Al-Ahram Hebdo,Monde | L’heure est encore aux tergiversations
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 28 mai au 3 juin 2008, numéro 716

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Idées

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Monde

Iran. A la veille de la publication d’un nouveau rapport de l’AIEA sur les activités nucléaires iraniennes, le jeu du chat et de la souris se poursuit de plus belle entre la communauté internationale et le régime iranien.

L’heure est encore aux tergiversations

A quelques jours de la publication d’un nouveau rapport de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) sur les activités nucléaires iraniennes prévue du 2 au 6 juin à Vienne, la communauté internationale tente de porter le régime iranien, décidé à poursuivre l’enrichissement de l’uranium, à faire marche arrière. Comme les précédents, le prochain rapport devrait confirmer que Téhéran a ignoré, malgré trois séries de sanctions, les demandes du Conseil de sécurité de l’Onu, réclamant l’arrêt de ses activités d’enrichissement d’uranium.

Tenant le bâton d’une main et maniant la carotte de l’autre, les grandes puissances ont haussé le ton, cette semaine, en menaçant le régime iranien de nouvelles sanctions, s’il ne renonce pas vite à ses activités nucléaires. Les Européens ont affirmé être prêts à adopter de nouvelles sanctions contre des institutions financières iraniennes. Ces nouvelles sanctions devraient notamment frapper la grande banque commerciale iranienne Melli Bank, en interdisant à ses bureaux européens — situés à Londres, Hambourg et Paris — de fonctionner. Certains experts pronostiquent aussi que l’Union européenne pourrait bien interdire les vols d’Iran Air vers l’Europe si Téhéran ne stoppe pas l’enrichissement.

Quant aux Etats-Unis, ils étaient plus tranchants que jamais cette semaine, affirmant qu’ils continueront à imposer « avec la plus grande fermeté » des sanctions unilatérales à l’Iran, tant qu’il n’aura pas renoncé à son programme d’enrichissement de l’uranium : « Nous continuerons à sanctionner des entités tant que nous les découvrirons en train d’essayer de pénétrer le système financier international pour leurs petits jeux malhonnêtes. Oui, nous continuerons à le faire et nous le ferons de façon agressive », a menacé la secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice.

Plus grave encore. Le scénario d’une possible frappe militaire américaine revient sur le devant de la scène cette semaine. Selon les experts, la rhétorique de « va-t-en guerre » hante toujours M. Bush persuadé que l’Iran est une puissance fort dangereuse pour toute la planète. Même si ce scénario demeure pour le moment « difficile », le président Bush, dont le mandat expirera en novembre, ne l’a pas pourtant écarté. « On ne peut pas éliminer complètement l’option d’une frappe militaire même si elle semble pour le moment difficile. Il se peut que Washington frappe l’Iran à l’improviste avant que le mandat de Bush n’expire. Bush même n’a pas exclu cette option ces derniers jours. De toute façon, toutes les sanctions et même l’option militaire seront sans lendemain, car l’Iran ne rebroussera jamais chemin. Même la Banque de Melli que les Européens veulent sanctionner est déjà sanctionnée et certains pays du Golfe comme Bahreïn et les Emirats arabes unis l’ont déjà boycottée. L’Iran semble prêt à endurer toutes les pertes, mais ne jamais céder d’un iota sur le nucléaire », analyse Mohamad Abbass, expert politique.

Les grandes puissances ont affirmé cette semaine qu’elles n’appliqueront aucune nouvelle sanction avant une offre « rafraîchie » de coopération, selon les termes de la présidence slovène de l’UE. Ce nouveau paquet d’offres doit être présenté prochainement à l’Iran par le porte-parole de la diplomatie européenne, Javier Solana. L’Iran a jusqu’ici rejeté l’offre de coopération des grandes puissances, conditionnée à la suspension par Téhéran de ses activités d’enrichissement.

 

Téhéran garde la porte entrouverte

Soufflant le chaud et le froid comme d’habitude, Téhéran a gardé cette semaine la porte entrouverte avec l’Occident, en affirmant être prêt à entamer des négociations « sérieuses et ciblées » avec les grandes puissances sur une vaste étendue de sujets économiques, politiques et aussi nucléaires. Prouvant sa bonne volonté, le régime iranien a transmis, il y a quelques jours, aux « Grands » un nouveau paquet de « d’offres » alléchantes. La République islamique estime qu’il subsiste un éventail de questions, comme celles en rapport avec la sécurité, les événements de la région et du monde, l’énergie atomique, le terrorisme, la démocratie, etc. qui nécessitent une vaste coopération entre l’Iran et la communauté internationale. Ces questions, avec d’autres comme la lutte contre le trafic de drogues, la protection de l’environnement, l’économie, la technologie, le commerce et spécialement l’énergie, ouvrent des perspectives extraordinaires à une étroite coopération constructive. Cherchant toujours à gagner du temps, l’Iran a indiqué, vendredi, avoir donné son accord de principe pour une nouvelle visite à Téhéran de Javier Solana, mais qu’aucune date n’était encore fixée.

« En effet, toutes ces propositions iraniennes n’ont pas séduit les grandes puissances, car elles n’ont pas mentionné l’arrêt de l’enrichissement de l’uranium, principale revendication des Européens et des Etats-Unis. L’Occident a bien compris le stratagème iranien qui consiste à gagner du temps. Ce sont de simples manœuvres iraniennes », analyse Mohamad Abbass, sans exclure l’idée d’un possible accord conclu à l’improviste entre Téhéran et les Grands. « N’oublions pas que l’Iran cause des tracas aux Etats-Unis que ce soit en Iraq, en Palestine ou au Liban. Plus la pression sur l’Iran s’accroît, plus ce pays usera de ses cartes pour perturber le sommeil de l’Occident », conclut l’expert.

Maha Al-Cherbini

 

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah -Thérèse Joseph
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.