Al-Ahram Hebdo, Arts | Le qanoun enchanteur
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 Semaine du 25 au 31 août 2010, numéro 833

 

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Arts

Musique. Le jeune musicien Saber Abdel-Sattar mise sur le nouvel arrangement des œuvres classiques et ensorcelle le public par les nouvelles mélodies de son qanoun. Un concert où l’harmonie est un souci majeur.

Le qanoun enchanteur

Des airs orientaux, des taqassim, des maqamat de longa et de higaz, des compositions du patrimoine arabe. On entend les mélodies des chansons de Fayrouz … Al-Bint al-chalabiya. Saber Abdel-Sattar manipule avec dextérité tous les genres de la musique arabe sur son qanoun (genre de cithare orientale). Sa richesse ne s’arrête pas là. Il nous fait entendre aussi les symphonies de Mozart, les tangos latins, le flamenco, les classiques et les chansons occidentales. Doué d’une grande passion, il joue, improvise, compose et arrange des mélodies ensorcelantes. Avec les tempos rapides de son qanoun, Abdel-Sattar nous fait baigner dans un monde euphorique. La mélancolie émanant de sa musique nous touche profondément, elle crée en nous de la nostalgie. Pourtant, son concert nous transporte aussi dans la musique d’aujourd’hui. « Le qanoun est un instrument qui peut interpréter tous les genres musicaux. Il n’a pas de limites. Aujourd’hui, parler d’un instrument oriental ou occidental est dépassé. Beaucoup d’instruments orientaux ont leur place dans les orchestres occidentaux. Et vice versa. Même lors des concerts d’Oum Kalthoum et dans les compositions de Abdel-Wahab d’autrefois, on a eu recours au violon, à l’orgue … », souligne-t-il. Une raison pour laquelle il refuse de déterminer le qanoun comme un instrument oriental ou propre à la musique arabe. De même, il rejette la fusion prétentieuse dans les concerts où l’on joue des pièces occidentales et les mélodies orientales s’y infiltrent en intervalles. « Le fait d’entendre un instrument suivi d’un autre ne crée pas vraiment un vrai mixage », estime-t-il.

Dans sa musique, Abdel-Sattar tente de retravailler les concepts du quatuor. Dans cette forme musicale classique, il emploie le qanoun comme instrument principal, accompagné de la violoncelle, du violon et de percussion. C’est ainsi qu’il propose ces propres arrangements pour les chefs-d’œuvre classiques et s’essaie à l’écriture musicale pour le qanoun. Ces concerts remportent du succès et l’expérience paraît intéressante à plusieurs égards.

Découverte du qanoun

« Je n’ai pas honte de dire que j’ai découvert le qanoun par hasard », déclare Saber. Il était, comme tous les communs des mortels, un jeune qui aimait la musique et jouait déjà un petit peu de violon et de luth. « J’aimais le monde de l’art et je voulais jouer de la musique ». C’est pour cela qu’il a voulu rejoindre l’Institut de la musique arabe. « A l’examen d’accès, un des professeurs m’a demandé de lui montrer les doigts et de rapprocher l’index du pouce. Et soudain, il m’a dit : tes mains sont bien faites pour le qanoun », se rappelle-t-il. Durant les années d’études, le jeu de Saber était différent à tel point d’être rejeté au départ. Personne n’acceptait que ce jeune débutant soit hors des sentiers battus. Mais après trois ans, son style si distingué a été apprécié. « Au départ, je ne savais pas ce que je faisais. J’ai voulu faire sortir quelque chose de mes entrailles ». En persévérant, il a réussi à élaborer une expression sincère, distinguée et touchante.

A la Maison du luth, dirigé par le compositeur iraqien Nassir Chamma, Saber enseigne le qanoun dans une classe à part. « Chamma est mon professeur et ami. Je sais qu’il aime le qanoun plus que le luth. Nous deux, nous cherchons à préserver ces instruments traditionnels, les développer et les faire revivre pour toujours », souligne-t-il.

Aujourd’hui, il se lance dans des projets différents. En avril prochain, un concert en duo entre le qanoun et le koto japonais aura lieu au Caire, sous les auspices de la fondation japonaise. Pour un dialogue de culture et de musique. Un autre concert est prévu en 2011 avec des musiciens suisses, où la fusion entre les mélodies orientales et occidentales serait de mise. De même, Abdel-Sattar sortira bientôt son premier CD en collaboration avec des artistes et musiciens espagnols.

May Sélim

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Le 27 août, à 21h30, à Wékalet Al-Ghouri, rue Al-Azhar.

 




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