Al-Ahram Hebdo,Voyages | Rosanna Pirelli, « Je cherche à initier des cours d’égyptologie pour les jeunes et les débutants »
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 1 au 7 Octobre 2008, numéro 734

 

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Entretien. Rosanna Pirelli, nouvelle directrice du département d’archéologie à l’Institut culturel italien, a l’ambition de le transformer en institut à part entière. 

« Je cherche à initier des cours d’égyptologie pour les jeunes et les débutants » 

Al-Ahram Hebdo : Quelles sont les activités essentielles que vous entendez initier au département d’archéologie ?

Rosanna Pirelli : Fonder un institut italien d’archéologie est à la tête de mes préoccupations. Il s’agit d’un projet de collaboration constante avec les universités et les musées italiens. Cet institut va servir à la fois les missions italiennes ainsi que les étudiants italiens qui cherchent à suivre leurs études supérieures. Mais évidemment, la porte sera ouverte aux Egyptiens. En même temps, à côté des séances des adultes, je cherche à dispenser des cours d’égyptologie pour les jeunes et les débutants. Aussi devrais-je installer des salles d’études adéquates afin d’accomplir une telle fonction. L’institut sera équipé des plus récents instruments pour faciliter les travaux des missions italiennes en Egypte. D’ailleurs, je souhaite enrichir le département d’archéologie d’un laboratoire qui comprendra les plus récents instruments analytiques, pour traiter les pièces archéologiques découvertes sur les chantiers de fouilles. Ainsi, restaurateurs et chercheurs pourront-ils accomplir leur mission scientifique d’analyse. Le deuxième sujet qui m’importe, c’est la bibliothèque. Il est indispensable de réactualiser les périodiques archéologiques scientifiques mondiaux, dont l’achat a été arrêté depuis plus de dix ans. Désormais, le département italien ne possède pas en fait les récentes publications archéologiques pour qu’elles soient consultées par ses chercheurs. Il est indispensable de modifier une telle situation. Reste en fait de faciliter la recherche scientifique aux étudiants, en exploitant la nouvelle technologie. A ce sujet, le département d’archéologie va monter une page sur le web consacrée à la publication des différentes activités du secteur archéologique, notamment celles des missions. Je sais que ce n’est pas facile de réaliser tous ces projets surtout avec la modestie du budget. Mais il faut aller étape par étape.

— L’institut que vous tentez de créer agira-t-il en seule coopération avec des institutions italiennes ? Et les études seront-elles purement théoriques ?

— Absolument pas. Il y aura des conventions avec les universités, institutions ainsi que les musées égyptiens. Déjà des stages de restauration sont organisés par les experts italiens au Musée égyptien. Mais, nous cherchons à multiplier ce genre de collaboration pour couvrir la muséologie en tant que science, l’art de la présentation des pièces archéologiques, l’éclairage des salles, etc. D’ailleurs, le département étudie la fondation des conventions similaires avec les autres musées régionaux. Quant aux cours, ils seront à la fois théoriques mais essentiellement pratiques. Les étudiants auront l’occasion de visiter les différents monuments ainsi que les musées. Mais ils pourront encore se rendre aux chantiers archéologiques lors des missions de fouille.

— Pour les missions archéologiques, permettrez-vous aux étudiants de l’institut d’y participer ?

— C’est intéressant de faire participer les étudiants aux chantiers archéologiques. Par exemple, en Italie, il y a des chantiers-écoles où les étudiants sont entraînés au travail sur terrain. Mais ici, l’affaire est un peu différente. Les missions sont limitées par un temps précis, juste un ou deux mois seulement. Cette période ne permet pas à l’étudiant de perfectionner les diverses étapes de fouilles, d’enregistrement et de restauration. Leur participation exige un permis de la part des autorités égyptiennes, et surtout un énorme fonds. Ce qui n’est pas disponible actuellement. L’unique solution est de sélectionner les étudiants qui auront une base théorique adéquate afin de les faire intégrer sur les chantiers archéologiques.

— Concernant toujours les missions archéologiques, ne voulez-vous pas ouvrir de nouveaux chantiers ?

— La plupart des missions italiennes traitent les périodes de la Basse-Epoque, ainsi que l’âge gréco-romain, et ce sans oublier la reconnaissance topographique à Qasr Qaroun et Rosette. J’espère renforcer nos opérations pour couvrir les époques les plus anciennes de l’archéologie égyptienne et les périodes copte et islamique. Par ailleurs, deux obstacles nous affrontent. Effectivement la modestie du budget, en plus des règlements du Conseil Suprême des Antiquités (CSA) qui ne donnent plus de nouveaux permis de fouilles sauf au désert et aux fouilles maritimes. Il nous suffit les chantiers qui ont été rouverts après une période de clôture à l’instar de Cheikh Ebada, à Minya, et Draa Aboul-Naga, à Assouan. Quant aux autres institutions archéologiques étrangères, le département italien d’archéologie a l’intention de réunir les chercheurs italiens avec les autres nationalités sous forme de congrès afin d’aborder les résultats des fouilles, échanger les données et surtout de les comparer.

Propos recueillis par Doaa Elhami

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