Semaine du 7 au 13 novembre 2018 - Numéro 1249
Les jeunes s'expriment
  La deuxième édition du Forum Mondial de la Jeunesse (FMJ), tenue du 3 au 6 novembre à Charm Al-Cheikh, a accueilli 5000 jeunes venus du monde entier. Le forum a abordé des questions aussi variées que la paix, le développement de l’Afrique et la créativité.
Abdel Fattah Al-sissi
Chaïmaa Abdel-Hamid07-11-2018

« Faites de vos diversités un élément d’entente et de complémentarité ». Cet appel lancé par le président Abdel-Fattah Al-Sissi avant de donner le coup d’envoi de la deuxième édition du Forum mondial de la jeunesse, tenue du 3 au 6 novembre à Charm Al-Cheikh, a eu un écho retentissant parmi les jeunes venus de 145 pays pour participer à cet événement. Environ 5000 jeunes de différentes nationalités, couleurs, religions, idéologies et cultures ont été invités à échanger leurs expériences et leurs points de vue durant les quatre jours du forum. Le forum avait un agenda assez riche fondé sur trois axes, à savoir la paix, le développement et la créativité.

A partir de ces trois axes, quelque 30 sessions ont été tenues ainsi qu’un grand nombre d’ateliers qui ont commencé deux jours avant le lancement du forum. Le président a aussi inauguré le « Théâtre des jeunes du monde » et la radio des jeunes « Briser le silence » en marge de cette conférence internationale. Sur le plan thématique, cette édition est inspirée du livre du penseur Milad Hanna Les 7 piliers de la personnalité égyptienne, dans lequel il explique en détail la singularité de la personnalité égyptienne.

Lors de son discours inaugural tenu samedi, le président Sissi a appelé les jeunes d’Egypte et du monde à travailler pour « faire revenir les valeurs humaines en tant que moyen de développer les nations, d’instaurer la paix dans le monde et d’établir une coopération constructive entre les peuples ». Et d’ajouter : « Je remercie les jeunes participant à ce forum. Sans leur courage et leur enthousiasme, cette deuxième édition du forum n’aurait pas eu lieu.

C’est avec les mains de ces jeunes que le présent se construit, d’où l’importance de ce forum rassemblant les jeunes du monde de différentes races, couleurs, religions et ethnies. Ils sont tous venus pour échanger leurs visions et leurs rêves, pour un meilleur avenir et pour chercher la paix et la créativité au lieu de tomber dans le cercle des conflits », a dit le président.

Après l’exposé de l’activiste iraqienne Nadia Mourad, ancienne esclave sexuelle de Daech et lauréate du prix Nobel de la paix 2018, qui a parlé du viol des femmes yazidies par Daech, le président a appelé tous les pays du monde à reconnaître les crimes de l’organisation terroriste et de toutes les organisations extrémistes dans le monde. « Nous nous adressons au monde entier et refusons l’extrémisme, la discrimination et le racisme », a lancé le chef de l’Etat, tout en soulignant que la première recommandation de ce forum sera « la reconnaissance du crime commis par Daech contre les Yazidis ».

Pour sa part, la jeune Yazidie a salué les propos du président en affirmant qu’elle n’a jamais oublié les mots que lui avait dits le président Sissi au cours de sa visite en Egypte en 2015. Il lui avait dit que « le mal ne vaincra jamais ».

La paix était l’un des principaux thèmes du forum. Au cours de la séance « Le rôle des leaders du monde dans l’instauration et le maintien de la paix », qui a témoigné d’un vaste débat sur le rôle des jeunes et des dirigeants de l’industrie de la paix à la lumière des changements politiques et sociaux en cours dans le monde, le président Sissi a souligné que l’instauration de la paix ne pouvait être réalisée qu’à travers la vision des dirigeants. Et d’ajouter: « La vision politique des dirigeants a une grande influence sur la paix et peut éviter à l’Etat d’entrer dans des conflits ». Il a donné l’exemple du président Sadate. « Lorsqu’il a évoqué l’idée de la paix, personne ne pensait que cette idée serait un jour acceptée par la majorité de la population ».

Sur un autre volet, le président a appelé tous les pays de la région et du monde islamique à réformer le discours religieux. « Les termes et les idéologies adoptés il y a 1 000 ans, qui étaient valables à l’époque, ne le sont plus de nos jours », a expliqué le président.

L’Afrique sous les spots

En effet, le développement de l’Afrique a été l’un des thèmes dominants du forum à travers une séance intitulée « Agenda 2063 : L’Afrique que nous voulons ». Selon les spécialistes qui ont participé à cette session, l’Afrique ne peut progresser qu’à travers la lutte contre le terrorisme, le retour de l’identité africaine et la relance du rôle des jeunes.

« Le continent africain est riche en ressources, mais des efforts doivent être déployés pour leur gestion », a déclaré le président, qui a souligné la nécessité d’identifier les défis auxquels est confrontée l’Afrique, afin de pouvoir les surmonter, notamment le chômage, qui est l’une des principales causes de l’émigration clandestine. Des défis qui ont été traités pendant trois jours à travers la simulation du Sommet arabo-africain à laquelle ont participé 67 jeunes de différents pays africains.

Le président a annoncé la création à Charm Al-Cheikh d’une ville pour les jeunes d’Afrique, afin d’y recevoir les jeunes du continent tout au long de l’année en leur permettant d’y tenir leurs conférences.

Moustafa Kamal, chercheur au Centre des Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram, explique : « L’Egypte, qui présidera début 2019 l’Union africaine, a profité de ce rassemblement mondial pour souligner à travers les interventions des jeunes les problèmes de l’Afrique ». Il ajoute : « La création de cette ville sera un moyen efficace pour renforcer le rapprochement entre l’Egypte et les pays africains ».

Des messages au monde entier

Le professeur de sciences politiques Tareq Fahmi explique que ce forum représente l’occasion pour l’Egypte de transmettre au monde entier ses messages vis-à-vis de différentes questions d’intérêt national, régional et international. Il souligne que 70% des participants viennent d’Europe et des Etats-Unis, tandis que 30% viennent des pays arabes et africains. « L’Egypte s’est adressée à travers ce forum à 145 pays. Si le premier forum tenu en 2017 a porté sur l’expérience égyptienne dans certains dossiers, cette deuxième édition a exposé les problèmes par lesquels sont passés les pays de la région et les moyens d’y faire face », explique le politologue.

Un avis partagé par Kamal qui souligne que parmi les messages les plus importants transmis par l’Egypte: « La nécessité que les pays développés soutiennent les pays en développement ou les pays qui ont subi la destruction et qui ont besoin de reconstruction, l’importance de la lutte contre les idées extrémistes et le terrorisme pour instaurer la paix, et l’importance du dialogue entre les partis en conflit ».




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