OMC.
En pleine crise alimentaire mondiale, et avant la reprise du
cycle de Doha, l’Organisation cherche un pré-accord sur les
dossiers sensibles.
Dernières chances pour Doha
L’envolée des prix des produits alimentaires dans le
monde entier serait-elle une solution non arrangée au dégel
des négociations bloquées du cycle de Doha à l’Organisation
Mondiale du Commerce (OMC) ? « Il est vrai qu’à ce jour, les
négociations sont bloquées. Mais la question de la crise
alimentaire ne semble pas encore un facteur entravant ou
progressant les négociations. Le blocage vient de la liste
des produits sensibles », souligne Walid Al-Nozahi, chef de
l’Unité des négociations avec l’OMC auprès du ministère
égyptien de l’Industrie et du Commerce. Et d’ajouter : «
D’ailleurs, la crise alimentaire n’est pas encore à l’ordre
du jour des négociations de l’OMC. On ne peut pas nier son
importance et son impact. Mais pour l’instant, il n’est pas
prévu de l’aborder. Il se peut qu’elle soit incluse dans les
négociations mais plus tard, lorsque la question des
produits sensibles sera résolue ». En tête des divergences
dans les négociations à l’OMC, le dossier agricole. C’est
justement pour tenter d’y mettre fin qu’une réunion du
comité agricole de l’OMC s’est tenue le 30 avril et ainsi
préparer un nouveau round de négociations en juin prochain.
Lancées en 2001, les négociations de Doha visent à
libéraliser le commerce mondial en favorisant le
développement. Sur la question agricole, les pays du Sud
militent pour une réduction des subventions et des barrières
douanières. Quant à ceux du Nord, ils veulent un accès plus
large aux marchés industriels et des services des pays
émergents.
Pascal Lamy, président de l’OMC, estime justement que
le contexte actuel nécessite de boucler les négociations
dans la mesure où « les subventions agricoles des pays
riches ont détruit l’agriculture des pays pauvres, et un
système plus ouvert subira moins de distorsions ». A l’heure
actuelle, les accords du GATT (Accord général sur les tarifs
douaniers et le commerce) de 1994 autorisent les pays en
développement à imposer des restrictions à l’exportation.
Cette politique de limitation des exportations est
actuellement aussi en cours de discussion. Or, pour Peter
Mandelson, commissaire européen au Commerce, une telle
politique pourrait aggraver la situation des pays les plus
défavorisés et ne constitue qu’une « illusion de sécurité
alimentaire ».
Ibtessam
Zayed