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 Semaine du 5 au 11 Mars 2008, numéro 704

 

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Afrique

Kenya. A la suite de la signature d’un accord sur la formation d’un gouvernement de coalition, gouvernement et opposition ont repris leurs pourparlers pour s’attaquer aux problèmes de fond.

Le plus dur reste à faire

Malgré la signature d’un accord entre l’opposition et le gouvernement, la crise interne kényane est loin d’être entièrement résolue. Les pourparlers entre les deux camps ont en effet repris lundi sur les causes profondes de cette crise post-électorale sanglante, notamment les inégalités sociales et économiques, les questions foncières et les réformes constitutionnelles.

Des dossiers bien lourds qui risquent de prendre des semaines, voire des mois de négociations. Les deux camps tenteront sans doute de profiter de l’accalmie due à la signature de l’accord pour tirer le maximum de profit des négociations à venir.

En effet, deux mois après les élections présidentielles qui ont marqué le début de la crise politico-sécuritaire dans le pays, le président kényan Mwai Kibaki et le chef de l’opposition Raila Odinga ont signé jeudi dernier à Nairobi un accord de gouvernement afin de mettre fin aux violences politico-ethniques qui ont ébranlé le Kenya.

Signé en présence du médiateur de l’Union Africaine (UA), Kofi Annan, et du président de l’UA, le Tanzanien Jakaya Kikwete, l’accord du gouvernement de coalition prévoit notamment la création d’un poste de premier ministre et de deux vice-premiers ministres. Ce premier ministre, poste jusqu’à présent inexistant au Kenya et qui devrait revenir à l’opposition, devra être « un membre élu du Parlement ». Selon l’accord, il précise que la composition du gouvernement doit exprimer le rapport de force au Parlement des partenaires de la coalition. M. Kibaki a convoqué le Parlement ce 6 mars pour entériner l’accord.

Cet accord prévoit aussi la formation d’un gouvernement dont les portefeuilles seront répartis entre les deux camps rivaux en proportion de leur représentation parlementaire.

Après la signature de l’accord, M. Odinga a affirmé qu’« un nouveau chapitre de l’histoire (du Kenya) a été ouvert ». Mais il a insisté que « cet accord n’est qu’un bout de papier, le plus important est la volonté de faire la paix », a expliqué Odinga. « De très nombreuses plaies ont été ouvertes dans ce conflit. On a assisté au visage le plus noir de l’affrontement ethnique dans notre pays ».

L’accord n’est en effet qu’un premier pas pour résoudre réellement la crise. Il insiste d’ailleurs sur la création d’une nouvelle Constitution d’ici un an. Kofi Annan lui a donné une durée de vie maximale de deux années. « Au terme de ces deux ans, nous referons le point », a-t-il proposé. En effet, le Mouvement démocratique Orange (ODM) d’Odinga a le plus grand nombre de sièges au Parlement depuis les élections législatives qui ont eu lieu en même temps que la présidentielle le 27 décembre. Ces dernières ont causé ces affrontements à caractère ethnique, ternissant l’image de stabilité dont jouissait ce pays. Mais, quelques heures après la signature de l’accord d’autres incendies ont causé la mort de trois personnes et fait plusieurs blessés.

Odinga a annoncé qu’il serait aussi nécessaire d’organiser des réunions avec les dirigeants des communautés ethniques du pays afin d’engager un processus de réconciliation pour panser les plaies.

Depuis le début de cette semaine, la communauté internationale avait accentué ses pressions sur les dirigeants kényans. A New York, le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon, avait exhorté fermement les parties au processus national de dialogue et de réconciliation à prendre sans retard les mesures nécessaires pour trouver une solution à la crise. « Le différend électoral est maintenant réglé, le calme est revenu dans le pays et la population va pouvoir se remettre au travail », a déclaré Odinga. Ce dernier a souligné que la reconstruction, dont le financement dépasse les moyens du gouvernement, nécessitera une aide internationale.

Maha Salem

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