Al-Ahram Hebdo, Dossier |
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 21 au 27 janvier 2009, numéro 750

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Livres

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Dossier

Foire du Livre du Caire. La Grande-Bretagne est l’invitée d’honneur de cette 41e édition et de nombreuses rencontres-dédicaces sont prévues avec des écrivains d’Angleterre, d’Irlande, du Nigeria et d’Egypte. Un pavillon sera aussi consacré à Jérusalem, capitale de la culture arabe 2009. En voici une sélection des nouveaux titres qui seront exposés à la foire. 

Urbanisme

 

Lieux en voie de bouleversement

« Décrire les évolutions des villes, réaffirmer l’importance du souvenir » : le numéro 9 de la revue Amkina est consacré aux changements urbains, que ce soit au Caire, avec ses nouvelles banlieues résidentielles dans le désert, ou dans d’autres villes appartenant à un paysage urbain totalement différent : l’ancienne Madinat Al-Qasr dans l’oasis de Dakhla (Heba Al-Cheikh), Assouan, « ville de soleil, de fleuve et de roche » (Youssef Fakhouri), et surtout Al-Gourna à Louqsor, espace qui a connu de violentes transformations ces dernières années, et qui fait l’objet du dossier d’ouverture. Les deux animateurs de la revue, le poète Alaa Khaled et la photographe Salwa Rachad, consacrent à Al-Gourna un « carnet de bord » rédigé pendant une visite de six jours sur les lieux de l’expropriation des habitants de la cité bâtie par Hassan Fathi, détruite par le gouvernorat de Louqsor pour en faire un « musée à ciel ouvert ». De la place Tahrir (Heba Raouf) à Damiette (Salah Misbah) et d’Héliopolis (Mohamad Rabie) à Johannesburg (ville à laquelle ce numéro consacre un dossier entier), ces textes poétiques donnent un éclairage unique sur des lieux en voie de bouleversement, à travers le rapport personnel des auteurs à un espace pour eux privilégié.

Dina Heshmat
Amkina n°9, novembre 2008.

 

 

Le Caire, rues et histoires

Nombreux sont les urbanistes et chercheurs qui ont tracé l’histoire du Caire. Mais cette fois-ci, il s’agit d’un romancier : Hamdi Abou-Golayel, lauréat du prix Mahfouz 2008, dont les balades dans les rues du Caire avaient, entre autres, pour but d’écrire une série d’articles pour le quotidien émirati Al-Ittihad. Les promenades utilitaires du jeune dépaysé, nouvellement débarqué du Fayoum, sont devenues des flâneries pour revisiter la ville et la redécouvrir. Le résultat est une œuvre attirante qui retrace la carte du Caire sous une plume littéraire, à travers quatre chapitres : Le Caire fatimide, Le Caire khédivien, Le Vieux-Caire et Les îles et nouvelles extensions. Une recherche assidue qui creuse dans la mémoire des lieux et rues de la capitale, donnant les détails historiques, les dates précises et se référant aux ouvrages des grands historiens comme dans la description de Khan Al-Khalili, d’Al-Azhar ou de l’avenue Port-Saïd. Mais le plus souvent, ce sont les portraits des gens qui retracent, sous la plume d’Abou-Golayel, l’histoire des rues. Comme il le fait pour la rue Chérif au centre-ville en relatant l’itinéraire de Am Abdel-Aal, vendeur ambulant, qui y est basé depuis 70 ans ; ou encore pour la rue Talaat Harb en dressant le portrait du « Pacha paysan ».

Dina Kabil
Hamdi Abou-Golayel, Al-Qahira, chawarie wa hékayat (Le Caire, rues et histoires), GEBO, 2e édition, 2008.

 

 

 

Les six romans sélectionnés au Booker arabe 2009

 

Un amour complexe

L’odeur de la femme qu’il aime résume pour le narrateur de Les Odeurs de Marie-Claire la quintessence de sa passion pour elle. C’est autour de cette odeur de « parfum et de sueur mêlés » que le romancier tunisien Habib Selmi (1951) tisse l’histoire d’amour entre un homme tunisien et une femme française. Une histoire marquée par l’appartenance de Mahfouz et Marie-Claire à des univers culturels différents : il est né dans la campagne tunisienne, alors qu’elle a grandi à Ménilmontant. Ces différences s’expriment par de menus détails, de la façon de prendre le petit-déjeuner aux rituels des repas en passant par le choix du lieu où l’on passe les vacances. Si la plupart des œuvres de Selmi ont pour cadre la campagne tunisienne, ce roman se déroule à Paris, où habite l’écrivain, tout comme La Nuit de l’étranger (Actes Sud 2008, voir Al-Ahram Hebdo n°737). Par sa description minutieuse des différentes étapes d’une histoire d’amour, de l’enchantement érotique des débuts aux déchirements de la fin, en passant par les désillusions du quotidien, Les Odeurs de Marie-Claire réussit à entraîner le lecteur dans les obsessions de son narrateur.

Dina Heshmat
Habib Selmi, Rawaïh Marie-Claire (les odeurs de Marie-Claire), Dar al-adab, 2008.

 

 

Une œuvre polémique

Pour qui aime les romans à la verve historique, Azazil est un must. L’écrivain égyptien Youssef Zidan y entraîne le lecteur dans l’Egypte du quatrième siècle. Sur fond d’interrogations existentielles, il met son héros le moine Hiba aux prises avec les débats qui agitaient à cette époque le christianisme sur la nature du Christ. Cette thématique, ainsi que la violence de certaines scènes, comme par exemple celle du lynchage de la philosophe grecque Hippathia par une foule de chrétiens, ont provoqué la colère de certains représentants de l’Eglise copte orthodoxe, ainsi que de nombreuses associations estimant que le roman remet en cause les fondements du dogme chrétien.

Dina Heshmat
Youssef Zidan, Azazil, Chourouq, 2008.

 

 

Projecteur sur les sphères de la corruption

Le héros imaginé ici par l’écrivain syrien Fawwaz Haddad est un traducteur qui se donne quelques libertés avec les œuvres qu’il traduit : de quelques mots interchangés, à quelques phrases « oubliées », il finit par se laisser entraîner par l’ivresse de ses corrections. Mais le subterfuge est découvert, et le « traducteur infidèle » perd son travail. Son parcours épuisant à la recherche d’un nouvel emploi est l’occasion d’une plongée dans la scène culturelle syrienne et arabe corrompue. Un roman dont l’ambiance kafkaïenne reflète bien la réalité des scènes culturelles contemporaines.

Dina Heshmat
Fawwaz Haddad, Al-Moutarjim al-khaïn (le traducteur infidèle), Riyyad Al-Rayyis, 2008.

 

 

Une magnifique épopée palestinienne

L’écrivain palestino-jordanien, Ibrahim Nasrallah, a travaillé pendant 22 ans à son roman Le Temps des chevaux blancs. Il s’est basé sur une maxime arabe disant que Dieu a créé le cheval à partir du vent, l’homme à partir de la poussière, Nasrallah lui ajoute : « et les maisons à partir des gens ». Subdivisant son roman en trois grands volets : le vent, la poussière et les gens. L’écrivain couvre 60 ans de l’histoire du peuple palestinien depuis la fin du XIXe siècle jusqu’à l’occupation de la Palestine en 1948, étalant la narration sur trois époques, ottomane, britannique et « israélienne ». Sans perdre de vue le quotidien des Palestiniens, qu’il narre en se basant sur des témoignages collectés pour parachever son projet épique qu’il appelle « l’épopée palestinienne ». « Je ne lutte pas pour triompher, mais pour ne pas perdre mes droits », dit le héros du roman.

Dina Kabil
Ibrahim Nasrallah, Zaman al-khoyoul al-baydaa (le temps des chevaux blancs) aux éditions Al-Moassassa al-arabiya lel dirassat wal nachr, Beyrouth, Dar al-ikhtilaf, Alger et La librairie Madbouli, Le Caire, 2008.

 

 

Quand la faim devient chair et os

Ecrivain de la génération des années soixante, lauréat du prix Sawirès 2008 pour son roman Daqq al-toboul et du prix littéraire Oweiss en 2002, Mohamad Al-Boussati présente dans Faim, les différents types de faim : faim de savoir, de liberté, etc. Dans un roman très court, qui ne dépasse pas les 120 pages, il écrit une histoire simple qui se déroule dans une campagne quelconque, mais la profondeur de cette histoire classe son œuvre parmi les grands romans universels. A partir de l’histoire d’une famille (le mari, la femme et le fils) formant les 3 chapitres du roman, la faim est personnifiée, elle devient chair et os, et ronge l’âme petit à petit jusqu’à devenir famine. Dans un entretien sur cette œuvre, Al-Boussati avançait que : « Le peuple a atteint un tel état de soumission que la révolution pourrait ne survenir qu’à cause de la faim ».

Dina Kabil
Mohamad Al-Boussati, Goue (faim), Al-Hélal, Le Caire et Dar al-adab, Beyrouth, 2007.

 

 

Dans l’Iraq occupé

Ecrivaine et journaliste iraqienne, Inaam Kachachi esquisse dans son roman Al-Hafida al-amrikiya les lignes sombres de l’occupation américaine de l’Iraq, à travers la saga de la jeune Iraqienne Zeina, qui a grandi aux Etats-Unis et retourne en Iraq en tant que traductrice dans l’armée américaine. Rejoignant sa terre natale, Zeina est déchirée entre le travail aux côtés de l’occupant et son appartenance à ses origines iraqiennes. Sa rencontre avec sa grand-mère renforce le dilemme, puisque le grand-père, officier dans l’armée iraqienne, avait combattu en Palestine. A la mort de la grand-mère, c’est toute une mémoire collective qui s’en va. Ce roman est la 3e œuvre signée par Kachachi, basée à Paris.

Dina Kabil
Inaam Kachachi, Al-Hafida al-amrikiya (la petite fille américaine), Dar al-gadid, Beyrouth.

 

 

Rencontres-dédicaces
au pavillon anglais

 

Ben Okri, Booker nigérian

Dans le roman The Famished Road, l’écrivain relate l’enfance du jeune Azaro dans un ghetto misérable d’Afrique. Ce personnage est un « abiku », c’est-à-dire « celui qui est prédestiné à la mort » selon la religion Yoruba. Avant sa naissance et son incarnation dans le corps d’un enfant, l’abiku conclut un pacte avec les autres esprits et promet de revenir le plus rapidement possible dans le monde des esprits. Mais l’amour que porte le jeune garçon à ses parents, qui tous deux tentent de survivre dans un contexte de misère absolue, va pousser Azaro à conserver son enveloppe charnelle, quitte à être harcelé continuellement par les autres esprits échaudés. Ben Okri, qui a connu une renommée internationale, lors de l’attribution du Booker Prize pour ce roman en 1991, propose un récit fantastique, aussi qualifié d’animiste, qui présente le rêve et la réalité sur un même plan. Il dédicacera ses œuvres le 22 janvier, de 13h à 13h45, dans le Hall 15A, au Stand britannique.

Louise Sarant
Ben Okri, The Famished Road (la route de la faim), Anchorbooks, 1re éd. 1991.

 

 

Samia Serageldin et l’Histoire romancée

Romancière, éditrice et critique littéraire égyptienne, Samia Serageldin est née et a grandi au Caire, avant d’aller poursuivre ses études en Europe, puis aux Etats-Unis. Son dernier roman, « The Naqib’s Daughter », qui sera disponible pour la première fois à la Foire du Caire, basé sur des faits et des personnages historiques, se déroule au Caire pendant l’Expédition de Napoléon. Ce récit, qui mêle histoires d’amour vibrantes et trahisons héroïques, commence lors du lancement de la campagne d’Egypte par l’empereur français. Les personnages féminins très charismatiques, qui sont Lady Nafisa (l’épouse du gouverneur mamelouk) et la jeune Zeinab (qui épousera Napoléon afin de sauver sa famille d’un destin tragique), promènent le lecteur à travers les frasques de la cour. Samia Serageldin se propose ainsi d’explorer les rapports complexes entre colonisés et colonisateurs et les souffrances qui ont été le lot du peuple égyptien. Elle dédicacera ses œuvres le 27 janvier, de 15h à 15h45, dans le Hall 15A, au Stand britannique.

Louise Sarant
Samia Serageldin, The Naqib’s Daughter (la fille du naqib), Fourth Estate Ltd, 2009.

Retour au sommaire

 

Nouveaux mediums

 

Comme la terrasse d’une maison

« Ai-je vraiment le droit d’écrire ? J’ai envie de raconter. De noter ce que je ressens en ce moment précis ». L’interrogation de Nermine Serhan est légitime, sa réponse aussi. Elle interroge son écriture à travers l’un de ses billets figurant sur son blog Alexandrie-Beyrouth, repris par la maison d’édition Al-Chorouq pour en faire un livre. Le mélange vie privée, vie publique est récurrent. La journaliste se confie sur la toile avec des textes personnels et instantanés. Elle ouvre sa boîte à pandore remplie de contes littéraires, différents quand même de ceux publiés l’an dernier avec succès par la même maison d’édition. Qu’est-ce qui fait la différence ? L’âge, les références, ses origines libanaises, sa position un peu plus à gauche ? En première année de faculté, elle a découvert Virginia Wolf, ensuite ce fut le tour de Cavafis et Neruda. Parfois, l’on se retrouve au Liban, où son père est enterré. Elle écrit en 2006 : « Est-ce vraiment une victoire ? Je ne sais trop ». L’auteur raconte ce qu’elle a vécu et c’est à nous de juger … On la retrouve toujours avec une tasse de café arabe, qu’elle boit seule ou avec des gens vraiment très proches. « Comme la terrasse d’une maison, je donne sur ce que je veux ». C’est ainsi qu’elle se décrit, empruntant un vers du poète palestinien Mahmoud Darwich, l’un de ses favoris.

Dalia Chams

Nermine Serhan, Askandariya-Beyrouth (Alexandrie-Beyrouth), Dar Al-Chorouq, 2009.

 

Vox populi

La vie facebookienne disséquée. A travers des spécimens de textes minutieusement sélectionnés sur le Facebook, Mohamad Ali Al-Bassiouni nous informe beaucoup et de la manière la plus simple sur ce nouveau réseau social reliant les amis ou assemblant « ceux qui se ressemblent ». Inventé en 2004 par un jeune étudiant de Harvard, âgé de 19 ans, le réseau n’a pas tardé à s’étendre pour compter plus de 2 milliards d’adhérents. De quoi attirer les agents du marketing et les publicistes. D’ailleurs, en Egypte, Al-Bassiouni recense à peu près un million de sites qu’il répartit en catégories : artistique, religieuse, politique, sociale … Et se contente de montrer des extraits sans procéder vraiment à l’analyse. A la fin du livre, il les classe par ordre de popularité et fréquentation, se contentant d’une conclusion assez brève. En fait, l’auteur en dit long rien que par le tri des textes, sans panacher. Il y a là toute une génération qui s’exprime différemment.

Dalia Chams

Mohamad Ali Al-Bassiouni, Dawlet al-Facebook (l’Etat du facebook), Dar Al-Chorouq, 2009.

 

 

Prix Nobel en Arabe

 

La Collection des Prix, unité de l’Organisme général égyptien du livre (GEBO), présente à la foire trois livres traduits vers l’arabe de la romancière britannique Doris Lessing et trois œuvres de l’écrivain et journaliste portugais José Saramago.

Al-Ochb yoghani (vaincue par la brousse, 1950) est le roman qui a inspiré le film Killing Heat. Le succès de ce livre autobiographique, qui a été publié en 1950, a permis à Doris Lessing de se consacrer à la littérature. Cette féministe, qui était née à Kermanshah en Iran en 1919 et qui a vécu l’époque du déroulement de ce livre en Rhodésie du Sud, Zimbabwe, à l’époque coloniale britannique, raconte dans ce livre son expérience de jeunesse.

Al-Tefl al-khamès (le cinquième enfant, 1990). Harriet et David Lovatt veulent la même chose : fidélité, vie de famille et une vie stable. Une famille normale des années 1960. Avec la cinquième grossesse de Harriet débutent les soucis. L’enfant commence à bouger trop tôt, et trop violemment. Le livre se veut une critique voilée de la société contemporaine et s’interroge sur la violence dans la société.

Ben yagoub al-alam (le monde de Ben, 2001) est la suite du Cinquième enfant, Ben Lovatt, qui semble être bizarre, trop gros, trop fort, il semble ne pas être humain. Ceux qui ne le comprennent pas veulent l’enfermer. Sa propre mère l’enferme, mais elle se culpabilise et le libère. Il part pour voir dans les yeux des gens la peur et rarement la tendresse. La plupart du temps, les gens l’utilisent. Finalement, il part pour le sud de la France, puis pour le Brésil, puis finalement en Amérique du Sud, il se retrouve et reconnaît d’où il vient, et découvre qui est son peuple et qui sont ses gens.

Quant à Saramago, l’intellectuel portugais connu pour sa défense des droits et de la cause du peuple palestinien, et reconnu comme figure emblématique de l’altermondialisme, l’Organisme du livre a acheté tous les droits de propriété intellectuelle de la totalité de son œuvre pour la traduction pour l’arabe.

Cette année paraîtront Sawrat al-ard (terre du péché, 1947), traduit par Ahmad Abdel-Latif, Al-Kahf (la caverne, 2002), traduit par Saleh Elmani, et Inquitaat al-mout (les intermittences de la mort, 2005), traduit également par Saleh Elmani, pour l’occasion.

Amr Zoheiri

 

 

Critique littéraire

 

L’écriture conceptualisée

Ouvrage de référence dans le domaine de la critique littéraire, cette édition du Degré zéro de l’écriture, premier livre de Roland Barthes (Seuil, 1953), est la première en Egypte. Cette version reprend la traduction de l’écrivain marocain  Mohamed Barrada, déjà publiée plusieurs fois au Maroc dans les années quatre-vingt. Le Degré zéro de l’écriture est un ouvrage où Barthes pose la question : « Qu’est-ce que l’écriture ? » ; il conceptualise l’écriture comme lieu de liberté, exercé par l’écrivain, dans les limites de la langue d’un côté et du style propre à l’écrivain de l’autre. D’un côté, la langue commune à une culture avec ses propres limites, logiques et règles, que Barthes considérait comme « collective et archaïque ». De l’autre, le style « individuel » de l’écrivain, marqué par son insertion dans la société, dans telle ou telle classe sociale ou à telle époque historique. L’écrivain français analyse les divers modes d’écriture et expose une Histoire de l’écriture. Il rêve d’une « Utopie de l’écriture », à une « réconciliation entre l’écriture et le monde ».

Un concept très important aujourd’hui pour la fiction égyptienne.

Amr Zoheiri

Roland Barthes, Al-daraja al-sifr lil kitaba (le degré zéro de l’écriture), traduction de Mohamed Barrada,

Dar Al-Aïn, 2009. 

 

Littérature

Le poème-plaidoirie

La polémique déclenchée, depuis plus de deux ans, autour du poème de Helmy Salem Chorfet Leïla Mourad ne s’est guère calmée. Accusé de « porter atteinte aux valeurs islamiques » par des membres du Parlement, Le Balcon de Leïla Mourad avait valu à son auteur un procès entamé par le cheikh Youssef Al-Badri, qui obtint un verdict retirant à Salem le prix d’Etat de la Distinction littéraire, obtenu en 2007. Helmy Salem répond par la poésie, avec un recueil intitulé Al-Chaer wal cheikh (le poète et le cheikh). A-t-il d’autres armes que ses vers et ses allégories ? Dorénavant, il voit le monde divisé en deux éléments antithétiques : le poète et le cheikh. Dans son nouveau recueil, il écrit un poème intitulé Expliquer le balcon de Leïla Mourad qui, loin d’être seulement une plaidoirie de l’artiste, rappelle les outils de la lecture d’un poème : expliquer les mots, analyser le contenu, interpréter les métaphores et poser des questions. Il énumère dans un autre poème Les criminels, Au nombre de cent, à la tête desquels il place ceux qui gagnent leur pain par la législation islamique, et en fin de liste, les falsificateurs des Conseils des sages. Entre les deux, il y en a 98, dont « (...) le calomniateur, le tailleur des lois de l’oppression, celui qui les met en application, celui qui les élabore en faveur des frustrés, le sanctionneur, le chauffeur de taxi de la cérémonie, le représentant de Dieu sur terre (….), le gouverneur s’il abuse de son pouvoir et le gouverné s’il accepte cet abus, le mufti déclarant l’apostasie ».

 Dina Kabil

Helmy Salem, Al-Chaer wal cheikh (le poète et le cheikh),
Dar Afaq, Le Caire 2008.

 

 

 

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah -Thérèse Joseph
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.