Cinéma.
La deuxième édition du Festival international des films de
femmes se tient du 8 au 16 mars à la Bibliothèque
d’Alexandrie, sous le label de soutien aux premières œuvres.
La création au féminin
« Avec plus de 25 œuvres venues des quatre coins du monde,
pendant 8 jours, nous essayons de sensibiliser le public et
les cinéphiles de tout âge, à une cinématographie inédite et
différente », a déclaré le critique Samir Farid, responsable
des activités artistiques à la Bibliothèque d’Alexandrie et
directeur du festival.
Né dans une conjoncture assez défavorable aux premières
tentatives des nouvelles réalisatrices, le festival favorise
en premier lieu « le soutien des femmes dans leurs premiers
films ».
Lancé initialement, il y a trois ans, par la société de
promotion de l’audiovisuel Cadre, sous les auspices du
ministère de la Culture, le festival s’est mué en un espace
privilégié de discernement d’expressions féminines aux
riches thèmes parfois controversés. Toutefois, la société
Cadre a rencontré des problèmes financiers de taille qui ont
freiné ses activités et ont eu des incidences sur le
déroulement du festival. « Nous avons tout de même maintenu
notre initiative de défendre le droit des cinéastes à
s’exprimer et atteindre leurs fans », estime Farid.
Dans cette optique, 25 films parmi les plus marquants et les
plus prometteurs ont ainsi été sélectionnés, représentant
plusieurs écoles cinématographiques à découvrir.
« Cette édition est en fait riche de rencontres et de mises
en place de ponts jetés entre les genres et les cultures.
Nous avons interrogé la création cinématographique des
femmes sous toutes ses formes », affirme Samir Farid.
Avec son inauguration le 8 mars à la Bibliothèque
d’Alexandrie, le festival coïncide avec la Journée mondiale
de la femme. « C’est une date célébrée partout dans le monde
et qui prouve l’émancipation responsable et bien méritée de
la femme », dit Farid qui avait bien trié les films de
l’édition.
De même, le festival prend fin le 16 mars à l’occasion de la
Journée égyptienne de la femme. Mais, entre le film mexicain
d’ouverture Visions de la pluie signé par
Alissa Miller récompensé de la
Palme d’or au Festival de Cannes 2007 pour les courts
métrages, et le documentaire égyptien
de clôture, Salata
baladi (salade maison) de Nadia
Kamel, 23 autres longs et courts
métrages ainsi que des documentaires seront projetés à
l’auditorium de la Bibliotheca
Alexandrina. Citons, entre
autres, L’enfant de Luc et Jean-Pierre
Dardennes, Palme d’or du meilleur film à Cannes 2005,
17h de l’Iranienne Samira Makhmalbaf,
Parle avec elle de l’Espagnol Pedro Almodovar et Om
Kolsoum : Une voix qui ressemble
à l’Egypte de l’Américaine Michelle Goldman.
La liste des films sélectionnés renferme d’ailleurs tout un
bouquet de projets d’étudiantes projetés au dernier Festival
de Cannes, dont le film indien Souffles indiens de
Raka Gouta,
et Saba signé Theresa
Mitris.
Par ailleurs, de grands moments marqueront la programmation
du festival, dont une exposition de photos de feu la
comédienne égyptienne Fatma Rochdi,
commémorant le centenaire de sa naissance (1908–2008). En
marge du festival, des discussions auront certes lieu entre
cinéastes et cinéphiles sur l’état actuel du cinéma de la
femme.
Desservant en qualité comme en quantité un kaléidoscope
d’œuvres de cinéastes aussi bien confirmées que jeunes, le
cinéma des femmes a dû s’inventer il y a des années en
marge. Toutefois, il s’est taillé aujourd’hui une place
reconnaissable sur les écrans. « Nous sommes fiers d’avoir
accompagné et encouragé ce phénomène dès ses débuts et
heureux de la reconnaissance dont jouissent les
réalisatrices et les femmes cinéastes aujourd’hui,
principalement en Europe. Notre festival contribue à son
épanouissement, soulignant son impact à la fois artistique
et sociologique », souligne Farid.
Bref, pendant toute une semaine, le festival propose un
ensemble de films, mais aussi de dispositifs, qui permettent
à chacun de faire son itinéraire selon ses goûts, ses
envies, toujours pro-femme et
parfois anti-masculin.
Anniversaire
oblige !
Yasser
Moheb