Al-Ahram Hebdo, Sports | Une nouvelle vie commence pour Hassan
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 Semaine du 5 au 11 Mars 2008, numéro 704

 

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Sports

Football. Hossam Hassan a été nommé entraîneur de Masri. Un pari risqué pour l’ancien joueur et le club qui fuit la relégation en D2.

Une nouvelle vie commence pour Hassan

Hossam Hassan ne perd pas son temps. A peine quatre mois après avoir résilié son contrat avec l’Ittihad d’Alexandrie, il vient d’être recruté par Masri, son ancienne équipe, mais cette fois comme entraîneur. Le président du club, Sayed Métoualli, a annoncé la nouvelle le vendredi, et comme d’habitude, Hossam sera accompagné de son jumeau, Ibrahim, au poste de directeur de la section foot. « C’est ma première expérience en tant qu’entraîneur et je tiens à ce qu’elle réussisse. C’est un pas qui vient dans la ligne de la carrière que je me suis tracée. J’ai toujours dit que je voulais devenir entraîneur après avoir terminé ma carrière de joueur et Masri sera ma première étape », a déclaré Hassan lors de la conférence de presse qu’il a animée avant d’entamer officiellement sa mission. C’est un grand défi pour le légendaire attaquant d’Egypte qui va prendre une équipe en pleine galère vu que Masri n’est qu’à la 14e place du classement avec 16 points récoltés en 18 journées. « On m’a beaucoup conseillé de ne pas commencer avec une mission si difficile et d’entamer ma carrière avec un petit club loin de la pression d’un grand public comme celui de Masri. Mais j’ai préféré relever le défi, surtout que j’adore le public de Port-Saïd et je suis sûr qu’il m’aidera dans ma tâche afin de sauver l’équipe de sa tourmente », explique l’ancien attaquant d’Ahli, Zamalek, Masri, Tersana et Ittihad.

Hassan n’est pas le premier en Egypte à avoir tenté cette expérience vu qu’Ahmad Al-Kass l’a déjà devancé en 2002 lorsqu’il a eu un cours séjour avec l’Olympique d’Alexandrie en deuxième division, mais cette affaire-là a fait de grands échos. « Le moins que je puisse dire, c’est que c’est un grand risque pour lui et pour Masri. C’est une expérience très difficile en début de sa carrière qui risque de lui laisser de mauvaises conséquences en cas d’échec, de même que Masri joue son avenir en championnat », explique Anouar Salama, ancien sélectionneur national et entraîneur d’Enppi. Dans l’autre clan, il y a la nouvelle génération d’entraîneurs égyptiens qui bien sûr soutient ses doyens. « Hossam a 42 ans et possède une énorme expérience, alors, il faut lui donner la chance. Le cas s’est déjà observé avec grand succès en Europe. Le problème est juste dans notre culture, car on n’est pas encore habitué à ce genre de situation », explique Hani Ramzi, ancien capitaine des Pharaons, passé en tant qu’entraîneur par Enppi la saison passée.

 

La part des choses

Le débat de la place des jeunes joueurs retraités au poste d’entraîneurs a été ouvert en Europe dans les années 1990. Le légendaire attaquant néerlandais Ruud Gullit avait pris les rennes de Chelsea (D1 Ang) pour deux saisons (1996–1998) avant ensuite que l’international italien Gianluca Vialli ne lui succède (1998–2000), et tous deux venaient juste de prendre leur retraite. Mais ces expériences n’avaient pas eu de grands échos, car à l’époque, Chelsea n’était pas le ténor qu’il est devenu depuis son rachat par le milliardaire russe Roman Abramovich. Le phénomène a surtout fait parler de lui dans les années 2000 avec l’arrivée d’une génération de grands joueurs aux commandes des sélections, alors que leurs palmarès d’entraîneur étaient encore vierges. En 2004, l’Allemand Jurgen Klinsmann, le Néerlandais Marco Van Basten et le Bulgare Hristo Stoitchkov ont été nommés à la barre de leurs équipes nationales. Certains disaient que de tels anciens joueurs étaient parfaits au poste d’entraîneurs puisque dotés d’une vaste expérience internationale et nationale et entraînés par les meilleurs ... en plus de leur mentalité proche des joueurs actuels. D’un autre côté, les détracteurs affirmaient que la sagesse, une bonne vision et une gestion du jeu passaient avant l’expérience comme l’illustrent le Brésilien Carlos Alberto Parreira, champion du monde en 1994, et José Mourinho, champion d’Europe avec Porto et double champion d’Angleterre avec Chelsea, qui n’ont pas mené de carrières de footballeurs.

La Coupe du monde 2006 a permis d’étayer un peu plus le débat et faire la part des choses : l’Allemagne, dirigée par le jeune ancien joueur Klinsmann, a terminé médaillée de bronze, les Pays-Bas, quarts de finalistes grâce à Van Basten, tandis que Stoitchkov n’a pas trouvé avec la Bulgarie les bons outils pour qualifier son pays au Mondial. L’expérience a donc été réussie et désormais de plus en plus de clubs et pays cherchent à louer les services de leurs anciennes vedettes des pelouses. Hassan est plus qu’une vedette, c’est une légende en Egypte. Il a toujours répondu présent face aux défis et dépassé les attentes. Sera-t-il fidèle à sa réputation en tant qu’entraîneur ? Réponse dans quelques mois.

Karim Farouk

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