Semaine du 22 au 28 mai 2019 - Numéro 1276
Roxy, le premier parking intelligent voit le jour
  Le premier parking automatisé d'Egypte a été inauguré le 30 avril à Héliopolis, au Caire. Une expérience dont la généralisation permettrait de résoudre le problème du stationnement.
Roxy, le premier parking intelligent voit le jour
La première phase du parking comprend 900 places, et avec l'achèvement de la deuxième phase, la capacité atteindra 1 700 places. (Photo : Yasser Al-Ghoul)
Chaïmaa Abdel-Hamid08-05-2019

Le premier parking intelli­gent d’Egypte et le plus grand au Moyen-Orient est entré en service cette semaine dans le quartier de Roxy à Al-Korba, l’un des quartiers les plus anciens et les plus encombrés d’Hé­liopolis. Situé entre deux célèbres rues de ce quartier, à savoir les rues Al-Hégaz et Ghernata, le nouveau garage a été ouvert au public le 30 avril. Lors de l’inauguration, le gou­verneur du Caire, Khaled Abdel-Al, s’est félicité d’un projet qui « permet­tra de réduire l’encombrement dans ce quartier important ». Il a fait savoir que le coût de construction s’élève à 250 millions de L.E. Le projet a été financé par le système B.O.T sur une période de 25 ans.

D’une superficie de 5 000 m2 et 40 000 m souterrains, la première phase de ce projet comprend 900 places, et avec l’achèvement de la deuxième phase, la capacité du par­king atteindra 1 700 places. « Les citoyens sont venus en masse pour stationner leurs véhicules dès l’inau­guration », affirme l’un des agents de la sécurité. Pour se garer, il suffit d’installer sa voiture dans l’une des six places situées à l’entrée, le reste se fait via un système à 100 % automa­tisé. La voiture descend dans la partie souterraine par le biais d’un ascen­seur et est garée à la place libre la plus proche. Une carte intelligente qui enregistre l’heure d’entrée et la place de chaque véhicule est remise à chaque automobiliste.

Chaque auto­mobiliste doit présenter sa carte au paiement, payer et passer la carte dans une machine. La voiture ressort deux minutes après de l’une des six places situées à la sortie. Concernant les frais, de 6h à 18h, les trois pre­mières heures de parking coûtent 45 L.E. A partir de 18h jusqu’à 2h du matin, les prix baissent à 12 L.E. par heure, soit 36 L.E. pour les trois pre­mières heures. L’un des privilèges qu’offre le nouveau garage, c’est la sécurité et la facilité de stationne­ment. Mariam Walid, une jeune fille, est venue garer sa voiture.

« C’est une solution idéale pour moi. Souvent, je me garais dans des zones interdites faute de place et j’étais bien évidem­ment amenée à payer des amendes », affirme-t-elle. « Je souffrais tous les jours pour trouver une place et garer ma voiture, et souvent, je me rendais en retard à mon travail à cause de cela. Parfois, je me trouvais obligé de laisser les clés de ma voiture au sayès (le voiturier), même si cela est risqué. C’est pourquoi l’ouverture de ce nou­veau garage rendra service aux habi­tants du quartier et ceux qui le fré­quentent », dit, pour sa part, Achraf Abdel-Aziz, avocat, venu prendre sa voiture.

Une tarification exagérée

Certains citoyens se plaignent cependant du système de tarification. Plusieurs automobilistes ont refusé d’y stationner leurs véhicules après avoir pris connaissance des tarifs de stationnement qu’ils jugent « exagé­rés ». « Je ne comprends pas pour­quoi je suis obligé de payer 45 L.E. pour me garer juste une heure ? », critique Ali Amer, employé dans une entreprise privée. En revanche, pour Moustapha Abdel-Rahman « 15 L.E. par heure n’est pas grand-chose en échange de ces services remarquables et sûrs offerts par ce garage auto­matisé ». Il pense quand même qu’il faut revoir le système de tarification. « Pour garer ma voiture, je ne dois pas être obligé de payer 45 L.E. Le système de paiement doit être modi­fié de manière à ce que l’automobi­liste paye uniquement le temps réel de stationnement. C’est plus logique et surtout plus encourageant pour y garer », lance Moustapha.

Solution aux embouteillages ?

Hassan Mahdi, professeur de pla­nification routière à l’Université de Aïn-Chams, explique que le garage intelligent de Roxy s’inscrit dans le cadre d’un plan du gouvernement visant à faire face aux embou­teillages, notamment dans la capi­tale. Selon les chiffres de l’Orga­nisme central de la mobilisation et des statistiques, il existe en Egypte 9,9 millions de voitures dont 2,5 millions au Caire, soit 25 % de l’en­semble des véhicules de l’Egypte. Dans une tentative de remédier à cette situation, le garage d’Al-Tahrir, qui peut accueillir 25 bus et 1 700 voitures, est entré en service en 2015.

« La multiplication des garages de grande capacité contri­buera certes à réduire la densité du trafic, mais ne peut pas à elle seule résoudre le problème », trouve Mahdi. Il ajoute que le gouverne­ment doit oeuvrer en vue de moder­niser les moyens de transport en commun pour encourager les gens à les utiliser.

« Si les transports en commun se modernisent, cela inci­tera les citoyens à les utiliser et à laisser leurs voitures au garage. Le mauvais état des transports en com­mun pousse de nombreux citoyens à acheter des voitures. Par consé­quent, le nombre de véhicules qui sillonnent les rues du Caire aug­mente considérablement », explique Mahdi. Il appelle le gouvernement à assurer un service de transports en commun convenable à toutes les classes sociales. « C’est la solution pour réduire le nombre de véhicules sillonnant les rues, et en même temps réduire la facture du carbu­rant », estime l’expert. Reste que face à un taux de croissance démo­graphique galopant, ce genre de solution peut atténuer le phénomène des embouteillages. Mais ne consti­tue pas de solution définitive au problème.




Lien court:

 

Courriel
 
Nom
 
Titre
 
Commentaire