Al-Ahram Hebdo, Opinion | La culture de la vantardise
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 Semaine du 1er au 7 août 2007, numéro 673

 

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Opinion

La culture de la vantardise

Salama A. Salama

Pendant les mois chauds de l’été, alors que les Egyptiens sont exposés aux dangers du trou dans la couche d’ozone et des rayons ultraviolets, les médias lancent des campagnes impressionnantes pour vendre l’illusion de la belle vie dans les villas et les résidences de luxe, que ce soit dans les villages touristiques, sur les plages ou dans les villes nouvelles.

Une publicité provocante d’un projet immobilier, qu’on ne peut lire ni en Europe ni même aux Etats-Unis, dit : « Désolé, ces palais de luxe ne sont pas destinés à n’importe qui ! ». Cela pour confirmer à la majorité de la société qu’elle n’est pas digne de ce luxe et qu’elle ne le mérite pas.

L’Egypte connaît actuellement une énorme expansion des investissements immobiliers. Une expansion gouvernée par les excédents pétroliers du Golfe qui recherchent des investissements et des gains, sur le marché égyptien par exemple. Un marché épuisé, divisé en une tranche d’hommes d’affaires et de courtiers de la nouvelle classe d’une part, et une majorité écrasante d’artisans, employés, paysans et ouvriers qui subviennent à peine à leur besoins élémentaires, d’autre part.

Cette campagne est accompagnée d’une autre campagne publicitaire non moins violente lancée par les sociétés de téléphonie portable. Celles-ci exploitent les mentalités superficielles et incitent le public à prolonger ses appels parfois sous prétexte que le coût de ces appels sera consacré à des œuvres de charité, comme la construction d’écoles et d’hôpitaux, ou parfois pour gagner des prix sans valeur.

Selon les économistes, le flux des investissements destinés à la construction des villages touristiques et des villas de luxe pour une tranche ne dépassant pas les 0,5 % de la société et qui ne les utilise que quelques jours par an est à même de ranimer l’économie. Cependant, à l’instar de l’expansion des réseaux de lignes portables, ces investissements ne servent que peu l’économie. De plus, ils créent un nombre limité d’offres d’emplois. Ce sont en effet des activités non-productives dont l’effet disparaît dès qu’elles sont achevées, sans laisser aucune trace.

Le ministre de l’Habitat est intervenu dans les médias pour défendre la politique de la vente de terrains aux enchères aux sociétés d’investissements du Golfe. Il a indiqué que ces ventes avaient apporté à la trésorerie de l’Etat des dizaines de milliards de livres. Cependant, il a omis de citer combien d’appartements et d’habitations ces compagnies présentent aux citoyens aux revenus limités.

La diffusion par l’Etat de la culture de la vantardise et de la prodigalité dans un pays pauvre qui compte sur les aides étrangères, dont le revenu par habitant ne dépasse pas les 1 200 dollars par an et dont 40 % des habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté pousse certains à vivre dans un monde imaginaire de prospérité et de rêves où le désert se transforme en paradis.

Ces investissements fastueux soulèvent des questions autour des facilités que présente l’Etat aux investisseurs étrangers. Ces investissements servent-ils seulement les classes privilégiées ou bien des projets productifs aux revenus permanents qui profitent à la société dans toutes ses tranches ?.

 

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