Semaine du 7 au 13 novembre 2018 - Numéro 1249
Le sommet de toutes les incertitudes
  Annoncé en grande pompe, puis annulé, puis confirmé une nouvelle fois, le sommet entre les présidents nord-coréen et américain devrait finalement avoir lieu à la date prévue. Sauf nouvelle surprise.
trump
Sabah Sabet avec agences06-06-2018

Grands sauts d’enthousiasme et optimisme presque démesuré, retour en arrière puis nouveaux signaux positifs. Avec autant de soubresauts, difficile de prévoir ce qu’adviendra de l’éventuel sommet américano-nord-coréen. Vendredi 1er juin, le président Donald Trump a annoncé que le sommet avec son homologue nord-coréen, Kim Jong-un, aura bien lieu le 12 juin à Singapour comme initialement prévu. Le président américain, qui avait annulé cette rencontre, il y a une semaine, a fait cette annonce après avoir rencontré à la Maison Blanche le bras droit du dirigeant nord-coréen, Kim Yongchol. S’exprimant devant la presse, le président américain a également dit que la Corée du Nord voulait être dénucléarisée, et a prédit que le dialogue avec Pyongyang serait « un processus couronné de succès ». Il a également promis que les Etats-Unis n’imposeraient pas de nouvelles sanctions à la Corée du Nord pendant les négociations. « Je ne veux plus utiliser le terme pression maximale. Je ne veux plus utiliser ce terme. Nous nous entendons bien. Vous voyez notre relation », a-t-il dit aux journalistes sur la pelouse de la Maison Blanche, après avoir raccompagné Kim Yong-chol à sa voiture.

Le négociateur en chef de la Corée du Nord, Kim Yong-chol, est le plus haut dirigeant nordcoréen à se rendre aux Etats-Unis depuis dixhuit ans. Il s’est entretenu avec le président américain plus d’une heure pour évoquer la tenue de ce sommet. Il était également là pour remettre une lettre de Kim Jong-un à Trump. Le président américain avait annulé la rencontre dénonçant alors « la colère » et « l’hostilité » du régime de Pyongyang, bien que la Corée du Nord ait tenu sa promesse de mettre hors service son site d’essais nucléaires. « Je n’ai jamais dit que ce serait réglé en une réunion. On parle d’années d’hostilités et de problèmes », a-t-il à nouveau mis en garde vendredi 1er juin, avant de prédire qu’« à la fin, il y aura une issue très positive ». Washington réclame une dénucléarisation « complète, vérifiable et irréversible » de la Corée du Nord et se dit prêt à apporter des garanties pour la « sécurité » du régime reclus, qui a toujours considéré son arsenal comme une sorte d’assurance-vie. Mais l’Administration Trump n’entend pas faire de réelles concessions, notamment sur la levée des sanctions draconiennes imposées à Pyongyang après la multiplication d’essais nucléaires et balistiques, qu’une fois que la Corée du Nord se sera « débarrassée » de ses bombes atomiques. Le président nord-coréen a redit jeudi 31 mai vouloir « aller vers une dénucléarisation de la péninsule coréenne », mais a prôné un processus « étape par étape », des paroles annoncées lors d’une rencontre à Pyongyang de Kim et du chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov. Des signes positifs, certes, mais qui ne garantissent rien .




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