Semaine du 15 au 21 novembre 2017 - Numéro 1200
Le général Nasser Salem : Le terrorisme est confiné dans une région située entre Rafah et Cheikh Zoweid
  Le général Nasser Salem, expert militaire et conseiller auprès de l’Académie militaire Nasser, revient sur les efforts de lutte contre le terrorisme dans le Sinaï.
Le général Nasser Salem : Le terrorisme est confiné dans une région située entre Rafah et Cheikh Zow
Le général Nasser Salem : Le terrorisme est confiné dans une région située entre Rafah et Cheikh Zoweid
Chaïmaa Abdel-Hamid12-07-2017

Al-Ahram hebdo : Comment évaluez-vous la situation actuelle dans le Sinaï ?

Nasser Salem : Pour avoir une vision globale de la situation dans le Sinaï, il ne faut pas s’arrêter devant chaque incident à part, mais plutôt voir les choses plus globalement. Aujourd’hui, les groupes terroristes, qui avaient envahi le Sinaï il y a quelques années, et contre lesquels l’armée mène une guerre depuis la chute du régime des Frères musulmans en 2013, ont subi de nombreux revers et sont confinés dans une zone de 500 km2 située entre Rafah et Cheikh Zoweid. Or, la superficie totale du Sinaï est de 61 000 km2. Aujourd’hui, ces groupes djihadistes sont confinés dans la région de Gabal Al-Halal. Les forces armées mènent une guerre sans merci contre ces groupes terroristes. Elles pourchassent les terroristes et bombardent leurs positions. De vastes opérations de ratissage sont en cours dans les zones situées près de la frontière de Gaza.

— Selon vous, pourquoi cet attentat maintenant ?

— Le moment de cet attentat laisse à croire que c’est un acte de représailles contre l’Egypte à cause de sa position dans la crise qatari. Il est évident que le Qatar et d’autres pays financent des groupes radicaux dans la région. En tout cas, les investigations sont toujours en cours pour tenter de savoir si ces terroristes viennent de nos frontières avec Gaza ou s’ils sont passés à travers les tunnels. Les premiers indices montrent déjà en effet que certains assaillants parmi ceux qui ont mené cet attentat sont d’anciens cadres appartenant au Hamas. Personnellement, je n’ai jamais cru aux rapprochements annoncés récemment entre le Hamas et l’Egypte.

— Certains parlent de lacunes sécuritaires. Qu’en pensez-vous ?

— Il est difficile d’arrêter ce genre d’attaques à 100 %. Mais il faut savoir que d’innombrables tentatives d’attaques terroristes ont été avortées par les forces armées ou découvertes à l’avance. — Comment voyez-vous la carte djihadiste du Sinaï ?

— La carte djihadiste du Sinaï est très complexe. Il y a plusieurs groupes terroristes qui opèrent dans la péninsule. Il y a des djihadistes venus d’Afghanistan, d’Iraq et du Pakistan sous les Frères musulmans. Il y a des groupes comme Ansar Beit Al-Maqdès, ancienne branche du Hamas, et qui sont parmi les plus actifs implantés dans la péninsule du Sinaï. Ils soutiennent le groupe Etat Islamique (EI). Il y a aussi les terroristes qui ont été relâchés des prisons par l’ancien président Mohamad Morsi et qui, dès leurs sortie, se sont installés dans le Sinaï.

— Cela fait déjà quelques années que l’armée mène une guerre contre les terroristes dans le Sinaï. Où en est cette région aujourd’hui ?

— Aujourd’hui, il faut dire que les terroristes se concentrent uniquement dans la région de Gabal Al-Halal. Ils mènent une politique de terreur auprès des populations locales. Déjà, début janvier, les corps décapités de deux bédouins, accusés de collaboration avec l’armée, ont été retrouvés dans le Nord-Sinaï. Mais en dépit de cela, un grand nombre de Sinawis collaborent avec l’armée pour se libérer de ce cauchemar dans lequel ils vivent depuis de longues années. Les forces armées ont réussi à éliminer près de 80 %, ou même plus, des terroristes implantés dans cette région, et contrôlent avec une main de fer les frontières avec la Libye, la Palestine et le Soudan, pays à travers lesquels s’infiltrent de nouveaux éléments terroristes. Par ailleurs, il faut prendre en considération le fait que la situation dans le Sinaï est catégoriquement différente de celle qui sévit en Iraq ou en Libye, où les groupes Al-Nosra, Daech, Al-Qaëda ou autres ont des camps qu’il est facile d’attaquer. Mais dans le Sinaï, la situation est complètement différente, car ces terroristes se cachent parfois parmi les habitants sans révéler leur identité.

— Y a-t-il donc une stratégie particulière à adopter ?

— Il faut une stratégie globale et une coopération internationale accrue pour venir à bout du terrorisme et assécher ses sources de financement. La grande majorité des terroristes, surtout ceux qui appartiennent au groupe Daech, sont payés pour faire ce travail. Il faut absolument couper le financement du terrorisme qui se trouve au Qatar et en Turquie l Propos recueillis par Chaïmaa Abdel-Hamid




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