Francophonie.
Une présentation par Jean-Yves Empereur de son initiative de
numérisation de la presse en langue française en Egypte a
permis de mettre en valeur des aspects importants de
l’histoire égyptienne moderne.
Dans la langue de Molière
Ambiance
très active, effervescence dans ce club Tahrir, ex-Mohamed
Ali dont un portrait illustre la mémoire ainsi que celle de
cette presse francophone d’Egypte d’antan, dont la
numérisation a été réalisée par Jean-Yves Empereur, qui
restitue depuis des années cette Alexandrie mystérieuse,
celle sous-marine avec ses belles légendes : Cléopâtre, le
Phare, Marc Antoine. Une double occasion de fêter la
francophonie. Remonter l’histoire de la presse en langue
française si significative et si importante pour la mémoire
culturelle et politique de l’Egypte et aussi fêter ce Rotary
Club Le Caire Champollion, le seul francophone d’Egypte.
C’est un effort louable et une véritable restitution de
larges pans de l’histoire et de la société qu’Empereur a pu
effectuer. Al-Ahram Hebdo s’en est déjà fait l’écho en
présentant cette initiative dans son numéro à l’occasion de
son 14e anniversaire. Le titre est bien expressif « La
numérisation de 200 ans de journaux et revues d’Egypte
rédigés en français ». 250 titres qui sont venus faire le
point de l’actualité et des idées dans une société
cosmopolite où les Français n’étaient pas majoritaires. Mais
c’était ce fait que le français était la langue de
communication entre toutes les communautés, grecque,
arménienne, italienne, sans oublier les Egyptiens
francophones. Ceci comme l’exprime Jean-Yves Empereur, parce
que la langue de Molière était synonyme de liberté face à
l’anglais, langue de l’occupant. Et on trouve toutes les
formes d’expression journalistiques. « Le théoricien,
l’historien et le savant trouvaient leur bonheur dans les
nombreuses revues scientifiques, politiques et littéraires
qui fleurissent en Egypte à travers 200 ans. Ce sont les
fidèles témoins de l’extraordinaire activité intellectuelle
qui se manifestait alors », lisons-nous dans Al-Ahram Hebdo
n° 679, du 12 au 18 septembre 2007. Comme l’a soutenu
Empereur dans sa présentation, au-delà de ces domaines, la
presse francophone n’a pas manqué d’aborder des sujets
féministes avec « L’Egyptienne » fondé par Hoda Chaaraoui,
avec comme grands titres : féminisme, sociologie et art, des
thèmes du quotidien comme « Au bon marché », sans oublier la
presse people avec « La Réforme illustrée ». Empereur n’a
pas manqué à cet égard d’évoquer notre Al-Ahram Hebdo comme
continuateur de cette tradition. A ƒceci s’ajoute un
quotidien « Le Progrès Egyptien » et plusieurs journaux en
ligne. Une presse qui prend le relais. Si l’on se réjouit de
l’appréciation exprimée à notre égard, cela ne fait que nous
responsabiliser. Sans doute c’est le même objectif qui se
poursuit. Le français est l’alternative face à la vague
anglo-saxonne envahissante et mondialisante. Mais là on est
plus dans le cadre d’un débat d’idées et non de
confrontation. C’est la logique de notre hebdomadaire.
Le Rotary Club Le Caire Champollion, quant à lui, regroupe
37 membres. Il est constitué d’expatriés français, suisses,
belges en plus des Egyptiens et Libanais. Il agit activement
dans les domaines de la culture et de l’assistance sociale.
Ainsi a-t-il contribué à l’installation de couveuses à
l’hôpital Ahmad Maher et à l’aide aux enfants diabétiques.
Pour le consolider, tous les francophones sont invités à s’y
joindre, afin que cette antenne du Rotary ne perde pas son
identité et ne soit pas submergée par le flot anglophone.
Le club ne se
nomme-t-il pas
Champollion
?
Ahmed
Loutfi