Grippe Porcine.
Le
gouvernement a
décidé de reporter la
rentrée
scolaire au 3 octobre.
Des ajournements
ultérieurs
ne sont pas
exclus,
alors que
certains
évoquent déjà une
fermeture des
écoles pendant
toute une
année.
Tendance
au zéro
risque
Le
conseil des
ministres a décidé,
jeudi, de reporter la
rentrée
scolaire au 3 octobre
prochain,
soit une
semaine plus
tard que
prévu.
Selon le ministre de la
Santé, la nouvelle date de rentrée
permet
d’attendre la période
d’incubation
du virus chez les
Egyptiens qui
l’auraient
contracté durant
leur
pèlerinage en Arabie
saoudite. «
Cette semaine
pourra nous
donner
l’occasion de découvrir
les cas
atteints de la grippe porcine et les
traiter
avant la rentrée
scolaire », a
affirmé le
ministre de la Santé, Hatem
Al-Gabali.
D’autre
part, cette nouvelle date
permettra
aussi aux gouverneurs des
divers gouvernorats de
s’assurer de
l’achèvement des
mesures de
précautions. Ces
mesures consistent
à assurer
une
aération adéquate des
classes, assurer un minimum de
propreté et
réparer les réseaux
d’eau courante et
d’égouts,
notamment des toilettes
utilisées par les élèves.
En outre,
chaque école
devra
consacrer une
salle à
l’isolement
immédiat des élèves
manifestant des
symptômes
douteux, où un
médecin permanent
s’occupera
d’eux. 40 millions de L.E. ont
été
consacrées à
ces travaux
et préparatifs. Des
réunions
ont lieu quotidiennement
entre les
responsables des deux
ministères, de la Santé et de
l’Enseignement, et des
responsables des divers
gouvernorats pour
pouvoir
terminer à temps les
préparations
nécessaires.
La
réduction de la
densité des classes
représente un
autre défi
pour les responsables.
Plusieurs
mesures doivent
être prises
pour atteindre
cet
objectif. La réduction de
la semaine
d’école à 3
jours que
s’alternent les
élèves
permettrait de réduire la
densité de 50 %. «
Une
variante serait de
réduire la
durée des cours, de
sorte à
donner aux
élèves le choix de
suivre
leurs cours le
matin ou
dans
l’après-midi », explique
Réda
Abou-Serie, sous-secrétaire
d’Etat au
ministère de l’Education.
D’autres
idées consistent à
aménager en classes les
salles de
professeurs et autres
espaces
réservées aux activités.
Lors
d’une
réunion le 9 septembre,
le président
Moubarak a
demandé au cabinet de lever le
degré d’alerte, et
il a tenu
les gouverneurs pour
responsables des
mesures de
prévention dans les
écoles de
leurs gouvernorats
respectifs. Le
président a
noté qu’en
cas de propagation
du virus,
toutes les écoles
seront
fermées, y compris
celles
internationales. Les études
sont en
cours dans
certains de
ces établissements qui
n’ont pas
modifié leur
calendrier. Les
gouverneurs des provinces
auront
également l’autorité de
fermer les
établissements scolaires
où le
nombre de cas de grippe
manifestés
atteint quatre
cas.
Mais
est-ce
qu’une semaine
est
suffisante pour que les
écoles
soient prêtes
à
accueillir les élèves
dans cette
atmosphère de
risque,
sachant que la
plupart des
écoles publiques
souffrent de
problèmes
chroniques, notamment en
ce qui
concerne les conditions
d’hygiène et de surcharge des classes ?
La
manifestation de la grippe porcine dans
deux écoles
à
Alexandrie (américaine et
britannique) a
exacerbé la
crainte des parents qui
deviennent de plus en plus
favorables à
l’ajournement de la
rentrée. «
Pourquoi ne pas
fermer les
écoles pendant toute
une année,
la vie et la santé de nos
enfants
sont beaucoup plus importantes
que les
études », s’inquiète
Hend
Mohamad, mère de 2
enfants au cycle
primaire. «
C’est très
difficile
d’apprendre à de
petits
enfants comment éviter la
contagion, comment porter un masque et
ainsi de suite », ajoute-t-elle.
De
leur côté,
les responsables
n’ont pas
totalement exclu
l’idée d’un
deuxième ou
troisième
ajournement. « La décision
de reporter la rentrée au
delà du
3 octobre
pourra éventuellement
être prise
selon le
degré de la propagation du
virus et l’évaluation de la
situation par le ministère de la
Santé », a déclaré
dimanche le
ministre de la Santé.
L’Organisation Mondiale
de la Santé (OMS) a estimé
que, dans
certains
cas, la fermeture des
écoles
pourrait être
une mesure
préventive
contre la propagation du
virus A(H1N1), responsable de la
maladie.
Le
ministère de
l’Education envisage déjà des
alternatives au cas
où la
fermeture des écoles se
prolongerait
indéfiniment.
L’enseignement
à distance,
à travers des
programmes
télévisés ou Internet,
serait une
solution pratique
selon
certains. « Beaucoup de pays
utilisent ces
médias pour
éviter la propagation du
virus entre les
élèves,
surtout quand
il est
difficile de
réduire la
densité des élèves
dans les
écoles et les facultés »,
explique
Mohamad Gamal, expert en
pédagogie au centre de
développement de
l’enseignement
à distance. Il
demande au
gouvernement de s’intéresser
plus au développement de
ce genre
d’enseignement négligé
depuis des
années. « Le gouvernement
a commencé
à s’intéresser
à
l’enseignement électronique
(e-learning) sous
l’ancien
ministre Hussein Kamel
Bahaeddine,
soit entre 1997 et 2000.
Ses
successeurs n’ont pas
montré un
intérêt à
ce genre
d’enseignement et le projet
est tombé
aux oubliettes », se rappelle le
pédagogue en
insistant
sur la nécessité de
moderniser
ce genre d’enseignement
pour attirer les
élèves car,
selon lui,
l’enseignement
électronique
est « la
seule alternative disponible
dans les conditions
actuelles ».
Sabah
Sabet