Al-Ahram Hebdo, Egypte | L’Egypte dénonce l’escalade israélienne
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 5 au 11 Mars 2008, numéro 704

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Livres

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Egypte

Diplomatie. Le président Moubarak a reçu mardi au Caire la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice. Au centre des discussions : la flambée de la violence à Gaza et le suivi des accords d’Annapolis. 

L’Egypte dénonce l’escalade israélienne 

Pour sa deuxième visite dans la région en l’espace de 6 mois, la secrétaire d’Etat américaine, arrivée mardi au Caire, doit se rendre également à Ramallah et à Jérusalem. Officiellement, il s’agit de relancer les accords d’Annapolis conclus en novembre dernier et parrainés par les Etats-Unis. Cependant, l’évolution des événements dans la région a jeté son ombre sur l’ordre du jour de la visite. Celle-ci intervient tout d’abord au moment où Israël a intensifié ses attaques dans la bande de Gaza, ce qui menace les fragiles efforts de paix entre Israéliens et Palestiniens et laisse augurer une escalade dans les territoires palestiniens. Ensuite, la visite de Mme Rice intervient en pleine crise libanaise. En effet, le Liban n’a toujours pas de président, alors que le mandat d’Emile Lahoud a expiré depuis déjà trois mois. Et jusqu’à présent l’initiative lancée par la Ligue arabe et soutenue par l’Egypte et l’Arabie saoudite pour mettre d’accord les différentes parties libanaises n’a abouti à rien. Ces deux questions précisément ont été au centre des discussions de la secrétaire d’Etat américaine au Caire.

D’abord, la situation dans les territoires palestiniens. Une semaine avant sa visite, Condoleezza Rice avait réitéré ses critiques envers l’Egypte sur la question de la contrebande d’armes en direction d’Israël. Washington souhaite que Le Caire accentue ses efforts pour empêcher cette contrebande qui transite par le Sinaï. Or, l’Egypte qui estime avoir freiné cette contrebande veut orienter les négociations sur les moyens d’arrêter le cycle de la violence qui pourrait broyer les négociations de paix d’Annapolis. Celle-ci s’étaient fixé pour objectif un accord de paix avant la fin 2008 et avant la fin de la présidence de George Bush. Le Caire a demandé à la secrétaire d’Etat américaine de s’impliquer davantage dans les pourparlers de paix sous peine de voir les accords d’Annapolis s’effondrer. « Nous avons conseillé aux Américains d’user de leur influence sur les Israéliens pour amener ces derniers à stopper la violence et poursuivre les négociations avec les Palestiniens, car le temps passe. Nous avons dit à Rice qu’il y a une grande chance pour relancer les négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens sous l’actuel chef de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbass qu’on peut considérer comme un modéré. Les Américains doivent aider Mahmoud Abbass au lieu de l’affaiblir », explique une source diplomatique ayant requis l’anonymat. Les événements à Gaza où plusieurs dizaines de Palestiniens sont morts au cours des derniers jours ont eu des répercussions en Egypte. Des syndicats et des représentants de la société civile étaient mobilisés cette semaine pour appeler à la fin de l’offensive israélienne meurtrière dans la bande de Gaza et dénoncer les pertes civiles. Samedi et dimanche, plusieurs milliers d’étudiants ont manifesté dans ce même contexte. Ils étaient quelque 6 000 étudiants à manifester à l’Université d’Al-Azhar, 4 000 à l’Université du Caire et 3 000 à Alexandrie. Les manifestants ont brûlé des drapeaux israéliens et américains et brandi des slogans réclamant aux gouvernements arabes d’agir pour faire cesser l’opération israélienne. D’autre part, le chef des services de renseignements, Omar Soliman, a reporté sa visite en Israël en raison de l’escalade israélienne dans la bande de Gaza.

Condoleezza Rice, qui s’est toujours montrée réticente à intervenir dans les négociations au jour le jour, avait à plusieurs reprises souligné l’échec de ses prédécesseurs au Proche-Orient affirmant qu’elle préférait utiliser ses propres méthodes. Les responsables égyptiens, tout en rappelant à la secrétaire d’Etat ses propos, tentent de l’inciter à jouer un rôle plus efficace dans la région. Pour certains observateurs, cette visite de Rice dans la région n’apportera rien, car les divergences sont nombreuses afin de parvenir à un accord final avant fin 2008 sans compter que l’offensive israélienne à Gaza peut tout compromettre. C’est l’avis de Chadi Abdel-Aziz, professeur de sciences politiques à l’Université du Caire, « l’Administration américaine et le président Bush vont partir d’ici quelques mois sans rien faire pour la paix au Proche-Orient. Mais ce qui va rester, c’est le lobby juif. C’est ce dernier qui met la politique étrangère de la Maison Blanche et pas le président Buh », explique-t-il. Selon lui, la visite de Rice ne relancera pas la paix ni les négociations d’Annapolis. « Rice est venue au Caire pour imposer ses conceptions concernant la démocratie et la contrebande des armes vers Israël », ajoute Chadi Abdel-Aziz.

Le deuxième dossier d’intérêt pour Washington est celui du Liban. Quelques jours avant la visite de Rice, les Etats-Unis ont affrété dans la région leur navire USS Cole. Une mesure destinée à intimider la Syrie que Washington accuse d’être à l’origine de la crise libanaise. Rice a demandé à l’Egypte d’intensifier la pression sur le régime syrien, en concordance avec l’Arabie saoudite, pour permettre l’élection d’un président au Liban.

Chérif Ahmed

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.