Grand Musée Egyptien .
La troisième et dernière phase du projet doit commencer
prochainement. Elle comprend notamment la construction du
bâtiment principal, qui sera riche de 50 000 pièces exposées
en permanence.
L’ultime étape commence
100 000 pièces. C’est ce que devrait comprendre l’ensemble
des salles du Grand Musée égyptien situé sur l’autoroute Le
Caire-Alexandrie. Ce musée, dont la construction a commencé
en 2002, sera prêt pour l’inauguration a priori en août
2015. Un temps nécessaire à la construction du bâtiment
principal du musée.
Le ministre d’Etat pour les Antiquités a choisi les
entreprises Orascom (Egypte) et
Sickes (Belgique) pour
l’accomplissement du projet. Toutes les deux travailleront
sur un plan de design irlandais qui avait remporté le
premier prix, lors d’une compétition architecturale en 2003.
Cette troisième et dernière phase sera financée par un prêt
japonais d’un montant de 300 millions de dollars. Cette
somme sera remboursée sur une durée de 30 ans qui commencera
10 ans après l’inauguration officielle du musée.
Les premières avancées concrètes remontent à 2002, lors de
l’annonce de la compétition architecturale pour
l’édification du Grand Musée égyptien à proximité des
pyramides de Guiza. Il doit
s’étendre sur une superficie de 117
feddans, soit 50 hectares.
L’annonce de la construction a été suivie de plusieurs
études architecturales. Mais il a fallu attendre 2005 pour
que commencent les premiers travaux sur terrain. Les
environs du musée ont nécessité la mise en place de
plusieurs études géophysiques sophistiquées jusqu’à une
profondeur de 100 mètres afin de s’assurer de la solidité du
sol et de ses capacités à supporter les tremblements de
terre. L’environnement désertique a aussi nécessité des
aménagements spéciaux pour éviter d’éventuelles
infiltrations de sable pendant et après la construction.
Des milliers de tonnes de sable ont dû être déplacées. Des
stations d’eau potable et des centrales électriques viennent
compléter l’installation titanesque. Un large chemin a été
pavé pour déplacer la statue colossale de Ramsès II qui
était auparavant dressée devant la gare du Caire sur la
place Ramsès.
La première phase s’est terminée en 2006. La deuxième a pris
le relais immédiatement. Elle se concentre sur la
construction d’un centre de restauration ainsi que
d’entrepôts pour le stockage des pièces. Le coût de la
deuxième phase a atteint 240 millions de L.E.
Nettoyage préalable
Par ailleurs, les pièces qui seront dans le bâtiment
principal après sa construction auront toutes été restaurées
et nettoyées, affirme Hussein Abdel-Bassir,
directeur du Grand Musée égyptien. Le centre de restauration
est situé à l’ouest de la zone du musée. Il est isolé des
alentours par des arbres plantées
afin de préserver le calme de ce bâtiment crucial à la bonne
conservation des œuvres. Il s’étend sur une superficie de 22
000 m2 et peut contenir jusqu’à 100 000 pièces. Equipé de 12
laboratoires, ce centre est relié au musée par une galerie
souterraine. « Cette galerie est sécurisée et climatisée
pour garantir la préservation des pièces restaurées »,
explique le directeur.
Une seconde galerie relie les laboratoires au musée afin de
déplacer au mieux les grands ouvrages après leur
restauration. Le centre des laboratoires est lui-même
réparti en trois secteurs. Le premier est destiné à recevoir
les antiquités, les désinfecter, les traiter et les
photographier et éventuellement les restaurer si leur état
l’exige. Ce secteur est aussi en charge de fournir une
documentation précise sur la
pièce à restaurer. Le deuxième secteur se concentre sur les
analyses relatives à la composition de l’objet. Le dernier
est constitué d’un entrepôt aux normes écologiques et
sécuritaires strictes.
Le centre renferme actuellement 10 000 pièces. Les
restaurateurs ont suivi une formation sur les instruments
les plus sophistiqués. « Au fur et à mesure des
restaurations, les équipes suivent des stages dans
différents centres de restauration mondiaux afin d’acquérir
les technologies les plus récentes », précise le directeur.
La troisième et dernière phase sera celle de la construction
du bâtiment principal, de l’aménagement de ses salles et de
la sélection des pièces antiques et des équipements. Il
s’agira d’une construction en forme de flèche d’une longueur
de 500 m, la pointe orientée vers les Pyramides. Afin de ne
pas rompre la perspective du plateau antique, l’édifice est
construit de 50 m en contrebas.
Ses parois seront en albâtre avec des motifs triangulaires
évoquant les pyramides. Une grande cour s’étalera devant le
musée. Elle comprendra notamment la statue colossale de
Ramsès II. Sera peut-être également présente la statue
colossale de sa fille, Mérit-Amon,
d’Akhmim. « Mais dans les
circonstances actuelles, faire venir cette seconde statue
semble un peu compliqué », regrette le directeur Abdel-Bassir.
Le jardin muséologique comprendra des pièces qui reflètent
l’évolution de la sculpture de l’Egypte ancienne. Le musée
s’ouvre sur quelques statues représentatives des rois et des
hauts fonctionnaires dans toute l’histoire égyptienne. Ces
notables d’antan accueilleront les visiteurs.
50 000 pièces exposées
Les 100 000 pièces que possède le musée seront réparties en
2 grandes sections. Pendant que la première sera exposée
dans les salles, la seconde sera préservée et soumise aux
études archéologiques. Le musée comprendra des pièces datées
allant de la préhistoire à l’époque gréco-romaine, en
passant par l’Ancien, le Moyen et le Nouvel Empire
pharaonique.
La plupart des antiquités proviennent du Musée du Caire, du
Musée gréco-romain d’Alexandrie et de celui de la Nubie. Un
certain nombre d’objets provient directement des sites
archéologiques.
Parmi les chefs-d’œuvre du musée se trouve la collection du
roi-enfant Toutankhamon qui comprend 7 500 pièces. De
nombreuses pièces seront exposées pour la première fois.
Cette collection raconte la vie du roi-enfant depuis sa
naissance jusqu’à sa mort énigmatique.
Le musée comprendra par ailleurs le deuxième bateau de
Chéops que restaure une mission japonaise depuis 14 ans.
Enfin, le musée présentera les grands blocs antiques dégagés
de San Al-Hagar connues par «
Bubastis ». Toutes ces pièces seront représentées selon une
thématique précise : Terre d’Egypte, Parenté et monarchie,
l’Homme, la société et le travail, Religion et culture et
enfin Scribe et savoir.
A côté des salles d’exposition permanentes, des salles
d’exposition temporaires traiteront des résultats récents
des fouilles. Le musée offrira plusieurs autres activités.
Trois salles de conférences et un musée pour enfants seront
accessibles au public. Le musée disposera aussi d’un
auditorium de 1 000 places, d’un cinéma équipé en IMAX 3D,
d’une médiathèque, d’une bibliothèque, d’un centre de
recherches et d’un institut scientifique.
Un centre d’artisanat y sera installé ainsi que des bazars
pour la vente de copies des statuettes pharaoniques. Les
jardins agiront comme points de repère et comme espace de
repos pour les visiteurs. Selon le directeur, la
construction de ce musée est propice aux investissements
touristiques. A une trentaine de kilomètres du musée, il est
prévu de créer 5 hôtels 5 étoiles et un centre sportif qui
comprendra notamment un terrain de golf. Mais ces
investissements doivent aussi éviter toute influence néfaste
sur le plateau archéologique.
Doaa
Elhami