Semaine du 7 au 13 novembre 2018 - Numéro 1249
Concertations égypto-américaines
  Le président Abdel-Fattah Al-Sissi a reçu, jeudi 31 mai, une délégation du Congrès américain. Le processus de paix, la lutte antiterroriste et les relations bilatérales ont été au centre des discussions.
Concertations égypto-américaines
Lors de la rencontre, le président Sissi a souligné l’importance des relations stratégiques entre l’Egypte et les Etats-Unis.
May Al-Maghrabi06-06-2018

Jeudi 31 mai, le président Abdel-Fattah Al-Sissi a reçu une délégation du Congrès américain en visite au Caire. Le ministre des Affaires étrangères, Sameh Choukri, le général Abbas Kamel, président par intérim des renseignements généraux, ainsi que l’ambassadeur américain par intérim au Caire ont assisté à la rencontre. Selon un communiqué de la présidence, les négociations ont porté sur le renforcement des relations égypto-américaines, la coopération en matière de lutte contre le terrorisme ainsi que sur un certain nombre de dossiers régionaux.

D’après le porte-parole de la présidence, Bassem Radi, lors de la rencontre, le président Sissi a souligné l’importance des relations stratégiques entre l’Egypte et les Etats-Unis. « La situation dans la région exige le renforcement de la coopération et de la concertation entre l’Egypte et l’Administration américaine, en vue d’examiner les moyens d’y rétablir la sécurité et la stabilité », a indiqué le président Sissi, selon le porte-parole. En discutant de la lutte contre le terrorisme dans le Sinaï, le président Sissi a tenu à souligner, à l’intention de la délégation américaine, que la campagne militaire antiterroriste allait de pair avec un plan de développement global de la péninsule pour répondre aux besoins des Sinawis.

Concernant la cause palestinienne, le président Sissi a mis en évidence la nécessité de parvenir à « un règlement équitable du conflit israélo-palestinien, fondé sur les paramètres internationalement reconnus, pour aboutir à la solution des deux Etats avec Jérusalem-Est comme capitale de l’Etat palestinien ». Il a en outre passé en revue les mesures prises par l’Egypte aux niveaux diplomatique et humanitaire pour alléger la souffrance des habitants de la bande de Gaza. « Pour sa part, la délégation américaine a confirmé le plein soutien des Etats-Unis en matière de lutte contre le terrorisme, tout en reconnaissant son rôle en tant que pilier de la stabilité dans la région », a indiqué le communiqué de la présidence. En outre, les membres du Congrès ont loué le succès réalisé par l’Egypte en matière de lutte contre le terrorisme, exprimant leur « appréciation des efforts déployés en vue de rétablir la sécurité et éradiquer l’idéologie extrémiste ». Enfin, « ils ont également salué la réussite du programme de réforme économique », a indiqué le communiqué.

La délégation du Congrès américain a de même tenu une séance de négociations à huis clos avec le ministre des Affaires étrangères, Sameh Choukri. Selon Ahmad Abou-Zeid, porte-parole du ministère, la délégation américaine s’est informée sur les derniers développements en Egypte, notamment le programme de réforme économique, et les résultats de l’opération globale antiterroriste Sinaï 2018 menée par l’armée. La crise syrienne, la situation en Libye et la cause palestinienne, ainsi que le problème du barrage éthiopien de la Renaissance ont également été évoqués.

La question de l’aide américaine

La visite de la délégation du Congrès intervient quelques mois après la décision de Washington de réduire l’aide économique et militaire fournie au Caire de 290 millions de dollars pour « manque de progrès au niveau des droits de l’homme ». Une décision déplorée par Le Caire, qui estime que la décision américaine dénote « un manque de compréhension à l’égard de l’Egypte ». Sameh Choukri a déclaré cette semaine que « l’aide américaine accordée à l’Egypte ces derniers temps ne reflète pas la particularité des relations bilatérales et ne sert pas les intérêts communs ». Et d’ajouter: « Le Caire attend toujours de ses partenaires, en particulier des Etats-Unis, qu’ils augmentent leur soutien au pays, afin de pourvoir surmonter les défis accrus, notamment avec l’instabilité que connaît la région avec l’accélération des conflits armés et la présence d’organisations terroristes ».

L’aide militaire s’élève à 1,3 milliard de dollars par an. Quant à l’aide économique, elle est plus modeste et tourne autour de 250 millions de dollars. Elle sert à financer notamment des programmes de formation pour les fonctionnaires. Sous l’ancienne Administration américaine de Barack Obama, l’aide militaire américaine à l’Egypte avait été en partie suspendue en 2013, provoquant une grave crise entre Le Caire et Washington. Washington a ensuite revu sa position fin mars 2015, annonçant le déblocage de l’aide et relançant son partenariat « stratégique » avec l’Egypte. « La décision du Congrès de réduire l’aide fournie à l’Egypte prouve que la politique américaine envers l’Egypte n’a pas véritablement changé en dépit d’une certaine amélioration amorcée avec l’arrivée du président Trump au pouvoir. L’Egypte reste un pivot de la stratégie américaine au Proche-Orient, mais les Américains omettent parfois cette réalité », conclut Choukri.




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