Football.
Malgré les violences qui secouent son pays, la sélection
iraqienne a rempli de joie ses supporters grâce à son titre
de champion d’Asie obtenu dimanche dernier en Indonésie.
Champion malgré tout
La
sélection iraqienne a remporté pour la première fois de son
histoire la Coupe d’Asie des nations après avoir battu son
homologue saoudienne 1-0 lors de la finale qui a eu lieu
dimanche au stade de Gelora
Bung Karno,
à Jakarta (Indonésie). Et ce, grâce à un beau coup de tête
de l’attaquant vedette de l’équipe et son capitaine,
Younès Mahmoud, qui a profité
d’un corner de Hawar Mulla
Mohamed à la 71e minute de la rencontre. Ce but était
suffisant pour les Iraqiens pour soulever la coupe puisque
les tentatives saoudiennes de revenir dans le match ont été
brisées face à la solidité de la défense iraqienne et son
gardien exceptionnel, Nour
Sabri.
Un grand succès donc pour la sélection iraqienne qui a
réussi, malgré les importants troubles qui affectent son
pays, à réaliser un tel exploit. Les joueurs iraqiens,
sunnites, kurdes et chiites, devenus les héros de tout un
pays, sont considérés comme les rares symboles de l’unité,
dans un pays meurtri par les violences confessionnelles.
En effet, la sélection iraqienne n’était pas favorite pour
le titre. Les pronostics étaient en faveur d’autres
sélections, comme celles de l’Arabie saoudite, de la Corée
du Sud, du Japon et même de l’Australie, qui a participé
pour la première fois à la compétition asiatique. Mais la
sélection iraqienne, grâce à la détermination de ses joueurs
et leur talent, a renversé la donne et réussi à s’imposer.
Le parcours de l’Iraq prouve que le titre a été bien mérité.
Malgré un début difficile avec un nul 1-1 concédé contre la
Thaïlande, l’un des pays hôtes de la compétition, la
sélection iraqienne a bien parlé d’elle-même par une large
victoire contre les Australiens de Harry
Kewell et
Tim Cahill, avant de
faire un nul passif contre Oman, lors de la dernière journée
du premier tour.
Avec le coup d’envoi de la phase finale de la compétition
continentale, les choses sérieuses ont
commencé. De leur part, les Iraqiens étaient aussi à la
hauteur de leur mission, avec une victoire de 2-0 contre le
Vietnam aux quarts de finale, avant de battre la Corée du
Sud 4-3 aux tirs au but, et c’était la grande victoire
contre l’Arabie saoudite en finale.
Génération exceptionnelle
L’exploit de la sélection iraqienne s’explique par
l’existence d’une génération exceptionnelle demi-finaliste
des Jeux Olympiques (JO) d’Athènes 2004. Cette génération
comprend des joueurs surdoués, à l’instar de
Younès Mohamad, le buteur de
l’équipe et de la compétition, avec 4 buts,
Hawwar Mulla Mohamad, l’ailier
gauche de l’équipe, et les deux milieux défensifs,
Koussay
Mounir et Nashaat
Akram. Ce dernier a été désigné
« l’homme du match » de la finale, il a attiré l’attention
de nombreux clubs, dont Zamalek,
qui a entamé des négociations afin de bénéficier de ses
services la saison prochaine. Il faut aussi mentionner le
grand rôle des défenseurs de l’équipe qui ont brillé de
mille feux lors de la compétition : la défense iraqienne a
été la meilleure du tournoi, avec seulement deux buts
encaissés en 6 matchs.
Le Portugais d’origine brésilienne
Jorvan Vieira, le directeur technique de la sélection
iraqienne, se présente aussi comme l’un des grands artisans
de ce sacre. Arrivé aux commandes deux mois seulement avant
la compétition, Vieira s’est illustré par sa méthode claire
d’organisation de l’équipe sur le terrain et la mise en
place d’un jeu collectif. Malheureusement, Vieira a quitté
son poste comme prévu au terme du contrat de deux mois qui
expire avec la fin de la compétition. Selon ses déclarations
avant la finale, il pourrait s’asseoir sur le banc de la
sélection sud-coréenne en succession au Néerlandais
Pim Verbeek,
qui a annoncé sa démission après la troisième place obtenue
samedi.
Après le succès lors des JO et l’exploit de la Coupe d’Asie,
il reste un seul rêve pour les Iraqiens : celui de la
qualification pour le Mondial 2010. Un rêve
à portée de crampons pour cette
génération très séduisante.
Mohamad
Mosselhi