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 Semaine du 5 au 11 Mars 2008, numéro 704

 

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Egypte

Diplomatie. La nouvelle ambassadrice des Etats-Unis au Caire, Margaret Scobey, doit prendre ses fonctions en mai prochain. 

Une représentante contestée d’avance 

La prochaine ambassadrice des Etats-Unis en Egypte actuellement en poste à Damas, Margaret Scobey, a soulevé un déluge de critiques dans les milieux proches du gouvernement en déclarant avoir l’intention de poursuivre les pressions sur l’Egypte pour améliorer la situation des droits de l’homme et inciter le gouvernement égyptien à accomplir une réforme politique. Scobey, récemment désignée par le président Bush, a également affirmé que la situation des droits de l’homme en Egypte « laisse à désirer » et que d’énormes progrès doivent encore être réalisés dans ce domaine. Elle a, à cet égard, critiqué la poursuite en justice de sept rédacteurs en chefs de journaux indépendants, les restrictions imposées aux organisations non gouvernementales opérant en Egypte et l’emprisonnement d’Aymane Nour.

Affichant un profil plus politique que diplomatique contrairement à celui de son prédécesseur Richard Ricciardone, Scobey avait déjà fait parler d’elle en 2005 lorsqu’elle a quitté Damas en guise de protestation contre l’assassinat de l’ancien premier ministre libanais Rafiq Al-Hariri.

Margaret Scobey a entamé sa carrière de diplomate en 1981. Elle a travaillé dans plusieurs capitales du Moyen-Orient, comme Sanaa, Koweït, Riyad, Damas et Bagdad. L’année dernière, elle est devenue conseillère spéciale de la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice, et ce avant d’être nommée récemment ambassadrice des Etats-Unis au Caire, où elle doit prendre ses fonctions au mois de mai prochain. Au cours des dernières semaines, certains éditorialistes l’ont l’accusée d’incompétence, ou de ne pas « savoir rester à sa place ». Les propos de Scobey ont même été considérés comme une « ingérence inacceptable dans les affaires internes de l’Egypte et une interférence dans la souveraineté du pays », comme le souligne l’ancien ambassadeur, Mahmoud Choukri. La nomination au Caire d’une femme connue pour ses prises de positions directes et ses critiques ouvertes envers les régimes arabes peut-elle avoir une signification particulière ? Est-ce le signe d’une volonté de Washington de hausser le ton avec Le Caire, notamment sur les questions de libertés et des droits de l’homme ? Pas nécessairement. La nomination de Scobey intervient en effet à quelques mois seulement de la fin du mandat du président Georges Bush. Sans compter que les Etats-Unis ont considérablement réduit leurs pressions visant à inciter les pays de la région à initier des réformes démocratiques. Les propos de Scobey ne seraient a priori pas le reflet d’un changement d’attitude de l’Administration américaine envers l’Egypte. Cependant, sa nomination donnera inévitablement lieu à des « escarmouches » entre l’Egypte et les Etats-Unis. Toujours est-il que des représentants des organisations des droits de l’homme ont critiqué l’attitude qui consiste à rejeter automatiquement toute critique sur les droits de l’homme. C’est notamment l’avis de Bahieddine Hassan, directeur de l’Institut du Caire pour les droits de l’homme. « A chaque fois que l’on soulève ces sujets, on s’empresse d’attaquer la communauté internationale d’interférence ou d’ingérence dans des affaires internes, comme il a été, par exemple, le cas de la condamnation de la dernière résolution du Parlement européen demandant la libération d’Aymane Nour », avance-t-il. Et de conclure : « Il est très facile de refuser toute critique portant sur ces sujets importants, en les taxant d’ingérence, car cela aide à détourner les attentions sur leurs contenus et à éviter d’en discuter ».

Randa Achmawi

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