Semaine du 22 au 28 mai 2019 - Numéro 1276
Difficile processus de négociations au Soudan
  Les discussions se poursuivent toujours entre les chefs de la contestation et le Conseil militaire sur le partage du pouvoir.
Difficile processus de négociations au Soudan
Manifestations à Khartoum le 2 mai. (Photo : AFP)
Maha Salem avec agences08-05-2019

Après une semaine de négociations acharnées, les médiateurs soudanais dans les pourparlers entre pouvoir militaire et chefs de la protestation ont proposé la création de deux conseils, dont l’un est dirigé par des généraux et chargé de la sécurité du pays. « Il y a une proposition d’avoir deux conseils, l’un dirigé par des civils et l’autre par des militaires. Le conseil dirigé par les militaires sera en charge des questions concernant les aspects sécuritaires du pays. Les prérogatives exactes des deux conseils n’avaient pas encore été définies », a déclaré à l’AFP Omar Al-Digeir, membre de l’Alliance pour la Liberté et le Changement (ALC), fer de lance de la contestation. Cette proposition intervient au moment où les pourparlers sur la formation d’un conseil unique sont dans l’impasse, les chefs de l’armée et ceux de la protestation divergeant sur la composition de cet organe de transition.

Un accord trouvé pour former un conseil conjoint comprenant militaires et civils a été conclu, mais sans application à affronter des obstacles. Des divergences sont apparues entre les deux parties au sujet de la composition d’un conseil conjoint, les généraux exigeant qu’il soit majoritairement militaire, tandis que les leaders de la contestation insistent pour qu’il soit dirigé par des civils. Mais, même cette proposition est refusée par certains opposants. « Nous sommes contre cette idée, nous ne voulons qu’un seul conseil souverain et symbolique, avec une représentation militaire. Nous voulons un système parlementaire dans lequel le pouvoir serait aux mains du parlement et du cabinet. L’armée ne devrait participer qu’à un organe chargé des questions de sécurité et de défense », a déclaré Siddig Youssef, chef du Parti communiste soudanais, qui fait partie de l’ALC.

Sur le terrain, des milliers de manifestants campent toujours devant le quartier général de l’armée à Khartoum. Le début du mois de Ramadan risque de faire baisser l’intensité des manifestations, notamment à cause des grandes chaleurs.

Facteurs de risque

On semble donc entrer dans une période de statu quo dans les relations entre la contestation et le Conseil militaire. Mais à ce bras de fer s’ajoutent d’autres facteurs de risques.

« Le Conseil militaire craint que le chaos règne sur le pays à cause de plusieurs raisons dont les appels lancés dans certaines régions revendiquant l’indépendance. Ces appels sont inquiétants, car ils peuvent conduire à une autre division au sein du pays après celle de la scission avec le sud. Autre facteur de risque : plusieurs groupes extrémistes sont apparus sur la scène, ces groupes possèdent des armes et sont bien financés, il faut donc les contrôler avant que les choses ne dégénèrent. En effet, la communauté internationale s’inquiète des djihadistes de Daech qui peuvent profiter de la crise soudanaise pour s’infiltrer et trouver un nouveau terrain fertile où ils peuvent s’installer et instaurer un nouvel Etat. La communauté internationale craint aussi la prolifération des mouvements de migration clandestine », explique Dr Mona Solimane, professeure à la faculté d’économie et de sciences politiques à l’Université du Caire.

Et de conclure : « Le Conseil militaire, qui veut maintenir la stabilité et la sécurité dans le pays, est aussi soutenu par la communauté internationale qui veut la stabilité et la paix plutôt que la démocratie, à cause des expériences passées dans les pays de la région ».




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