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Jésuites. Corinne Sauvage interprète Dalida, le 28 novembre prochain au Marriott Qattamiya du Caire à l’occasion de la célébration du 125e anniversaire du Collège de la Sainte Famille ( Jésuites). Elle a déjà donné ce spectacle dans plusieurs théâtres de Paris, dont le Déjazet et le Don Camillo. Loin de singer la grande star, elle chante Dalida avec énormément d’émotion. Rencontre.

Corinne Sauvage chante Dalida

Al-Ahram Hebdo : Vous avez travaillé avec de grands noms de la chanson française comme Halliday et Sardou ...

Corinne Sauvage : Oui, c’est vrai. Je faisais ça parallèlement à ma carrière de chanteuse qui était assez compliquée et difficile. C’est vrai que maintenant avec le recul, je me rends compte que j’ai été une artiste tiroir. C’est-à-dire qu’on prend des artistes, on les fait signer dans des maisons de disques et on les met dans les tiroirs pour ne pas qu’ils gênent certaines personnes. J’ai compris avec l’expérience que c’est ce qui s’est passé pour moi.

— S’agit-il d’une compétition malhonnête ?

— Oui. Oui, c’est ça. Certaines maisons de disques ou des producteurs font ça pour être sûrs que vous n’allez pas faire de concurrence à certaines chanteuses. En plus, j’ai su par la suite qui étaient les chanteuses que j’aurais pu gêner. Mais je ne citerais pas de noms. Parce qu’elles sont encore là et que je n’ai pas envie d’attirer les foudres. De plus, c’est de l’histoire ancienne. Donc parallèlement à ça, il fallait bien que je gagne ma vie et comme tout ce que je sais faire c’est chanter, j’ai travaillé en tant que choriste avec de grands artistes vraiment. Et j’ai appris mon métier avec certains. Avec certains, j’ai appris ce qu’il fallait faire, avec d’autres, ce qu’il ne fallait pas faire.

— Qu’est-ce qui vous a donné envie de commencer l’aventure Dalida ?

— C’est un hasard. C’est vraiment un concours de circonstances. C’est quelque chose que je n’ai pas cherché, à laquelle je n’avais jamais pensé. On est venu me le demander. J’avais un ami qui avait un studio sur Grenoble et qui faisait des covers, des répliques exactes des disques qui marchent. Et il m’avait demandé si je pouvais lui faire une imitation de Dalida. J’ai dit oui. Nous avons fait un essai qui a été concluant et la société pour laquelle il travaillait a voulu que l’on fasse un CD. Donc, je l’ai fait. Ils ont choisi les titres que j’ai chantés en imitant la voix de Dalida. Je n’ai pas voulu que mon nom paraisse, parce que je ne voyais pas l’intérêt. C’est un disque qui a très bien fonctionné. Ils ont mis le nom de Marina sur la pochette. Beaucoup de gens ont téléphoné au Studio pour savoir qui était cette Marina. Et grâce à ça, beaucoup de personnes du Fan Club de Dalida et de son association ont voulu entrer en contact avec moi. Un monsieur en particulier qui fait partie de l’association, M. Canélas, a beaucoup tenu à me voir. Il avait vraiment aimé ce qu’il avait entendu et quand il m’a vu, il m’a dit que je devais absolument faire des spectacles, que j’étais la seule à pouvoir la faire revivre. Il m’a dit qu’il y avait tellement de gens qui s’appropriaient son tour de chant mais qui n’étaient pas à la hauteur. C’était une période où j’avais tout arrêté. Mais lui a insisté. Mon mari aussi m’a dit que je devais relever le défi. Et c’est comme cela que j’ai pris la décision de le faire. Je me suis replongée dans le répertoire de Dalida que je ne connaissais que superficiellement en fait.

— Et c’est là qu’il y a eu un vrai déclic ?

— Tout à fait. J’ai découvert des chansons que je ne connaissais pas comme Pour ne pas vivre seule, Depuis qu’il vient chez nous, Pour en arriver là. Je les avais déjà entendues mais ne les avais pas écoutées vraiment. Et là, c’était fou. J’ai l’impression que c’étaient des chansons qu’on avait écrites pour moi tellement je m’y reconnaissais. J’ai commencé à écouter de plus en plus, et je me suis dit qu’effectivement je me sentirais très bien dans ce répertoire-là. Donc j’ai fait le choix des chansons. On est allé en studio, on a fait les orchestrations, on a sorti un CD pour montrer aux gens que ce n’était pas une imitation. Et donc là il y avait mon nom, parce que c’était moi l’interprète et on a commencé à monter cette opération. J’ai rencontré un imprésario qui a trouvé l’idée très bonne et qui m’a donné un sérieux coup de main au départ.

— Quand avez-vous vraiment commencé l’aventure ?

— J’ai commencé fin 2000. Et j’ai su après par ses fans que Dalida disait toujours qu’elle chanterait au moins jusqu’à fin 2000. Moi, sachant cela, je me suis dit qu’il fallait que je fasse ce spectacle au moins une fois avant la fin de l’année. Et on l’a fait à l’Espace Reuilly, à Paris, au mois de décembre. Et là j’ai rencontré toutes les personnes de l’Association de Dalida. C’était mon examen de passage et ça a été une soirée extraordinaire, inoubliable.

— En regardant votre spectacle, on voit que vous vous êtes complètement approprié les chansons de Dalida, comment vous positionnez-vous par rapport à elle ?

— Je ne sais pas. J’ai écouté beaucoup de choses mais je n’ai pas essayé de trop rentrer dedans. C’est vrai que quand j’ai besoin de renseignements, j’appelle les fans et notamment Mme Le Bourgeois, qui s’occupe de l’association. Mais je n’ai pas voulu trop rentrer dans sa vie. Je n’ai pas lu de livres sur elle. Parce j’ai eu peur qu’inconsciemment cela me pénètre trop. Donc j’ai toujours voulu mettre des barrières. Par contre les chansons, je les ressens vraiment. Parce qu’elles parlent de la vie d’une femme. Et je suis une femme avec un certain vécu, avec des émotions et donc je me reconnais complètement et je suis sincère avec moi-même.

— On sent que tout émane de vous, tout en restant très proche de l’esprit de Dalida. On sent une réelle générosité ...

— Je pense que quand on va dans la sincérité, il y a des choses qui sortent sans qu’on réfléchisse. Dalida était avant tout une femme. La générosité est une qualité première de l’artiste ainsi que l’humilité. Quand on est sur scène il faut savoir donner, ne pas être avare. Il m’est arrivée quelquefois de faire jusqu’à sept rappels. Et c’est ça être artiste. Nous sommes des cigales.

— Que ressentez-vous à l’idée d’aller chanter Dalida en Egypte ?

— C’est un vieux rêve. Je suis très attirée par l’Egypte. C’est un pays qui me fascine vraiment. Et là je suis doublement contente. Parce que pour moi c’est un hommage que je vais rendre à la chanteuse qui je pense avait envie de retourner dans son pays. Donc, c’est un hommage à cette dame mais aussi au peuple égyptien qui m’accueille. J’en suis très émue. C’est un vrai challenge parce que je dois rendre ce double hommage tout en restant moi-même. J’espère que cela va être le début de quelque chose qui va durer longtemps. Vraiment.

Maya Al-Qalioubi

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