Al-Ahram Hebdo, Voyages | A la découverte des beautés damascènes
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 Semaine du 5 au 11 Mars 2008, numéro 704

 

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Escapade. Tous les visiteurs de la Syrie rêvent de parcourir l’ancienne Damas, non seulement pour acheter des souvenirs à Souk Al-Hamidéya, mais aussi pour découvrir l’autre face de cette ville avec sa citadelle et sa mosquée.

A la découverte des beautés damascènes

Arrivé à la fin de la rue Al-Nasr dans son intersection avec la rue Al-Sawra et plus précisément dans la région connue par Al-Darwichiya à Damas, vous devez traverser la rue, descendre quelques dizaines de marches pour prendre un « escalateur » qui vous mènera à l’intérieur de l’ancien Souk d’Al-Hamidéya. Ce trajet est indispensable, puisque toute la région de l’ancienne Damas est consacrée aux piétons et il est complètement interdit aux véhicules d’y pénétrer. « C’est mieux parce que déjà la rue est entassée de gens et elle ne supportera pas les voitures. En outre, c’est mieux pour protéger les bâtiments antiques du souk de tout effet négatif causé par les vibrations ou la pollution engendrée par les voitures », explique Khaled Malas, propriétaire d’une échoppe à Hamidéya. En fait, ce souk est considéré comme l’un des marchés orientaux, voire traditionnels les plus connus, non pas à Damas seulement, mais en Orient en général.

Une fois dedans, on est tout à fait épris autant par la beauté que par l’originalité du paysage. En fait, Souk Al-Hamidéya est un genre de marché couvert unique dans sa construction. C’est une longue rue de trois kilomètres avec un plafond en forme de dômes en fer. Pourtant, la lumière du jour pénètre partout dans le souk. Ce n’est pas bizarre, puisque la contemplation du plafond dévoile des milliers de petits trous dans le béton armé. Si ces trous sont source de lumière le matin, ils sont le soir source de rêveries, puisqu’ils donnent l’impression d’un paysage stellaire. Ce qui assure non seulement une bonne source lumineuse à l’intérieur du souk, mais aussi une manière géniale d’aération d’un endroit commercial encombré. Le sol est couvert de carreaux qui nous rappellent celui du Quartier latin à Paris ou de Khan Al-Khalili en Egypte.

Des deux côtés du Souk se trouvent les magasins ou plutôt les petites boutiques en deux étages dans la plupart. Dans ces échoppes, tout se vend en commençant par les articles traditionnels de la Syrie comme les orfèvreries, les œuvres en cuivre, en argent et en arabesque, passant par les vêtements et les voiles multicolores, jusqu’aux draps et lacets ornés par la broderie fine de damas connus dans le monde entier.

L’allée principale du souk n’est pas tout. En fait, de cette allée ressortent plus de 30 autres souks plus petits et plus spécialisés qui lui sont perpendiculaires, comme celui des sérouguiya ou les selliers, Souk Al-Manakhliya ou les tamiseurs, Souk Al-Harir ou la soie, Souk Al-Khayatine ou les couturiers, Souk Al-Sagha ou l’orfèvrerie et Souk Al-Bozouriya ou les grains.

« Souk Al-Hamidéya a été construit en 1780 au temps du sultan ottoman Abdel-Hamid Ier, d’où il a pris son nom. Ce souk s’étend jusqu’à un autre nommé Al-Meskiya qui est un marché consacré aux livres et aux outils de librairie », explique Chadi Chéhabeddine, guide touristique syrien.

Temple et mosquée

Tout à fait à la fin de Souk Al-Hamidéya, le visiteur est surpris par l’existence de quatre colonnes colossales en marbre couronnées par des décorations romaines surprenantes. La surprise disparaît quand l’on sait que ce sont les débris des colonnes restant d’un grand temple construit à l’époque romaine appelé le temple de Jupiter de Damas. La cour qui existe derrière ces colonnes laisse le visiteur rêver que c’était la cour principale du temple.

D’un coup d’œil juste derrière ces colonnes, l’on trouve la porte principale de la grande mosquée des Ommeyades qui constitue en fait une partie inséparable du souk. Le visiteur ne peut pas s’empêcher de visiter la mosquée qui est perçue de loin avec sa coupole appelée Al-Nesr (l’aigle) avec ses trois minarets. Cette mosquée est, en fait, construite par le calife ommeyade Al-Walid Ibn Abdel-Malek (705-715). Après avoir franchi les grandes portes en bois forgées de la mosquée qui sont à elles seules un chef-d’œuvre de l’art islamique de Damas, on se trouve dans une grande mosquée d’une superficie de plus de 15 000 m2 avec une cour immense à ciel ouvert et quatre mihrabs (niches) qui étaient consacrés aux adeptes des quatre rites de la religion islamique. A l’intérieur de la mosquée, le visiteur est vraiment ébloui autant par la beauté que par la finesse de la mosaïque qui couvre les murs et le plafond. Ce genre de mosaïque avec ses couleurs vives est en fait une spécificité de l’art islamique de Damas. A l’intérieur de la mosquée se trouve le mausolée du prophète Shoaëb qui attire beaucoup de croyants en visite de Damas. Ce n’est pas le seul mausolée qui existe dans ce quartier. Juste à côté de la mosquée, les foules visitent le mausolée du grand commandant musulman Salaheddine Al-Ayoubi qui subit actuellement de grands travaux de restauration et de réaménagement de ses alentours. En fait, ce n’est pas la seule trace de Saladin dans la région de l’ancienne Damas, puisqu’une gigantesque statue du grand commandant devance la citadelle de Damas située juste à côté du souk Al-Hamidéya. La bibliothèque Al-Zahériya, construite par le sultan mamelouk Al-Zaher Beibars, se trouve dans le même endroit pour compléter l’image de Damas comme capitale aussi de l’histoire et du patrimoine et non seulement de la culture comme elle a été choisie cette année.

Dalia Farouq

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