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Réduction de la Dette.
Les pays développés cherchent à attirer les liquidités du
Golfe avec des obligations islamiques (sokouks). Malgré les
appels internes, l’Egypte refuse d’appliquer la méthode.
Explications.
Les titres islamiques ne passent pas
Au vu des efforts de nombreux pays pour introduire dans leur
législation les obligations islamiques (sokouks), ces
dernières semblent avoir plus que jamais le vent en poupe.
Même la Grande-Bretagne étudie actuellement la mise en œuvre
d’une loi qui permettrait l’utilisation des sokouks dans le
financement de son déficit budgétaire. Alors que le
Parlement indonésien a voté le mois dernier un projet de loi
pour émettre ce genre de titre à hauteur de 63,1 milliards
de dollars, toujours dans l’objectif de résorber son
déficit.
Cette tendance générale ne pouvait que relancer en Egypte la
polémique sur le recours à cet instrument pour faire face au
déficit budgétaire qui s’élèvera à 71 milliards de dollars
pour l’année financière 2008/2009. « L’utilisation
d’instruments islamiques tels que les sokouks est devenue
une tendance internationale. Par l’émission de ces titres,
les pays développés veulent attirer le surplus de liquidités
dans les pays du Golfe, qui avoisine les 5 000 milliards de
dollars », explique Mohamad Abdel-Halim Omar, directeur du
Centre islamique Saleh Kamel, qui appelle le gouvernement à
opter vite pour ce choix. Il explique que les sokouks
diffèrent des autres instruments tels que les bons du Trésor
: « Tout d’abord, les sokouks sont soumis à un taux
d’intérêt variable, alors que les intérêts sur les bons du
Trésor sont fixes. Ensuite, la valeur de cet outil est
investie dans l’achat d’un bien immobilier sur une période
d’une année à l’issue de laquelle le créancier devient
propriétaire ». Omar ajoute que ces instruments sont bien
connus dans les pays du Golfe avec un volume annuel de 10
milliards de dollars.
Cet appel égyptien intervient au moment où le gouvernement
affronte une contestation populaire suite à l’augmentation
des prix des carburants pour financer la hausse de 30 % du
salaire des fonctionnaires. Mais il est jugé inutile par une
large catégorie d’experts qui assurent que l’Egypte n’est
pas encore prête au lancement de ces moyens de financements.
Ismaïl Hassan, ex-gouverneur de la Banque Centrale d’Egypte
et PDG de la Banque Misr-Iran, souligne ainsi que le
lancement de ce type d’outils doit être précédé de
réflexions et d’études. « Même le secteur privé ne recourt
pas à cet outil, car mal encadré », commente-t-il. De leur
coté, les responsables du ministère des Finances refusent de
commenter le sujet, sans vraiment écarter la possibilité
d’étudier l’application de cette alternative. « Nous sommes
prêts à étudier l’introduction de tout nouvel outil pour
financer nos déficits, s’il est moins cher que les autres »,
souligne Hani Qadri, conseiller du ministre des Finances.
Mais Abdel-Fattah Al-Guébali, ex-conseiller du ministre des
Finances, écarte ouvertement la possibilité d’introduire ce
type d’instruments pour des raisons politiques. D’ailleurs
pour lui, le déficit budgétaire est financé soit par
l’endettement sur les marchés financiers à travers
l’émission d’obligations et de bons du Trésor qui ne
représentent que 7,9 % du total de la dette extérieure, soit
par l’endettement direct auprès d’autres pays et
organisations internationales.
Pour Faïqa Al-Réfai, ex-adjoint du gouverneur de la Banque
Centrale d’Egypte, « l’adoption de cette alternative
bénéficiera à l’économie égyptienne. Elle constituera en
quelque sorte une restructuration de la dette extérieure ».
Elle justifie son opinion par le fait qu’actuellement il est
préférable de s’endetter en dollar dont le taux d’intérêt
est de 2 % seulement, alors que les intérêts sur les bons du
Trésor et les obligations sont de 6 % en moyenne. « Donc, le
gouvernement pourrait bénéficier de la baisse du coût
d’émission de ce nouvel outil », avance-t-elle, en écartant
l’augmentation du fardeau de la dette extérieure, jugée dans
les bonnes limites. « L’Egypte peut rembourser ses dettes et
les services de la dette avec son large montant de réserves
internationales qui dépassaient les 33 milliards de dollars
le mois dernier », souligne-t-elle.
Gilane Magdi
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Peu de créanciers privés
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Le
montant des bons du Trésor gouvernementaux ne représente que 7,9
% du total de la dette extérieure. Cette somme se partage comme
suit : 1,3 milliard de dollars en bons du Trésor, 0,3 milliard
de dollars en obligations souveraines et 1 milliard de dollars
des Eurobonds en LE. Quant aux dettes multilatérales, celles
auprès du Club de Paris sont de 19,9 milliards de dollars, soit
60,7 % de la dette extérieure. Les 4 grands pays créditeurs de
l’Egypte sont la France (15 %), l’Allemagne (12,1 %), les
Etats-Unis (12 %) et le Japon (10,3 %). Alors que les dettes
auprès des pays arabes ne représentent que 4,2 % de la dette
extérieure. |
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Dans
les bonnes limites
La dette extérieure égyptienne a augmenté de 10 % au cours
des 6 derniers mois pour atteindre 32,8 milliards de dollars
en décembre 2007, contre 28,9 milliards de dollars en juin
2007.
Les
services de la dette ont aussi augmenté durant cette période
de 45,4 millions de dollars pour avoisiner les 1,3 milliard
de dollars en décembre 2007. Cette hausse est justifiée par
l’augmentation des intérêts sur les paiements de la dette à
0,3 milliard de dollars.
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