Escapade.
Tous les visiteurs de la Syrie rêvent de parcourir
l’ancienne Damas, non seulement pour acheter des souvenirs à
Souk Al-Hamidéya, mais aussi pour découvrir l’autre face de
cette ville avec sa citadelle et sa mosquée.
A la découverte des beautés damascènes
Arrivé
à la fin de la rue Al-Nasr dans son intersection avec la rue
Al-Sawra et plus précisément dans la région connue par
Al-Darwichiya à Damas, vous devez traverser la rue,
descendre quelques dizaines de marches pour prendre un «
escalateur » qui vous mènera à l’intérieur de l’ancien Souk
d’Al-Hamidéya. Ce trajet est indispensable, puisque toute la
région de l’ancienne Damas est consacrée aux piétons et il
est complètement interdit aux véhicules d’y pénétrer. «
C’est mieux parce que déjà la rue est entassée de gens et
elle ne supportera pas les voitures. En outre, c’est mieux
pour protéger les bâtiments antiques du souk de tout effet
négatif causé par les vibrations ou la pollution engendrée
par les voitures », explique Khaled Malas, propriétaire
d’une échoppe à Hamidéya. En fait, ce souk est considéré
comme l’un des marchés orientaux, voire traditionnels les
plus connus, non pas à Damas seulement, mais en Orient en
général.
Une fois dedans, on est tout à fait épris autant par la
beauté que par l’originalité du paysage. En fait, Souk
Al-Hamidéya est un genre de marché couvert unique dans sa
construction. C’est une longue rue de trois kilomètres avec
un plafond en forme de dômes en fer. Pourtant, la lumière du
jour pénètre partout dans le souk. Ce n’est pas bizarre,
puisque la contemplation du plafond dévoile des milliers de
petits trous dans le béton armé. Si ces trous sont source de
lumière le matin, ils sont le soir source de rêveries,
puisqu’ils donnent l’impression d’un paysage stellaire. Ce
qui assure non seulement une bonne source lumineuse à
l’intérieur du souk, mais aussi une manière géniale
d’aération d’un endroit commercial encombré. Le sol est
couvert de carreaux qui nous rappellent celui du Quartier
latin à Paris ou de Khan Al-Khalili en Egypte.
Des deux côtés du Souk se trouvent les magasins ou plutôt
les petites boutiques en deux étages dans la plupart. Dans
ces échoppes, tout se vend en commençant par les articles
traditionnels de la Syrie comme les orfèvreries, les œuvres
en cuivre, en argent et en arabesque, passant par les
vêtements et les voiles multicolores, jusqu’aux draps et
lacets ornés par la broderie fine de damas connus dans le
monde entier.
L’allée principale du souk n’est pas tout. En fait, de cette
allée ressortent plus de 30 autres souks plus petits et plus
spécialisés qui lui sont perpendiculaires, comme celui des
sérouguiya ou les selliers, Souk Al-Manakhliya ou les
tamiseurs, Souk Al-Harir ou la soie, Souk Al-Khayatine ou
les couturiers, Souk Al-Sagha ou l’orfèvrerie et Souk
Al-Bozouriya ou les grains.
« Souk Al-Hamidéya a été construit en 1780 au temps du
sultan ottoman Abdel-Hamid Ier, d’où il a pris son nom. Ce
souk s’étend jusqu’à un autre nommé Al-Meskiya qui est un
marché consacré aux livres et aux outils de librairie »,
explique Chadi Chéhabeddine, guide touristique syrien.
Temple et mosquée
Tout
à fait à la fin de Souk Al-Hamidéya, le visiteur est surpris
par l’existence de quatre colonnes colossales en marbre
couronnées par des décorations romaines surprenantes. La
surprise disparaît quand l’on sait que ce sont les débris
des colonnes restant d’un grand temple construit à l’époque
romaine appelé le temple de Jupiter de Damas. La cour qui
existe derrière ces colonnes laisse le visiteur rêver que
c’était la cour principale du temple.
D’un coup d’œil juste derrière ces colonnes, l’on trouve la
porte principale de la grande mosquée des Ommeyades qui
constitue en fait une partie inséparable du souk. Le
visiteur ne peut pas s’empêcher de visiter la mosquée qui
est perçue de loin avec sa coupole appelée Al-Nesr (l’aigle)
avec ses trois minarets. Cette mosquée est, en fait,
construite par le calife ommeyade Al-Walid Ibn Abdel-Malek
(705-715). Après avoir franchi les grandes portes en bois
forgées de la mosquée qui sont à elles seules un
chef-d’œuvre de l’art islamique de Damas, on se trouve dans
une grande mosquée d’une superficie de plus de 15 000 m2
avec une cour immense à ciel ouvert et quatre mihrabs
(niches) qui étaient consacrés aux adeptes des quatre rites
de la religion islamique. A l’intérieur de la mosquée, le
visiteur est vraiment ébloui autant par la beauté que par la
finesse de la mosaïque qui couvre les murs et le plafond. Ce
genre de mosaïque avec ses couleurs vives est en fait une
spécificité de l’art islamique de Damas. A l’intérieur de la
mosquée se trouve le mausolée du prophète Shoaëb qui attire
beaucoup de croyants en visite de Damas. Ce n’est pas le
seul mausolée qui existe dans ce quartier. Juste à côté de
la mosquée, les foules visitent le mausolée du grand
commandant musulman Salaheddine Al-Ayoubi qui subit
actuellement de grands travaux de restauration et de
réaménagement de ses alentours. En fait, ce n’est pas la
seule trace de Saladin dans la région de l’ancienne Damas,
puisqu’une gigantesque statue du grand commandant devance la
citadelle de Damas située juste à côté du souk Al-Hamidéya.
La bibliothèque Al-Zahériya, construite par le sultan
mamelouk Al-Zaher Beibars, se trouve dans le même endroit
pour compléter l’image de Damas comme capitale aussi de
l’histoire et du patrimoine et non seulement de la culture
comme elle a été choisie cette année.
Dalia
Farouq