Semaine du 13 au 19 mars 2019 - Numéro 1266
« Redécouvrir les morts », une exposition insolite
  Pour la première fois, des crânes et des ossements font l’objet d’une exposition au Musée du Caire, jusqu’à fin janvier. Comprendre l’histoire à travers leur étude, tel est le travail des bio-archéologues.
Redécouvrir les morts 
Nasma Réda23-01-2019

Une collection de crânes et d’os, stockée depuis toujours dans les entrepôts du Musée égyptien du Caire, fait l’objet d’une exposition temporaire dans la salle 55 au premier étage. « Redécouvrir les morts » est le titre de cette exposition inédite qui se tient jusqu’à la fin du mois de janvier. « Ces crânes et ossements apportent des informations importantes sur des détails de la civilisation ancienne. Cette exposition est la première d’une série à venir sur des thèmes scientifiques », explique Elham Salah, directeur du secteur des musées au ministère des Antiquités. 13 crânes, deux fémurs ainsi qu’un squelette et une momie composent cette exposition autour de quatre thèmes différents: l’estimation de l’âge et du sexe, les maladies, l’embaumement et les sites des découvertes. « Cette exposition traite un sujet peu répandu en Egypte, qui est la bio-archéologie. Cette science moderne étudie les restes humains pour comprendre l’Histoire », explique Inès Nabil, l'une des conservatrices des entrepôts du Musée du Caire, initiatrice de cette exposition. Selon elle, la bio-archéologie et l’archéologie suivent les mêmes objectifs. En se basant sur les traces humaines laissées au sol, ces deux domaines de recherche visent à reconstituer et comprendre les modes de vie, les phénomènes sociaux et médicaux des anciens. « L’étude de ces crânes qui remontent à plus de 6000 ans, a permis de découvrir quelques métiers exercés à l’époque. D’après des résidus trouvés sur leurs dents, on peut dire que les anciens travaillaient avec des cordes et du fer par exemple », souligne Nabil.

Sur les crânes exposés, des pancartes expliquent comment des maladies, comme l’anémie, étaient répandues. Les panneaux explicatifs ainsi que les cartes exposées traitent de même des dernières découvertes et révélations sur l’embaumement et les sites archéologiques où ces crânes ont été trouvés. « Dans cette exposition scientifique, les jeunes archéologues ont essayé de simplifier les termes pour aider le grand public à comprendre les pièces », affirme Sabah Abdel-Razeq, directrice du musée lors de l’inauguration.

Un squelette de 21000 ans!

Par exemple, des crânes ont été disposés sur une grande carte d’Egypte à l’endroit où ils ont été découverts. En un coup d’oeil, le visiteur peut ainsi découvrir les principaux endroits fouillés au XIXe siècle, qui abritaient ces ossements organiques, à savoir Beit Allam dans le gouvernorat de Sohag, Nagada, à Minya, ainsi qu’à Gabal Al-Silsila à Assouan.

Outre les crânes et les ossements humains, un squelette attire l’attention du visiteur. « C’est le deuxième plus ancien squelette au monde datant de plus de 21000 ans », précise-t-elle. Cette pièce, normalement exposée dans la salle des momies dans sa vitrine, a été découverte à Assouan, dans le site archéologique de Wadi Al-Kobbaniya.

Toujours dans l’exposition se trouve une vitrine renfermant une momie d’un enfant très bien conservée et couverte d’une couche en or. Elle date de l’époque romaine et a été trouvée à Akhmim, en Haute-Egypte. « Quoique ces deux pièces soient exposées normalement dans le musée, c’est une bonne occasion de les mettre en lumière. Elles viennent enrichir l’exposition », assure Inès Nabil, promettant de poursuivre les recherches et les études des nouveaux ossements, et de révéler et exposer les secrets qu’ils cachent par la bio-archéologie l




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