Exposition .
Après plusieurs étapes marquées par le succès aux
Etats-Unis, l’exposition « Cléopâtre : la recherche de la
dernière reine d’Egypte » doit se tenir au Field
Museum de Chicago. Elle éclaire
plusieurs aspects peu connus de la vie de la reine
énigmatique.
Les mystères de Cléopâtre à Chicago
« Cléopâtre : la recherche de la dernière reine d’Egypte »
est le thème de la plus récente exposition organisée par les
services archéologiques égyptiens, en coopération avec des
institutions américaines et européennes. Elle comporte 179
pièces et devait faire le tour de plusieurs villes
américaines. Mais le déclenchement de la révolution du 25
janvier a empêché les responsables égyptiens d’assister aux
cérémonies d’inauguration. Et pourtant l’exposition a eu un
succès éclatant à Ohio, sa deuxième escale, depuis février
dernier jusqu’à aujourd’hui. Selon les responsables,
l’exposition a reçu des milliers de visiteurs par jour,
encourageant les autorités égyptiennes à poursuivre la
tournée. Ainsi elle va redémarrer le 30 octobre, au Field
Museum à Chicago.
La plupart des pièces proviennent des fouilles de Franck
Goddio, chef de l’Institut
européen pour l’archéologie subaquatique, qui effectue ses
fouilles sous-marines au large d’Alexandrie et ses environs
depuis 1992. Elles ont été déjà exposées à Paris et Bonn. La
dernière reine ptolémaïque, cette reine charmante dont la
vie était pleine de guerres, de sang, d’amour et dont la
personnalité était entourée de mystère et de magie. Pour la
mettre en relief, les organisateurs ont enrichi l’exposition
de 6 pièces du Musée égyptien, 9 du musée de la
Bibliotheca Alexandrina, 19 du
Musée gréco-romain, 20 du Musée national d’Alexandrie et
notamment 20 objets provenant des récentes fouilles d’Aboussir,
à Alexandrie. Les pièces varient dans leurs matières, leurs
tailles, leurs couleurs et leurs vocations. Elles vont en
fait de la plus petite pièce d’or jusqu’aux statues
colossales de granit dont la taille dépasse les 4,5 mètres,
en passant par les objets de la vie quotidienne de ses
contemporains, humbles ou puissants.
Ambiance mystérieuse
Il suffit de regarder une courte vidéo de 4 minutes,
projetée au début de l’exposition, pour entrer dans le monde
de Cléopâtre grâce aux renseignements qui sont présentés par
les archéologues Zahi Hawas et
Franck Goddio. Cette ambiance
légendaire est renforcée par une voix représentant «
Cléo » elle-même, pour
accompagner le visiteur. Une voix avec un accent grec
dépeignant Cléopâtre dont les racines sont effectivement
grecques. Les commentaires de cette guide audio sont parfois
longs et compliqués. Néanmoins, ils permettent de bien
replacer les rois égyptiens dans leur contexte historique et
d’expliquer leur mode de vie à l’époque.
Une fois l’animation terminée, le visiteur rencontre une
statue de la reine qui reflète la grandeur de l’empire
ptolémaïque sous son règne.
Mais toute gloire est éphémère. Le séisme et l’inondation
avaient envahi une grande partie de la ville d’Alexandrie
qui a été submergée pour des siècles sous l’eau de la
Méditerranée. Les ruines d’Alexandrie après le séisme et
l’inondation sont en fait représentées dans la deuxième
section de l’exposition. Là, le visiteur est invité à voir
quelques objets représentatifs de l’empire de Cléopâtre,
récupérés de la mer par Goddio
et son équipe, à titre d’exemple une amphore très
caractéristique.
A côté de l’Antique Alexandrie, la cité voisine de Canope a
été noyée sous les vagues de la mer. L’importance de cette
ville est double. C’était en même temps un centre religieux,
lieu de pèlerinage religieux et un espace où les gens
qualifiés de décadents s’adonnaient au jeu, on dirait la
première Las Vegas de l’Histoire. Le visiteur rencontrera
alors dans le contexte de l’aspect religieux de Canope des
représentations d’Osiris, divinité de l’au-delà, et les
instruments rituels utilisés sur le bateau de procession qui
allait de Canope à Héraklion. Une manifestation qui avait
lieu chaque année.
Après cette scène rituelle, les visiteurs se trouvent devant
deux statues colossales dont la taille dépasse les 4,5
mètres et le poids 5 tonnes. Chaque nouveau pharaon, y
compris Cléopâtre, a été couronné dans la ville antique
d’Héraklion. Cette galerie présente la ville comme un lieu
primordial : Cléopâtre et tous les dirigeants de l’Egypte
ont été investis du pouvoir dans cette ville à la position
stratégique sur la côte méditerranéenne. Les diverses armes
exposées illustrent comment cette ville avait assuré à
l’Egypte une principale ligne de défense contre l’invasion
étrangère.
Chez l’hôtesse royale
Maintenant, les visiteurs se trouvent sur les lieux de
l’ancienne ville d’Alexandrie où se trouvait le palais royal
de Cléopâtre. Ainsi on trouve dans cette galerie des objets
qui étaient utilisés dans la vie quotidienne selon la
conception ptolémaïque, à l’instar des pendentifs dorés
finement taillés. Quant aux principaux éléments de cette
salle, se trouvent une statue de la divinité Isis et un
sphinx, avec un chef-d’œuvre qui représente le père de
Cléopâtre, et ce sans oublier une sculpture de pierres
massives reflétant Césarion, le fils de Cléopâtre. Ces
vestiges ont été récupérés par Franck
Goddio au cours de ses nombreuses expéditions
sous-marines. Et pour mettre les visiteurs dans l’atmosphère
des fouilles, un éclairage et des éléments sonores à effet
de mise en scène théâtrale ont été aménagés.
Cette exposition met aussi l’accent sur la beauté
éblouissante de Cléopâtre, et aussi la ferme personnalité
d’une reine puissante. Un équilibre rarement trouvé qui
avait fait naître l’énigmatique personnage de Cléopâtre.
Ceci est clairement représenté par une statue décapitée
d’une femme qui n’est autre que Cléopâtre en tenue
spirituelle, celle d’Isis. Quant à la puissance, elle est
reflétée par un papyrus rédigé par la reine elle-même. Elle
donne un ordre royal d’épargner l’ami de son époux de payer
les impôts.
Tout ce parcours prend fin avec la mort de Cléopâtre, mais
il revit avec les légendes. C’est pourquoi les deux
dernières galeries sont consacrées à la recherche de la
tombe de Cléopâtre et Marc Antoine, qui serait probablement
dans le complexe du temple de Taposiris
Magna, situé à environ 50 km à l’ouest d’Alexandrie. Là, Dr
Zahi Hawas, ex-secrétaire
général du Conseil suprême des antiquités de l’Egypte,
dirige une mission archéologique à la recherche de la tombe
de Marc Antoine et Cléopâtre. La galerie présente certains
objets récupérés, y compris un vase d’albâtre.
Quant à l’aspect légendaire, il figure dans la dernière
galerie consacrée aux figures de Cléopâtre réalisées par des
artistes, y compris populaires. Les artistes ont tenté de
saisir l’essence de la reine légendaire dans une multitude
de formes : récit historique, peinture, cinéma ... Mais
jusqu’ici, la dernière reine d’Egypte garde toujours son
charme mystérieux, tous ses secrets n’ont pas été dévoilés.
Doaa
Elhami