Al-Ahram Hebdo, Voyages | L’ultime étape commence

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 Semaine du 25 au 31 janvier 2012, numéro 906

 

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Grand Musée Egyptien . La troisième et dernière phase du projet doit commencer prochainement. Elle comprend notamment la construction du bâtiment principal, qui sera riche de 50 000 pièces exposées en permanence.

L’ultime étape commence

100 000 pièces. C’est ce que devrait comprendre l’ensemble des salles du Grand Musée égyptien situé sur l’autoroute Le Caire-Alexandrie. Ce musée, dont la construction a commencé en 2002, sera prêt pour l’inauguration a priori en août 2015. Un temps nécessaire à la construction du bâtiment principal du musée.

Le ministre d’Etat pour les Antiquités a choisi les entreprises Orascom (Egypte) et Sickes (Belgique) pour l’accomplissement du projet. Toutes les deux travailleront sur un plan de design irlandais qui avait remporté le premier prix, lors d’une compétition architecturale en 2003. Cette troisième et dernière phase sera financée par un prêt japonais d’un montant de 300 millions de dollars. Cette somme sera remboursée sur une durée de 30 ans qui commencera 10 ans après l’inauguration officielle du musée.

Les premières avancées concrètes remontent à 2002, lors de l’annonce de la compétition architecturale pour l’édification du Grand Musée égyptien à proximité des pyramides de Guiza. Il doit s’étendre sur une superficie de 117 feddans, soit 50 hectares.

L’annonce de la construction a été suivie de plusieurs études architecturales. Mais il a fallu attendre 2005 pour que commencent les premiers travaux sur terrain. Les environs du musée ont nécessité la mise en place de plusieurs études géophysiques sophistiquées jusqu’à une profondeur de 100 mètres afin de s’assurer de la solidité du sol et de ses capacités à supporter les tremblements de terre. L’environnement désertique a aussi nécessité des aménagements spéciaux pour éviter d’éventuelles infiltrations de sable pendant et après la construction.

Des milliers de tonnes de sable ont dû être déplacées. Des stations d’eau potable et des centrales électriques viennent compléter l’installation titanesque. Un large chemin a été pavé pour déplacer la statue colossale de Ramsès II qui était auparavant dressée devant la gare du Caire sur la place Ramsès.

La première phase s’est terminée en 2006. La deuxième a pris le relais immédiatement. Elle se concentre sur la construction d’un centre de restauration ainsi que d’entrepôts pour le stockage des pièces. Le coût de la deuxième phase a atteint 240 millions de L.E.

Nettoyage préalable

Par ailleurs, les pièces qui seront dans le bâtiment principal après sa construction auront toutes été restaurées et nettoyées, affirme Hussein Abdel-Bassir, directeur du Grand Musée égyptien. Le centre de restauration est situé à l’ouest de la zone du musée. Il est isolé des alentours par des arbres plantées afin de préserver le calme de ce bâtiment crucial à la bonne conservation des œuvres. Il s’étend sur une superficie de 22 000 m2 et peut contenir jusqu’à 100 000 pièces. Equipé de 12 laboratoires, ce centre est relié au musée par une galerie souterraine. « Cette galerie est sécurisée et climatisée pour garantir la préservation des pièces restaurées », explique le directeur.

Une seconde galerie relie les laboratoires au musée afin de déplacer au mieux les grands ouvrages après leur restauration. Le centre des laboratoires est lui-même réparti en trois secteurs. Le premier est destiné à recevoir les antiquités, les désinfecter, les traiter et les photographier et éventuellement les restaurer si leur état l’exige. Ce secteur est aussi en charge de fournir une documentation précise sur la pièce à restaurer. Le deuxième secteur se concentre sur les analyses relatives à la composition de l’objet. Le dernier est constitué d’un entrepôt aux normes écologiques et sécuritaires strictes.

Le centre renferme actuellement 10 000 pièces. Les restaurateurs ont suivi une formation sur les instruments les plus sophistiqués. « Au fur et à mesure des restaurations, les équipes suivent des stages dans différents centres de restauration mondiaux afin d’acquérir les technologies les plus récentes », précise le directeur.

La troisième et dernière phase sera celle de la construction du bâtiment principal, de l’aménagement de ses salles et de la sélection des pièces antiques et des équipements. Il s’agira d’une construction en forme de flèche d’une longueur de 500 m, la pointe orientée vers les Pyramides. Afin de ne pas rompre la perspective du plateau antique, l’édifice est construit de 50 m en contrebas.

Ses parois seront en albâtre avec des motifs triangulaires évoquant les pyramides. Une grande cour s’étalera devant le musée. Elle comprendra notamment la statue colossale de Ramsès II. Sera peut-être également présente la statue colossale de sa fille, Mérit-Amon, d’Akhmim. « Mais dans les circonstances actuelles, faire venir cette seconde statue semble un peu compliqué », regrette le directeur Abdel-Bassir.

Le jardin muséologique comprendra des pièces qui reflètent l’évolution de la sculpture de l’Egypte ancienne. Le musée s’ouvre sur quelques statues représentatives des rois et des hauts fonctionnaires dans toute l’histoire égyptienne. Ces notables d’antan accueilleront les visiteurs.

50 000 pièces exposées

Les 100 000 pièces que possède le musée seront réparties en 2 grandes sections. Pendant que la première sera exposée dans les salles, la seconde sera préservée et soumise aux études archéologiques. Le musée comprendra des pièces datées allant de la préhistoire à l’époque gréco-romaine, en passant par l’Ancien, le Moyen et le Nouvel Empire pharaonique.

La plupart des antiquités proviennent du Musée du Caire, du Musée gréco-romain d’Alexandrie et de celui de la Nubie. Un certain nombre d’objets provient directement des sites archéologiques.

Parmi les chefs-d’œuvre du musée se trouve la collection du roi-enfant Toutankhamon qui comprend 7 500 pièces. De nombreuses pièces seront exposées pour la première fois. Cette collection raconte la vie du roi-enfant depuis sa naissance jusqu’à sa mort énigmatique.

Le musée comprendra par ailleurs le deuxième bateau de Chéops que restaure une mission japonaise depuis 14 ans. Enfin, le musée présentera les grands blocs antiques dégagés de San Al-Hagar connues par « Bubastis ». Toutes ces pièces seront représentées selon une thématique précise : Terre d’Egypte, Parenté et monarchie, l’Homme, la société et le travail, Religion et culture et enfin Scribe et savoir.

A côté des salles d’exposition permanentes, des salles d’exposition temporaires traiteront des résultats récents des fouilles. Le musée offrira plusieurs autres activités. Trois salles de conférences et un musée pour enfants seront accessibles au public. Le musée disposera aussi d’un auditorium de 1 000 places, d’un cinéma équipé en IMAX 3D, d’une médiathèque, d’une bibliothèque, d’un centre de recherches et d’un institut scientifique.

Un centre d’artisanat y sera installé ainsi que des bazars pour la vente de copies des statuettes pharaoniques. Les jardins agiront comme points de repère et comme espace de repos pour les visiteurs. Selon le directeur, la construction de ce musée est propice aux investissements touristiques. A une trentaine de kilomètres du musée, il est prévu de créer 5 hôtels 5 étoiles et un centre sportif qui comprendra notamment un terrain de golf. Mais ces investissements doivent aussi éviter toute influence néfaste sur le plateau archéologique.

Doaa Elhami

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Les Nippons au service du patrimoine égyptien

140 restaurateurs égyptiens sont formés par des experts japonais et internationaux de l’Agence de coopération japonaise Jaica. L’objectif de ce programme est d’améliorer la connaissance et l’habileté des restaurateurs égyptiens en se basant sur la restauration préventive et l’application de la science la plus sophistiquée dans le domaine. Le but premier est de supporter le centre de restauration du Grand Musée égyptien afin qu’il devienne une société pionnière dans ce domaine de même que dans les recherches en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

Depuis 2008, Jaica  a organisé des stages de formation dans les domaines de l’hygiène professionnelle, la gestion et la lutte contre des insectes, le transfert et l’enveloppement des monuments, la documentation photographique, la restauration des tissus, des métaux et des papiers, et ce sans oublier les instruments et les outils de restauration et d’analyse ainsi que la microbiologie.

Jaica a aussi participé à l’installation de la base de données. En effet, en formant la base de données du musée, le personnel égyptien a rencontré plusieurs difficultés à l’instar des fausses informations concernant des pièces antiques ainsi que la répétition des informations d’un seul objet. Pour sa part, Jaïca a installé une nouvelle base de données précise afin de réviser toutes les informations. En même temps, elle fait évoluer les capacités humaines et académiques des archéologues.

De plus, Jaica a présenté 300 millions de dollars pour l’installation du musée. Cette somme couvrira une grande partie de la construction, du design intérieur, de la vue panoramique naturelle et du développement de l’informatique et de la communication.

Doaa Elhami

Chronologie

2002 : Annonce du concours architectural pour la construction.

2003 : Le design irlandais remporte le 1er prix de la construction du musée.

2005 : Début de la 1re phase sur le terrain.

2006 : Contrat de construction de la 2e phase qui comprend un centre de restauration, des stations d’électricité, d’incendie et début d’exécution.

2012 : Signature de la 3e et dernière phase et début d’exécution. L’inauguration est prévue en août 2015.

 




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