Semaine du 20 au 26 septembre 2017 - Numéro 1192
Dollar : Une tendance à la baisse vouée à se prolonger
  La baisse du cours du billet vert, qui a perdu 0,7 % de sa valeur contre la livre égyptienne depuis une semaine, est justifiée en partie par l’amélioration des indicateurs de l’offre et de la demande de dollars. Explications.
Dollar : Une tendance à la baisse vouée à se prolonger
Le dollar devrait baisser à 16,6 L.E. en décembre 2017. (Photo:Reuter)
Gilane Magdi12-07-2017

Pour la première fois depuis trois mois, le dollar s’échange en dessous du seuil de 18 L.E. Depuis le 3 juillet, le prix d’achat du billet vert est de 17,93 L.E. et celui de vente se chiffre également aux alentours de 17,93 L.E. en moyenne dans la plupart des banques. En réaction à cette baisse, certains détenteurs de billets verts ont vendu leurs dollars. Gihane Farid, par exemple, s’est empressée dimanche matin de vendre les 2 000 dollars qu’elle possédait. « Je gardais cette somme en cas d’urgence. Mais maintenant que les prévisions sont à la baisse, il est profitable de déposer cette somme à la banque, notamment avec la hausse des taux d’intérêt de 2 % pour se chiffrer à 20 % », explique-t-elle à l’Hebdo. Car, paraît-il, personne ne semble considérer ce recul comme artificiel, vu la quasi-stabilité des taux de change depuis le flottement du billet vert. Il est d’ailleurs considéré comme logique d’après les banques d’investissement qui le prévoyaient depuis des mois. « Les grandes banques publiques exercent en ce moment de fortes pressions pour que la monnaie nationale regagne sa valeur réelle. L’objectif étant de faire baisser le dollar afin de calmer l’opinion publique après la baisse des subventions à l’énergie. Une manière également de prouver que le plan de réforme économique est quelque chose de positif », affirme un banquier ayant requis l’anonymat, en assurant que l’affaire est contrôlée par les autorités monétaires. « La preuve est que le cours du dollar est stable autour de 18 L.E., à l’exception de quelques périodes de fluctuations cependant contrôlées. En réalité, le billet vert est sujet à une surévaluation », renchérit le banquier. Ce dernier ajoute que sa valeur réelle est entre 13 et 14 L.E.

Le 3 novembre 2016, la Banque Centrale d’Egypte (BCE) avait laissé flotter le cours du dollar pour passer de 8,8 à 14 L.E. d’un seul coup. D’après les données de la BCE, les cours n’ont cessé de fluctuer pendant le mois suivant, pour atteindre le niveau le plus élevé le 12 décembre, 19 L.E., avant de redescendre à 18 L.E. le 8 février 2017. Depuis, le taux reste quasiment stable.

« La baisse actuelle du cours du dollar est le résultat des mécanismes de l’offre et de la demande sans aucune intervention de la part de la BCE. C’est un bon indicateur reflétant le retour de la confiance dans l’économie égyptienne et la réussite du programme de réforme monétaire et économique contribuant à la hausse du montant des réserves à des niveaux sans précédent depuis 2011 », a assuré le directeur de la BCE, Tareq Amer, lors de sa réunion avec le président de la République, Abdel-Fattah Al-Sissi, tenue samedi matin. D’après le site électronique de la BCE, le montant net des réserves en devises étrangères n’a cessé de grimper pour franchir le seuil des 30 milliards de dollars au cours des deux derniers mois : mai (31,1 milliards de dollars) et juin (31,3 milliards de dollars).

Les effets de l’offre et de la demande
La banque d’investissement Beltone Financial avait prévu ce recul, vu l’amélioration de la situation de l’offre et de la demande. Pour l’offre, les ressources des banques en dollar ont augmenté. « Depuis le flottement du cours du dollar en novembre dernier, 57 milliards de dollars ont été injectés dans le secteur bancaire. Depuis, les banques, qui souffraient d’un déficit de 11 milliards de dollars dans leurs actifs étrangers en devises en décembre 2016, ont réussi à réaliser pour la première fois un excédent de 4 milliards de dollars en mai 2017. Ces chiffres reflètent l’amélioration de l’offre du dollar sur le marché, ce qui s’est révélé conséquent sur la baisse de son cours », explique Aliaa Mamdouh, analyste économique auprès de Beltone Financial.

Quant à la demande, les pressions sur le dollar sont devenues moins importantes dans le cadre des restrictions gouvernementales imposées à l’importation. De même, l’annulation graduelle des restrictions sur les transferts des capitaux en dollar, prises par la BCE après la révolution de 2011, a rassuré la demande. Selon le rapport de Beltone Financial, « le mois dernier, la BCE a annulé ces restrictions, limitant aux voyageurs et aux sociétés de transférer un montant dépassant les 100 000 dollars par an. Suite à cette mesure, nous avons prévu de larges transferts en dollar à l’étranger. Mais rien de cela n’a eu lieu. Ce qui veut dire que l’état de santé du dollar est en bonne et due forme », assure Aliaa Mamdouh, prévoyant la poursuite de la baisse du dollar qui devrait osciller, d’après lui, entre 16,6 et 17,1 L.E. d’ici décembre 2017.



Mots clés:

Lien court:

 

Courriel
 
Nom
 
Titre
 
Commentaire