pourrait devenir l’une des plus importantes découvertes de gaz au monde », a noté Claudio Descalzi dans son intervention, citée dans le communiqué de presse publié sur le site du ministère du Pétrole. La production de Zohr n’est pas seulement en train de rapprocher l’Egypte de l’autosuffisance énergétique. Il pourrait également faire du pays un fournisseur de gaz pour la région de la Méditerranée orientale. « Je veux 10 Zohrs », a déclaré, sur un ton d’humour, le président Sissi lors de la cérémonie d’inauguration.




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