Football.
Hossam Hassan a été nommé entraîneur de Masri. Un pari
risqué pour l’ancien joueur et le club qui fuit la
relégation en D2.
Une nouvelle vie commence pour Hassan
Hossam
Hassan ne perd pas son temps. A peine quatre mois après
avoir résilié son contrat avec l’Ittihad d’Alexandrie, il
vient d’être recruté par Masri, son ancienne équipe, mais
cette fois comme entraîneur. Le président du club, Sayed
Métoualli, a annoncé la nouvelle le vendredi, et comme
d’habitude, Hossam sera accompagné de son jumeau, Ibrahim,
au poste de directeur de la section foot. « C’est ma
première expérience en tant qu’entraîneur et je tiens à ce
qu’elle réussisse. C’est un pas qui vient dans la ligne de
la carrière que je me suis tracée. J’ai toujours dit que je
voulais devenir entraîneur après avoir terminé ma carrière
de joueur et Masri sera ma première étape », a déclaré
Hassan lors de la conférence de presse qu’il a animée avant
d’entamer officiellement sa mission. C’est un grand défi
pour le légendaire attaquant d’Egypte qui va prendre une
équipe en pleine galère vu que Masri n’est qu’à la 14e place
du classement avec 16 points récoltés en 18 journées. « On
m’a beaucoup conseillé de ne pas commencer avec une mission
si difficile et d’entamer ma carrière avec un petit club
loin de la pression d’un grand public comme celui de Masri.
Mais j’ai préféré relever le défi, surtout que j’adore le
public de Port-Saïd et je suis sûr qu’il m’aidera dans ma
tâche afin de sauver l’équipe de sa tourmente », explique
l’ancien attaquant d’Ahli, Zamalek, Masri, Tersana et
Ittihad.
Hassan n’est pas le premier en Egypte à avoir tenté cette
expérience vu qu’Ahmad Al-Kass l’a déjà devancé en 2002
lorsqu’il a eu un cours séjour avec l’Olympique d’Alexandrie
en deuxième division, mais cette affaire-là a fait de grands
échos. « Le moins que je puisse dire, c’est que c’est un
grand risque pour lui et pour Masri. C’est une expérience
très difficile en début de sa carrière qui risque de lui
laisser de mauvaises conséquences en cas d’échec, de même
que Masri joue son avenir en championnat », explique Anouar
Salama, ancien sélectionneur national et entraîneur d’Enppi.
Dans l’autre clan, il y a la nouvelle génération
d’entraîneurs égyptiens qui bien sûr soutient ses doyens. «
Hossam a 42 ans et possède une énorme expérience, alors, il
faut lui donner la chance. Le cas s’est déjà observé avec
grand succès en Europe. Le problème est juste dans notre
culture, car on n’est pas encore habitué à ce genre de
situation », explique Hani Ramzi, ancien capitaine des
Pharaons, passé en tant qu’entraîneur par Enppi la saison
passée.
La part des choses
Le débat de la place des jeunes joueurs retraités au poste
d’entraîneurs a été ouvert en Europe dans les années 1990.
Le légendaire attaquant néerlandais Ruud Gullit avait pris
les rennes de Chelsea (D1 Ang) pour deux saisons (1996–1998)
avant ensuite que l’international italien Gianluca Vialli ne
lui succède (1998–2000), et tous deux venaient juste de
prendre leur retraite. Mais ces expériences n’avaient pas eu
de grands échos, car à l’époque, Chelsea n’était pas le
ténor qu’il est devenu depuis son rachat par le milliardaire
russe Roman Abramovich. Le phénomène a surtout fait parler
de lui dans les années 2000 avec l’arrivée d’une génération
de grands joueurs aux commandes des sélections, alors que
leurs palmarès d’entraîneur étaient encore vierges. En 2004,
l’Allemand Jurgen Klinsmann, le Néerlandais Marco Van Basten
et le Bulgare Hristo Stoitchkov ont été nommés à la barre de
leurs équipes nationales. Certains disaient que de tels
anciens joueurs étaient parfaits au poste d’entraîneurs
puisque dotés d’une vaste expérience internationale et
nationale et entraînés par les meilleurs ... en plus de leur
mentalité proche des joueurs actuels. D’un autre côté, les
détracteurs affirmaient que la sagesse, une bonne vision et
une gestion du jeu passaient avant l’expérience comme
l’illustrent le Brésilien Carlos Alberto Parreira, champion
du monde en 1994, et José Mourinho, champion d’Europe avec
Porto et double champion d’Angleterre avec Chelsea, qui
n’ont pas mené de carrières de footballeurs.
La Coupe du monde 2006 a permis d’étayer un peu plus le
débat et faire la part des choses : l’Allemagne, dirigée par
le jeune ancien joueur Klinsmann, a terminé médaillée de
bronze, les Pays-Bas, quarts de finalistes grâce à Van
Basten, tandis que Stoitchkov n’a pas trouvé avec la
Bulgarie les bons outils pour qualifier son pays au Mondial.
L’expérience a donc été réussie et désormais de plus en plus
de clubs et pays cherchent à louer les services de leurs
anciennes vedettes des pelouses. Hassan est plus qu’une
vedette, c’est une légende en Egypte. Il a toujours répondu
présent face aux défis et dépassé les attentes. Sera-t-il
fidèle à sa réputation en tant qu’entraîneur ?
Réponse
dans quelques mois.
Karim
Farouk