Changements Cimatiques. Une session extraordinaire du Programme des Nations-Unies pour l’Environnement (PNUE) s’est tenue à Monaco sur les moyens financiers consacrés aux dérèglements.
Les défis du financement
Augmentation des grands ouragans, fonte accélérée des glaces, réduction de la biodiversité, acidification des océans : l’Onu fait état d’une menace globale, croissante et multiforme sur l’environnement, dans un rapport publié la semaine dernière à Monaco. Une centaine de ministres de l’Environnement, des experts, des scientifiques, des personnalités économiques se sont réunis à Monaco du 20 au 22 février à l’occasion d’une session extraordinaire du Programme des Nations-Unies pour l’Environnement (PNUE), consacrée aux financements du défi climatique.
Dans son rapport annuel, publié à l’occasion de ce rassemblement, le PNUE a évoqué la fonte accélérée des glaciers qui contribue pour une large part à la hausse du niveau des mers. Les glaciers des Alpes européennes ont perdu près des deux tiers de leur volume initial et ce phénomène va s’accélérant. Les grands glaciers du plateau tibétain (5,94 millions d’hectares) ont diminué de 7 %, avec pour conséquence une hausse de 5,5 % des écoulements d’eau dans l’ouest de la Chine, a indiqué le rapport. La menace à la biodiversité s’accentue. « Les données actuelles avancent l’image d’un déclin constant de la biodiversité qui a été baptisé crise d’extinction mondiale », a noté le rapport. Le nombre d’espèces en danger est passé de 16 118 en 2006 à 16 306 en 2007. Particulièrement vulnérables, tous les grands singes sont désormais classés comme étant en danger ou très fortement menacés, en particulier le gorille occidental, reclassifié en 2007 comme espèce en danger critique d’extinction, en raison de la chasse et du virus Ebola.
Les changements climatiques ont un impact direct sur les océans. En se dissolvant dans les océans, les émissions de carbone, produites par les activités humaines, accroissent l’acidification du milieu marin. Les récifs coralliens sont également menacés. selon le PNUE. Les « ouragans majeurs », ayant des vitesses de vent, supérieure aux 175 km/h, ont augmenté de façon significative.
Selon le chef du PNUE, l’action combinée des changements climatiques, de la surpêche et de la pollution pourrait mener à l’effondrement des réserves mondiales de poisson dans les décennies à venir. Un ralentissement des courants marins, conséquence possible du réchauffement, risquerait d’interrompre pour un siècle les déplacements de substances nutritives vers les zones de pêche les plus exploitées.
Dans ce tableau sombre, les experts de l’Onu ont fait état de quelques « signes encourageants » comme l’augmentation sensible des investissements orientés vers le développement durable. « Des centaines de milliards de dollars sont à présent placés dans les technologies énergétiques propres et renouvelables et des trillions (milliers de milliards) de dollars sont en attente », a affirmé Achim Steiner, directeur exécutif du PNUE.
Agences
En bref
Colloque international
Dans le cadre du Programme méditerranéen pour l’environnement, (SMAP), parrainé par l’Union européenne, les travaux du colloque international intitulé « Durabilité du tourisme et gestion des régions côtières » ont eu lieu du 19 au 21 février à Istanbul. Ces travaux se sont penchés sur les défis auxquels font face les pays de la Méditerranée pour maintenir les taux élevés et continus du tourisme tout en interdisant la détérioration de l’environnement et celle de l’infrastructure. Durant les trois jours du colloque, les représentants de la Tunisie, du Maroc, de l’Algérie, de l’Egypte, de la Jordanie, de l’Autorité palestinienne, d’Israël, du Liban, de la Syrie et de la Turquie ont discuté également de l’élaboration des plans visant le développement durable, notamment dans les zones côtières, tout en prenant en considération toutes les activités humaines dans les domaines de l’agriculture, l’industrie, la pisciculture et la conservation de la nature.
Biodiversité
Selon des chercheurs de l’Institut de Recherche sur le Développement (IRD), la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) de 1992 n’a pas permis de créer un marché pour valoriser les richesses bio-génétiques des pays du Sud, mais elle a aidé les peuples autochtones sur le terrain politique. La CDB a été signée à l’époque du mythe de l’or vert lorsque les écosystèmes tropicaux étaient considérés comme une source majeure d’innovation et un objet de convoitise par les grands groupes pharmaceutiques. « L’industrie pharmaceutique ne fonctionne plus selon l’idée qu’il faut de la bioprospection », a expliqué Catherine Aubertin, économiste de l’IRD. Cette activité, qui prend parfois un caractère de piraterie lorsqu’elle n’est pas régie par des accords internationaux, est souvent sous-traitée par les industriels à la recherche publique ou à des ONG, moins suspectes de pillage de ressources par les pays du Sud. Les chercheurs de l’IRD soulignent qu’ il est important que les scientifiques des pays du Sud, à travers des partenariats avec des universités des pays riches, acquièrent les connaissances nécessaires pour mieux négocier dans l’arène internationale sur les questions de biodiversité.