Al-Ahram Hebdo, Voyages | Les mystères de Cléopâtre à Chicago

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 Semaine du 12 au 18 octobre 2011, numéro 892

 

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Voyages

Exposition . Après plusieurs étapes marquées par le succès aux Etats-Unis, l’exposition « Cléopâtre : la recherche de la dernière reine d’Egypte » doit se tenir au Field Museum de Chicago. Elle éclaire plusieurs aspects peu connus de la vie de la reine énigmatique.

Les mystères de Cléopâtre à Chicago

« Cléopâtre : la recherche de la dernière reine d’Egypte » est le thème de la plus récente exposition organisée par les services archéologiques égyptiens, en coopération avec des institutions américaines et européennes. Elle comporte 179 pièces et devait faire le tour de plusieurs villes américaines. Mais le déclenchement de la révolution du 25 janvier a empêché les responsables égyptiens d’assister aux cérémonies d’inauguration. Et pourtant l’exposition a eu un succès éclatant à Ohio, sa deuxième escale, depuis février dernier jusqu’à aujourd’hui. Selon les responsables, l’exposition a reçu des milliers de visiteurs par jour, encourageant les autorités égyptiennes à poursuivre la tournée. Ainsi elle va redémarrer le 30 octobre, au Field Museum à Chicago.

La plupart des pièces proviennent des fouilles de Franck Goddio, chef de l’Institut européen pour l’archéologie subaquatique, qui effectue ses fouilles sous-marines au large d’Alexandrie et ses environs depuis 1992. Elles ont été déjà exposées à Paris et Bonn. La dernière reine ptolémaïque, cette reine charmante dont la vie était pleine de guerres, de sang, d’amour et dont la personnalité était entourée de mystère et de magie. Pour la mettre en relief, les organisateurs ont enrichi l’exposition de 6 pièces du Musée égyptien, 9 du musée de la Bibliotheca Alexandrina, 19 du Musée gréco-romain, 20 du Musée national d’Alexandrie et notamment 20 objets provenant des récentes fouilles d’Aboussir, à Alexandrie. Les pièces varient dans leurs matières, leurs tailles, leurs couleurs et leurs vocations. Elles vont en fait de la plus petite pièce d’or jusqu’aux statues colossales de granit dont la taille dépasse les 4,5 mètres, en passant par les objets de la vie quotidienne de ses contemporains, humbles ou puissants.

Ambiance mystérieuse

Il suffit de regarder une courte vidéo de 4 minutes, projetée au début de l’exposition, pour entrer dans le monde de Cléopâtre grâce aux renseignements qui sont présentés par les archéologues Zahi Hawas et Franck Goddio. Cette ambiance légendaire est renforcée par une voix représentant « Cléo » elle-même, pour accompagner le visiteur. Une voix avec un accent grec dépeignant Cléopâtre dont les racines sont effectivement grecques. Les commentaires de cette guide audio sont parfois longs et compliqués. Néanmoins, ils permettent de bien replacer les rois égyptiens dans leur contexte historique et d’expliquer leur mode de vie à l’époque.

Une fois l’animation terminée, le visiteur rencontre une statue de la reine qui reflète la grandeur de l’empire ptolémaïque sous son règne.

Mais toute gloire est éphémère. Le séisme et l’inondation avaient envahi une grande partie de la ville d’Alexandrie qui a été submergée pour des siècles sous l’eau de la Méditerranée. Les ruines d’Alexandrie après le séisme et l’inondation sont en fait représentées dans la deuxième section de l’exposition. Là, le visiteur est invité à voir quelques objets représentatifs de l’empire de Cléopâtre, récupérés de la mer par Goddio et son équipe, à titre d’exemple une amphore très caractéristique.

A côté de l’Antique Alexandrie, la cité voisine de Canope a été noyée sous les vagues de la mer. L’importance de cette ville est double. C’était en même temps un centre religieux, lieu de pèlerinage religieux et un espace où les gens qualifiés de décadents s’adonnaient au jeu, on dirait la première Las Vegas de l’Histoire. Le visiteur rencontrera alors dans le contexte de l’aspect religieux de Canope des représentations d’Osiris, divinité de l’au-delà, et les instruments rituels utilisés sur le bateau de procession qui allait de Canope à Héraklion. Une manifestation qui avait lieu chaque année.

Après cette scène rituelle, les visiteurs se trouvent devant deux statues colossales dont la taille dépasse les 4,5 mètres et le poids 5 tonnes. Chaque nouveau pharaon, y compris Cléopâtre, a été couronné dans la ville antique d’Héraklion. Cette galerie présente la ville comme un lieu primordial : Cléopâtre et tous les dirigeants de l’Egypte ont été investis du pouvoir dans cette ville à la position stratégique sur la côte méditerranéenne. Les diverses armes exposées illustrent comment cette ville avait assuré à l’Egypte une principale ligne de défense contre l’invasion étrangère.

Chez l’hôtesse royale

Maintenant, les visiteurs se trouvent sur les lieux de l’ancienne ville d’Alexandrie où se trouvait le palais royal de Cléopâtre. Ainsi on trouve dans cette galerie des objets qui étaient utilisés dans la vie quotidienne selon la conception ptolémaïque, à l’instar des pendentifs dorés finement taillés. Quant aux principaux éléments de cette salle, se trouvent une statue de la divinité Isis et un sphinx, avec un chef-d’œuvre qui représente le père de Cléopâtre, et ce sans oublier une sculpture de pierres massives reflétant Césarion, le fils de Cléopâtre. Ces vestiges ont été récupérés par Franck Goddio au cours de ses nombreuses expéditions sous-marines. Et pour mettre les visiteurs dans l’atmosphère des fouilles, un éclairage et des éléments sonores à effet de mise en scène théâtrale ont été aménagés.

Cette exposition met aussi l’accent sur la beauté éblouissante de Cléopâtre, et aussi la ferme personnalité d’une reine puissante. Un équilibre rarement trouvé qui avait fait naître l’énigmatique personnage de Cléopâtre. Ceci est clairement représenté par une statue décapitée d’une femme qui n’est autre que Cléopâtre en tenue spirituelle, celle d’Isis. Quant à la puissance, elle est reflétée par un papyrus rédigé par la reine elle-même. Elle donne un ordre royal d’épargner l’ami de son époux de payer les impôts.

Tout ce parcours prend fin avec la mort de Cléopâtre, mais il revit avec les légendes. C’est pourquoi les deux dernières galeries sont consacrées à la recherche de la tombe de Cléopâtre et Marc Antoine, qui serait probablement dans le complexe du temple de Taposiris Magna, situé à environ 50 km à l’ouest d’Alexandrie. Là, Dr Zahi Hawas, ex-secrétaire général du Conseil suprême des antiquités de l’Egypte, dirige une mission archéologique à la recherche de la tombe de Marc Antoine et Cléopâtre. La galerie présente certains objets récupérés, y compris un vase d’albâtre.

Quant à l’aspect légendaire, il figure dans la dernière galerie consacrée aux figures de Cléopâtre réalisées par des artistes, y compris populaires. Les artistes ont tenté de saisir l’essence de la reine légendaire dans une multitude de formes : récit historique, peinture, cinéma ... Mais jusqu’ici, la dernière reine d’Egypte garde toujours son charme mystérieux, tous ses secrets n’ont pas été dévoilés.

Doaa Elhami

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Une vie proche de l’imaginaire

Née en 69 avant notre ère, Cléopâtre VII deviendra la reine d’Egypte à l’âge de 17 ans, après le départ de son père à Athènes. Elle épousera son frère Ptolémée III, avec qui elle partagera le trône égyptien. Mais il l’évincera. Un état provisoire. Cléopâtre va récupérer son trône en 46 av. J.-C., grâce à l’aide de Jules César, épris de sa beauté. A l’assassinat de Ptolémée III, la reine égyptienne sera contrainte d’épouser son frère cadet Ptolémée IV, bien qu’elle soit la maîtresse de César à qui elle lui donnera un enfant. En 42 av. J.-C., Cléopâtre va rencontrer Marc Antoine, l’héritier des terres orientales, avec Octave, après la mort de Jules César. Marc Antoine tombera amoureux de la reine égyptienne qui, de lui, obtiendra trois enfants. Cependant, il devait épouser la sœur d’Octave afin de mettre fin aux conflits familiaux. Une paix provisoire, puisqu’Antoine décidera de distribuer ses terrains à ses trois enfants de Cléopâtre. Une décision considérée comme trahison de la part d’Octave qui déclarera une guerre contre l’Egypte qui avait subi une défaite absolue. Cléopâtre vivra recluse dans son palais d’Alexandrie. Apprenant l’arrivée de son rival Octave, le futur empereur Auguste, elle préférera se suicider avec un aspic en 30 av. J.-C. Avec elle s’éteint la dynastie des Lagides. Etant sur le trône égyptien, Cléopâtre sera l’une des rares reines qui obtiendra le signe de Horus, nomination donnée uniquement aux rois.

 

 




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