Al-Ahram Hebdo, Egypte | Pour une issue à l’état de siège
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 Semaine du 7 au 13 mai 2008, numéro 713

 

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Egypte

Sécurité . L’ambassade des Etats-Unis à Garden City installe un nouveau dispositif électronique qui permettra peut-être de lever les barrages installés dans cette zone depuis 2003 et de mettre fin aux souffrances des habitants.

Pour une issue à l’état de siège

Garden City. Les habitants de ce quartier chic du centre-ville souffrent depuis des années d’un dispositif de sécurité draconien qui a transformé leur vie en calvaire. Le siège de l’ambassade des Etats-Unis se trouve précisément dans ce quartier, d’où ces nombreuses difficultés. Les accès à toutes les rues qui entourent l’ambassade ont été fermés avec des blocs de ciment. Des dizaines de policiers surveillent les lieux en permanence. Pour accéder à certains coins proches de l’ambassade, il faut indiquer sa destination avec précision et accepter de se faire fouiller minutieusement. Mais il y a quelques jours, l’ambassade a annoncé une nouvelle qui va faire plaisir aux habitants. Un nouveau système de sécurité électronique va être installé aux abords de l’ambassade, ce qui signifie la fin des désagréments causés par le dispositif de sécurité et la levée des barrages de contrôle. « Ce nouveau système électronique sera capable de détecter les bombes et il n’y aura plus besoin de ces barrages qui gênent les habitants », indique un responsable de l’ambassade des Etats-Unis. Il affirme toutefois que la décision de rouvrir les rues à proximité de l’ambassade appartient au ministère de l’Intérieur.

C’est en 2003, à l’issue de l’invasion américaine de l’Iraq, que ce dispositif de sécurité a été installé. Craignant des représailles contre l’ambassade, les appareils de sécurité avaient alors entièrement bouclé la zone. Les habitants du quartier affirment vivre dans un calvaire depuis 5 ans. « Cela fait plus de deux ans que nous ne recevons personne chez nous. Nos amis et nos proches n’aiment pas venir ici à cause des désagréments liés à la sécurité. Les officiers leur demandent de garer leurs véhicules loin des lieux », explique Mohamad, un ingénieur qui habite l’immeuble situé en face de l’ambassade. Il affirme ne pas être en mesure de faire venir des ouvriers pour effectuer des travaux de maintenance dans son appartement. « Un jour, j’ai demandé le service d’entretien des climatiseurs. Lorsqu’ils se sont présentés, les agents de police qui montent la garde dans la rue leur ont dit que l’accès était interdit et qu’ils devaient rebrousser chemin ». Mais ce n’est pas tout. Outre les désagréments quotidiens vécus par les habitants, les propriétaires des magasins et des bazars souffrent à cause de la baisse du nombre de clients. Hani et Hicham Al-Gabri, propriétaires d’un bazar à proximité de l’ambassade, affirment avoir perdu des milliers de L.E. à cause des mesures de sécurité draconiennes. « Les véhicules ne peuvent pas accéder à cette zone, même ceux qui transportent des touristes. Le résultat a été que les groupes touristiques ont arrêté de venir. Rien ne les oblige en effet à marcher à pied et s’exposer à la fouille et aux chiens policiers pour acheter des marchandises qu’ils peuvent se procurer dans d’autres lieux plus faciles d’accès », se plaint Hicham. Et d’expliquer qu’un mois entier peut passer sans qu’un seul touriste ne vienne.

Dans de telles conditions, de nombreux propriétaires de magasins ont décidé de changer d’activité, d’autres ont tenté en vain de vendre leur magasin. « Personne ne veut acheter dans cette zone maudite », explique Ossama, un autre propriétaire de magasin, en affirmant que le marché de l’immobilier dans ce quartier a connu une grande chute. Avec cette mauvaise situation, certains propriétaires de magasins ont décidé d’engager un procès contre le gouverneur du Caire, le ministère de l’Intérieur et le premier ministre pour demander des indemnités à cause des dégâts causés par les mesures de sécurité. « Avant d’engager ce procès, on a envoyé nos plaintes auprès de plusieurs instances, mais personne n’a répondu et on a demandé au premier ministre de nous exempter d’impôts jusqu’à l’amélioration de notre statut et personne n’a voulu nous entendre », lance Abdel-Hamid, propriétaire de magasin. Et de conclure : « Même si l’ambassade met en place un nouveau système de sécurité, le ministère de l’Intérieur ne va rien changer. Donc pour nous, la justice est le seul recours ».

Sabah Sabet

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