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 Semaine du 29 août au 4 septembre 2012, numéro 937

 

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Egypte

Partis. Le président par intérim du Parti Liberté et justice, Essam Al-Eriane, a tiré à boulets rouges sur les formations de gauche actionnant un échange d’accusations sur fond de politiques économiques à adopter dans l’avenir.  

Un combat anticipé 

Alors que le nouveau pouvoir sollicite l’aide économique auprès des Etats-Unis et du Fonds Monétaire International (FMI) pour sortir de sa crise, les Frères musulmans au pouvoir ont lancé une « guerre préventive » contre les partis de gauche, les plus susceptibles de s’opposer auxdites « réformes » revendiquées par les donateurs.

Cette semaine, Essam Al-Eriane, président intérimaire du Parti Liberté et justice, bras politique des Frères musulmans, a pourfendu les partis de gauche sur son compte Twitter. « Le financement étranger, l’émiettement et la fragmentation, le mépris de la religion et l’élitisme sont les raisons majeures de la faillite de la gauche », a lancé Al-Eriane. « Les valeurs humaines telles que la liberté, la justice, l’égalité et la dignité proviennent des religions célestes (…). Il est impossible d’implanter les expériences des autres peuples dans un environnement imprégné par une culture grandiose comme celle de l’islam. Que les libéraux arabes étudient les raisons de l’échec du communisme et de la gauche dans le monde arabe », a-t-il poursuivi.

Ces propos ont suscité une vague d’indignation contre Essam Al-Eriane ; les dénigrements mutuels se sont notamment embrasés sur les réseaux sociaux où les partisans de la gauche ont accusé les Frères musulmans de reprendre à leur compte le discours de l’ancien régime vis-à-vis de la gauche.

La majorité des partis de gauche ont considéré que le timing de ces accusations lancées par Al-Eriane est lié aux prêts que le nouveau régime islamiste sollicite auprès des pays occidentaux et des institutions de Breton Wood, connus pour leurs « prescriptions économiques » auxquelles la gauche s’est toujours opposée.

Lors d’une visite en juillet de la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, « le président Morsi et de hauts responsables égyptiens ont identifié la croissance économique et les créations d’emploi comme des priorités du partenariat entre les Etats-Unis et l’Egypte », selon un communiqué du département d’Etat américain. Et alors que les négociations se poursuivent avec les Américains, l’Egypte attend la décision du FMI concernant une aide de près de 5 milliards de dollars. Mais selon les experts, le président Mohamad Morsi devra aussi réaliser des réformes difficiles pour redresser une économie en crise et « mériter » l’aide sollicitée.

La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, à qui M. Morsi a formellement présenté la semaine dernière une demande de prêt de 4,8 milliards de dollars, a exprimé la volonté du FMI « d’accompagner » l’Egypte sur la voie du redressement économique. Elle a également souligné que le soutien financier allait de pair avec un programme de mesures que le gouvernement devra élaborer et mettre en œuvre « avec détermination », et qui exigera un « courage politique ».

La question des subventions aux produits de base qui engloutissent une bonne part du budget de l’Etat figure en tête des réformes demandées. Dans un tel contexte, les Frères ont anticipé la bataille contre les opposants les plus convaincus de ces « réformes », à savoir la gauche.

 

La gauche dénigrée

« Les Frères musulmans ne comptent pas se démarquer de l’ancien Parti national démocrate de Hosni Moubarak. Ils poursuivront les mêmes politiques favorables aux plus riches au détriment des plus pauvres, et ils sont bien conscients que la gauche contestera de telles politiques, raison pour laquelle ils cherchent à la dénigrer », estime Khaled Ali, candidat malheureux à la présidentielle de 2012 et activiste de gauche.

Sur la même longueur d’onde, Abdel-Ghaffar Chokr, co-fondateur du Parti de l’alliance populaire socialiste, affirme que Essam Al-Eriane ne faisait que reprendre les mêmes mensonges véhiculés par l’ancien président Anouar Al-Sadate dans les années 1970, époque durant laquelle la gauche était forte dans la rue, dans les campus et parmi les ouvriers.

« Le président Sadate avait alors accusé la gauche égyptienne d’être à la solde de puissances étrangères, d’encourager l’impiété et la perversion des mœurs. Il avait eu recours aux organisations islamistes pour lutter contre les partis de gauche, notamment dans les universités », se rappelle Chokr. Il n’exclut pas que les déclarations d’Al-Eriane soient une forme de « frappe préventive » liée au prêt sollicité par l’Egypte auprès du FMI. « Les partis de gauche sont des opposants farouches aux politiques économiques capitalistes qui, sous l’ancien régime, ont fait accélérer la privatisation du secteur public et ont mené à l’appauvrissement du peuple et l’élargissement du fossé entre les classes sociales », a conclu Chokr.

« L’offensive d’Al-Eriane signifie qu’il reconnaît le potentiel que représente la gauche qui pourrait renaître sous une forme plus forte à l’avenir pour contester toute politique allant contre les aspirations du peuple. Parce que tous les futurs conflits seront d’ordre économique et social », pense, de son côté, Samer Solimane, professeur de sciences politiques à l’Université américaine du Caire.

Mohamed Abdel-Hady

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