Al-Ahram Hebdo, Afrique |
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 28 mai au 3 juin 2008, numéro 716

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Idées

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Afrique

Afrique du Sud. Les attaques xénophobes, qui se sont multipliées ces derniers jours et se sont propagées dans le pays, remettent sur le tapis le problème endémique de la pauvreté dans la première puissance économique du continent. 

La stabilité en danger

Depuis plus de deux semaines, l’Afrique du Sud vit dans le chaos à cause de l’escalade des attaques xénophobes sanglantes. En effet, les Sud-Africains, confrontés à quelque 40 % de chômage et d’extrême misère, accusent de plus en plus les étrangers de prendre des emplois et de contribuer à la criminalité.

Les premières émeutes contre les immigrés africains ont éclaté dans les townships de Johannesburg le 11 mai. Depuis ce jour, les violences se sont propagées, touchant sept des neuf provinces sud-africaines. Le bilan est déjà lourd : une cinquantaine de personnes ont été tuées, des centaines blessées, 500 personnes ont été arrêtées et 16 000 ont fui les quartiers en proie aux troubles. Plus de 2 000 personnes ont également manifesté samedi dernier dans le centre de Johannesburg pour revendiquer l’arrêt des violences xénophobes. Pour les calmer, le président sud-africain Thabo Mbeki, qui avait jusque-là très peu intervenu, s’est exprimé dans un communiqué. « Nous sommes confrontés aujourd’hui à une honte et une humiliation pour notre nation où nous avons une poignée de gens, une minorité dans notre société qui commet des crimes contre d’autres Africains », a-t-il déclaré.

M. Mbeki est critiqué pour la lenteur de sa réaction à ces violences ainsi que pour ne pas avoir suffisamment combattu la pauvreté, terreau de ces violences. En outre, le gouvernement a admis qu’il était au fait des risques d’explosion de violences. Ce qui met le pouvoir en bien mauvaise posture. « Bien sûr, nous étions au courant que quelque chose couvait. C’est une chose d’être conscient qu’il y a un problème social et une autre de savoir quand l’éruption va se produire », a déclaré le ministre du Renseignement, Ronnie Kasrils, après avoir affirmé que les autorités avaient été surprises de la férocité des attaques.

Pour arrêter ces violences, le gouvernement a créé une commission d’enquête, composée de ministres nationaux et provinciaux, « pour découvrir la source de certains des problèmes », selon le ministre de la Présidence, Essop Pahad. En plus, les forces militaires ont été déployées tout au long du pays, pour la première fois depuis la fin du régime d’apartheid en 1994. Une situation qui rappelle paradoxalement l’époque où l’ancien régime de la minorité blanche avait recours à l’armée pour réprimer les émeutes des Noirs contre sa politique raciste. Cependant, certains ont estimé que le recours à l’armée était superflu et soulevé des craintes d’incidents, soulignant que les soldats n’étaient pas entraînés à contrôler les mouvements de foules. Mais, la police et les services du procureur général ont annoncé des mesures exceptionnelles pour traiter « rapidement et sévèrement » les cas de violence et envisagent la création de tribunaux spécialisés.

Dès 2007, la Commission des droits de l’homme d’Afrique du Sud avait mis en garde contre une xénophobie « croissante » après des attaques contre des Somaliens au Cap (sud-ouest). Et lorsqu’en mars dernier deux étrangers, dont un Zimbabwéen, avaient été brûlés vifs près de Pretoria, la commission avait réitéré ses « inquiétudes » et appelé au vote d’une « loi sur les crimes haineux dans le cadre de mesures pour lutter contre la xénophobie ».

Pour la première fois, l’Afrique du Sud avait présenté ses excuses pour ces attaques, par la voix de sa vice-présidente Phumzile Mlambo-Ngcuka, alors en visite au Nigeria.

Ces violences, qui ternissent l’image de la « nation Arc-en-ciel » rêvée par le héros de la lutte anti-apartheid et ex-président Nelson Mandela, portent aussi préjudice à la réputation de stabilité de la première puissance économique d’Afrique.

Maha Salem

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah -Thérèse Joseph
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.