Haltérophilie .
Entretien avec Khaled Qorani,
entraîneur de la sélection féminine, à la veille des
Championnats d’Afrique qualificatifs pour les JO 2008, qui
se dérouleront en Afrique du Sud du 10 au 19 mai.
« L’Egypte possède de jeunes
haltérophiles pour l’avenir »
Al-Ahram
Hebdo : Ces Championnats d’Afrique donnent la possibilité de
décrocher le seul ticket féminin disponible pour Pékin,
comment appréhendez-vous l’événement ?
Khaled Qorani :
Ces championnats sont d’une importance féroce pour la
sélection féminine. Après avoir raté l’occasion de se
qualifier pour les Jeux Olympiques (JO) de Pékin 2008 à
travers les Championnats du monde 2007 et 2008, ces
championnats représentent la dernière chance de
qualification pour les dames. En fait, l’Egypte a décroché 4
tickets pour les JO chez les hommes à travers les Mondiaux.
Mais à cause de la suspension des deux vedettes de l’équipe
dames, Nahla Ramadan (75 kg) et Esmat Mansour (69 kg),
l’équipe féminine ne s’est pas qualifiée pour les JO et a
été obligée d’attendre les Championnats d’Afrique durant
lesquels les 3 premières équipes pourront se qualifier pour
Pékin avec une fille. Donc, nous visons une de ces 3
premières places. Et par la suite, la Fédération égyptienne
choisira la fille qui participera aux JO.
—
La délégation égyptienne sera composée de combien
d’haltérophiles ?
— L’Egypte participera à ces championnats avec 7 dames dans
les 7 catégories de la compétition. Cela outre 5 autres
haltérophiles chez les hommes. Ces derniers disputeront ces
championnats dans le cadre de leur préparation pour les JO
de Pékin. Mais la mission la plus importante reste celle des
dames qui doivent toutes réaliser de bonnes performances
afin de bien classer l’équipe à la fin de la compétition.
— Quelles sont leurs chances ?
— Chez les dames, l’Egypte n’est pas le meilleur pays
africain. Elle n’a jamais décroché le titre. C’est le
Nigeria qui remporte la première place depuis le début de la
compétition dames. La concurrence chez les dames est
toujours féroce entre l’Egypte, le Nigeria, la Tunisie,
l’Algérie et l’Afrique du Sud qui aura cette fois le
privilège de jouer à domicile. Donc, remporter une des 3
premières places ne sera pas du tout facile. De plus, aucune
haltérophile africaine ne s’est encore qualifiée pour les
JO, ce qui augmente la concurrence. Mais nous sommes prêts
pour la compétition, nous avons bien étudié nos adversaires.
Nous connaissons bien les athlètes de Tunisie et d’Algérie
qui ont joué contre nous lors des derniers Jeux arabes qui
ont eu lieu en 2007 en Egypte. Mais le Nigeria possède un
grand nombre d’haltérophiles. Il s’entraîne à huis clos et
n’apparaît que durant les grandes compétitions.
— Comment avez-vous préparé l’équipe ?
— J’ai pris la sélection en charge le premier avril dernier.
Avant mon arrivée, les dames s’entraînaient avec la
sélection hommes. Elles ont commencé leur préparation en
janvier avec un premier stage de préparation au Centre
olympique de Maadi, puis un autre à Ras Al-Bar, et un
troisième à Chypre pendant 3 semaines, avant de rentrer
s’entraîner à nouveau à Maadi. A mon arrivée, l’équipe dames
s’est entraînée seule lors d’un stage au Fayoum. Au début,
j’ai dû faire face à des blessures de plusieurs athlètes,
mais avec un bon système d’entraînement, les filles allaient
beaucoup mieux. Le 27 avril, nous avons effectué un essai à
Alexandrie lors de la Coupe d’Egypte et le niveau des filles
était en réel progrès ; elles ont réalisé de nouveaux
records personnels.
— La suspension de Nahla Ramadan et de Esmat Mansour
a-t-elle affecté les haltérophiles et la performance
égyptienne ?
— Il faut dire que Nahla et Esmat sont des haltérophiles
talentueuses d’un niveau extraordinaire. La Fédération
égyptienne a beaucoup investi sur ces deux jeunes filles et
les a bien préparées. Mais la non participation de ces deux
athlètes a aidé les autres haltérophiles qui ont commencé à
se dire qu’elles pourraient devenir les nouvelles stars
égyptiennes. Il y a deux semaines, Nahla a réalisé 120 kg à
l’arraché et 150 kg à l’épaulé-jeté, sans entraînement, ce
qui a rendu les haltérophiles un peu perplexes. Si Nahla
peut réaliser ces records sans entraînement, imaginez ce
qu’elle pourrait réaliser en s’entraînant. Mais le retour de
Nahla n’est pas la question maintenant. Premièrement parce
qu’elle a pris du poids, exactement 20 kg. Et surtout parce
que l’Egypte possède aujourd’hui des jeunes haltérophiles
talentueuses qui ont effectué de grands efforts.
— Quels sont nos meilleurs espoirs égyptiens ?
— L’équipe féminine est composée de jeunes athlètes dont la
plupart ont moins de 20 ans. Donc, c’est une équipe pour
l’avenir. Les 2 meilleures sont Abir Abdel-Rahmane (69 kg)
et Sarah Abdel-Rahmane (58 kg). Abir est âgée de 16 ans,
elle n’a disputé que les Jeux arabes où elle a remporté la
médaille d’or. Tandis que Sarah avait disputé les
Championnats du monde juniors 2007 où elle a terminé 8e et a
remporté la médaille d’argent aux Jeux arabes. Selon les
records de Abir (105 à l’arraché et 135 à l’épaulé-jeté),
elle peut terminer dans les 6 premiers aux JO de Pékin. Mais
il nous reste encore du temps pour travailler et elle pourra
améliorer ces records durant cette période. Le 12 juin, ces
deux jeunes filles participeront aux Championnats du monde
juniors en Colombie où nous espérons qu’elles pourront
acquérir l’expérience qui leur manque et améliorer leurs
records. Après cette compétition, nous choisirons l’athlète
qui disputera les JO.
Propos recueuillis par Doaa Badr