Semaine du 22 au 28 mai 2019 - Numéro 1276
Donner un nouveau souffle au G5
  La lutte antiterroriste, les problématiques du développement, les nouvelles crises africaines : tels sont les sujets discutés lors d’un sommet extraordinaire du G5 Sahel, tenu les 1er et 2 mai à Ouagadougou en présence de la chancelière allemande.
Donner un nouveau souffle au G5
Les chefs d'Etat du G5 avec la chancelière allemande lors du sommet le 1er mai. (Photo : AFP)
Sabah Sabet avec agences08-05-2019

La capitale burkinabé a accueilli, les 1er et 2 mai, un sommet extraordinaire de la force conjointe du G5 Sahel, auquel ont participé les cinq chefs d’Etat de l’organisation (le Mali, le Niger, le Tchad, la Mauritanie et Burkina Faso (président de la force pour l’année 2019). Au cours de ce sommet, les chefs d’Etat ont notamment examiné la question de la lutte contre le terrorisme et l’opérationnalisation de cette force conjointe. Ils se sont également penchés sur la problématique du développement dans leurs pays du G5 Sahel.

A l’issue de la séance de travail, le président en exercice du G5 Sahel, Roch Marc Christian Kaboré, a déclaré à la presse que le sommet avait permis de passer en revue l’ensemble des questions qui concernent aussi bien l’opérationnalisation de la force conjointe du G5 Sahel, notamment dans sa phase de montée en puissance, que les engagements pris par les partenaires. « Il a été également question des procédures de décaissement et de passation de marchés, qui entachent la réalisation d’un certain nombre d’objectifs », a-t-il poursuivi. La force conjointe G5 Sahel, initiative soutenue par l’Union Africaine (UA) et l’Organisation des Nations-Unies, a été créée en février 2014.

Début février dernier, le Burkina Faso a officiellement pris la présidence en exercice du G5 Sahel pour l’année 2019, à l’issue de la 5e Conférence des chefs d’Etat de cette institution. Le G5 s’assigne pour objectifs, entre autres, d’améliorer la coordination des pays au niveau régional pour les politiques de développement et dans les activités de sécurité et de défense. Le G5 Sahel vise en particulier à lutter contre la menace terroriste, en commençant par la sécurisation des zones frontalières. En outre, cette force conjointe ambitionne de contrer les différents trafics de drogue et d’êtres humains nourrissant les groupes terroristes dans la bande sahélo-saharienne.

Régler les questions de financements

Aujourd’hui, l’une des priorités des chefs d’Etat est d’aller rapidement à une pleine opérationnalisation de la force militaire conjointe, une force spéciale de nouvelle génération plus adaptée aux défis sécuritaires multiples. Seulement voilà : cette ambition est en butte au manque de financement, et les promesses, qui tardent à s’exécuter, bousculent la transformation de cette région en un espace intégré de développement et de sécurité.

Ce sommet est centralisé donc sur ce volet, suscitant des espoirs quant aux appuis dont l’organisation a besoin pour réaliser ses ambitions. Dans ce cadre, la participation de la chancelière allemande, Angela Merkel, a donné un nouveau souffle à l’organisation. Elle a appelé les pays européens à consentir plus d’efforts pour les pays du G5 Sahel en rappelant que la lutte contre le terrorisme n’est pas uniquement la responsabilité des cinq Etats, mais aussi celle de l’Europe. « Nous, en Europe, nous devons être plus réactifs et agir plus rapidement », a précisé Merkel.

Compte tenu du phénomène terroriste, les Etats investissent plus dans la défense et la sécurité, selon la chancelière allemande. Pour elle, la coopération doit prendre en compte l’investissement, afin de promouvoir le développement. Dans cette logique, Mme Merkel a promis plus de 100 millions d’euros, 60 millions pour le G5 et 46 pour le Burkina, et ceci, pour former et équiper les hommes.

Outre le G5, les chefs d’Etat ont marqué une attention particulière aux différentes crises que connaissent l’Algérie, le Soudan et la Libye. Mais le débat le plus chaud a été la question de la Libye. Pour les pays de la région, l’Europe doit résoudre le problème qu’elle a créé et qui impacte la sécurité des autres pays. Pour Kaboré, les pays du G5 souffrent de la crise libyenne. « La stabilité dans les pays sahéliens est tributaire du retour de la paix en Libye », a-t-il dit.

Reconnaissant qu’il y a des lacunes à corriger, Merkel a demandé au président en exercice du G5 Sahel d’en faire sa priorité. « La Libye est un terreau de nouvelles menaces. J’ai donc beaucoup de missions lorsque je rentre en Europe », a-t-elle précisé, en indiquant que la solution politique est d’une importance primordiale, au regard de la menace qui y renaît et qu’il faut endiguer.

Avant de remercier Merkel, les chefs d’Etat lui ont demandé de plaider pour le G5 aussi bien en Europe que dans les institutions internationales. « Après cinq années d’existence de l’institution, il est important que tant sur le terrain de la sécurisation que celui du développement économique, les peuples du Sahel sentent une amélioration de leur condition de vie », a conclu le président Kaboré.




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