Al-Ahram Hebdo, Arts | La création au féminin
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 Semaine du 5 au 11 Mars 2008, numéro 704

 

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Arts

Cinéma. La deuxième édition du Festival international des films de femmes se tient du 8 au 16 mars à la Bibliothèque d’Alexandrie, sous le label de soutien aux premières œuvres.

La création au féminin

« Avec plus de 25 œuvres venues des quatre coins du monde, pendant 8 jours, nous essayons de sensibiliser le public et les cinéphiles de tout âge, à une cinématographie inédite et différente », a déclaré le critique Samir Farid, responsable des activités artistiques à la Bibliothèque d’Alexandrie et directeur du festival.

Né dans une conjoncture assez défavorable aux premières tentatives des nouvelles réalisatrices, le festival favorise en premier lieu « le soutien des femmes dans leurs premiers films ».

Lancé initialement, il y a trois ans, par la société de promotion de l’audiovisuel Cadre, sous les auspices du ministère de la Culture, le festival s’est mué en un espace privilégié de discernement d’expressions féminines aux riches thèmes parfois controversés. Toutefois, la société Cadre a rencontré des problèmes financiers de taille qui ont freiné ses activités et ont eu des incidences sur le déroulement du festival. « Nous avons tout de même maintenu notre initiative de défendre le droit des cinéastes à s’exprimer et atteindre leurs fans », estime Farid.

Dans cette optique, 25 films parmi les plus marquants et les plus prometteurs ont ainsi été sélectionnés, représentant plusieurs écoles cinématographiques à découvrir.

« Cette édition est en fait riche de rencontres et de mises en place de ponts jetés entre les genres et les cultures. Nous avons interrogé la création cinématographique des femmes sous toutes ses formes », affirme Samir Farid.

Avec son inauguration le 8 mars à la Bibliothèque d’Alexandrie, le festival coïncide avec la Journée mondiale de la femme. « C’est une date célébrée partout dans le monde et qui prouve l’émancipation responsable et bien méritée de la femme », dit Farid qui avait bien trié les films de l’édition.

De même, le festival prend fin le 16 mars à l’occasion de la Journée égyptienne de la femme. Mais, entre le film mexicain d’ouverture Visions de la pluie signé par Alissa Miller récompensé de la Palme d’or au Festival de Cannes 2007 pour les courts métrages, et le documentaire égyptien de clôture, Salata baladi (salade maison) de Nadia Kamel, 23 autres longs et courts métrages ainsi que des documentaires seront projetés à l’auditorium de la Bibliotheca Alexandrina. Citons, entre autres, L’enfant de Luc et Jean-Pierre Dardennes, Palme d’or du meilleur film à Cannes 2005, 17h de l’Iranienne Samira Makhmalbaf, Parle avec elle de l’Espagnol Pedro Almodovar et Om Kolsoum : Une voix qui ressemble à l’Egypte de l’Américaine Michelle Goldman.

La liste des films sélectionnés renferme d’ailleurs tout un bouquet de projets d’étudiantes projetés au dernier Festival de Cannes, dont le film indien Souffles indiens de Raka Gouta, et Saba signé Theresa Mitris.

Par ailleurs, de grands moments marqueront la programmation du festival, dont une exposition de photos de feu la comédienne égyptienne Fatma Rochdi, commémorant le centenaire de sa naissance (1908–2008). En marge du festival, des discussions auront certes lieu entre cinéastes et cinéphiles sur l’état actuel du cinéma de la femme.

Desservant en qualité comme en quantité un kaléidoscope d’œuvres de cinéastes aussi bien confirmées que jeunes, le cinéma des femmes a dû s’inventer il y a des années en marge. Toutefois, il s’est taillé aujourd’hui une place reconnaissable sur les écrans. « Nous sommes fiers d’avoir accompagné et encouragé ce phénomène dès ses débuts et heureux de la reconnaissance dont jouissent les réalisatrices et les femmes cinéastes aujourd’hui, principalement en Europe. Notre festival contribue à son épanouissement, soulignant son impact à la fois artistique et sociologique », souligne Farid.

Bref, pendant toute une semaine, le festival propose un ensemble de films, mais aussi de dispositifs, qui permettent à chacun de faire son itinéraire selon ses goûts, ses envies, toujours pro-femme et parfois anti-masculin. Anniversaire oblige !

Yasser Moheb

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