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 Semaine du 1er au 7 août 2007, numéro 673

 

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Iraq. Les profondes divergences entre sunnites et chiites mettent en danger le gouvernement de Nouri Al-Maliki. Le dialogue est mis à mal et les Etats-Unis appellent les pays arabes au secours.

La réconciliation menacée d’épuisement

Pendant que la population iraqienne célébrait son équipe nationale qui a remporté, dimanche dernier, la Coupe d’Asie de football pour la première fois, la situation en Iraq glisse, de plus en plus, vers l’impasse. En plus de la violence et des attentats terroristes quasi quotidiens, la situation politique est elle aussi en crise. En effet, le principal parti sunnite et le gouvernement chiite continuent à échanger les accusations. Le plus important groupe politique sunnite iraqien, le Front de la concorde nationale, a rejeté samedi les déclarations du gouvernement de Nouri Al-Maliki, publiées la veille dans un communiqué du porte-parole du gouvernement, M. Ali Al-Dabbagh accusant le Front d’entraver le processus de réconciliation nationale en se retirant du cabinet. Ces « déclarations sont un tissu de mensonges et de déformation de nos positions », a indiqué dans un communiqué le Front de la concorde nationale.

Tout a commencé lorsque les six ministres représentant ce groupe sunnite ont décidé, en juin dernier, de boycotter les réunions du gouvernement pour protester contre un mandat d’arrêt lancé contre l’un de ces ministres, Mahmoud Machhadani. Le Front de la concorde, qui compte 44 sièges sur 275 au Parlement iraqien, a donné, mercredi 25 juillet, une semaine au premier ministre chiite pour répondre à ses exigences et pour mettre fin aux campagnes d’arrestations menées, selon lui, par des milices chiites alliées à la coalition gouvernementale d’Al-Maliki dans les localités et quartiers sunnites. Faute de quoi, il prendrait de nouvelles mesures sur sa participation au gouvernement sans exclure le départ définitif de ses ministres du cabinet. Une mise en garde à laquelle M. Dabbagh s’est contenté de répondre : « Le Front sait que le gouvernement iraqien n’a pas fait venir de milices au sein des forces armées, mais qu’il les a combattues ». De son côté, le député Ezzat Al-Shahbender, de la Liste nationale iraqienne, a réagi en disant : « Le Front de la concorde est un partenaire-clé de la coalition gouvernementale et son retrait peut provoquer la chute du gouvernement ».

Des échanges qui soulignent les profonds désaccords qui minent le gouvernement iraqien au moment où le Parlement doit ajourner sa session pour les vacances estivales sans avoir adopté d’importantes mesures visant la réconciliation nationale, prônée par Washington. Ce qui donne l’occasion à cette dernière d’insister sur la présence des troupes américaines en Iraq. Le président Bush a ainsi justifié cela en déclarant qu’Al-Qaëda en Iraq avait des liens étroits avec le chef du réseau mondial, Ossama bin Laden, responsable des attentats du 11 septembre, en s’appuyant sur un récent rapport des services de renseignements américains. 

Mal en point en Iraq, l’Administration Bush se tourne donc vers les pays arabes. La secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, et le secrétaire à la Défense, Robert Gates, ont entamé lundi dernier une visite au Proche-Orient. Objectif : essayer de convaincre les nations arabes qu’elles ont plus à perdre en conservant une position attentiste par rapport à l’Iraq qu’en aidant ce pays à se redresser. « Les Etats-Unis veulent convaincre tous les pays de la région d’être actifs d’une manière qui aide », explique Samir Sumaidaie, ambassadeur de l’Iraq à Washington. « Attendre et regarder, ce n’est pas une attitude qui aide », a-t-il ajouté. Washington veut donc pousser les pays voisins de l’Iraq à contribuer à la stabilisation de ce pays et à soutenir son gouvernement dirigé par des chiites. Le but de la tournée des deux responsables est aussi de tenter de rassurer leurs alliés arabes, surtout les pays du Golfe, qui s’inquiètent du risque que pourrait provoquer un retrait trop rapide des troupes américaines.

Mais cette mission n’est pas facile. Selon des diplomates, les pays arabes, avec leurs populations à majorité sunnite, voient peu d’avantages à soutenir le gouvernement de Bagdad, considéré comme hostile aux sunnites, même si leurs dirigeants craignent une propagation du conflit si le régime iraqien s’effondre. Certains voisins de l’Iraq tolèrent même, ou peut-être soutiennent en secret, les affrontements internes en Iraq visant les forces américaines et les milices chiites. Pour faciliter sa tâche, Washington, a annoncé, avant l’arrivée dans la région de Rice et Gates, une série de contrats d’armement avec l’Arabie saoudite et cinq autres pays du Golfe (Emirats arabes unis, Koweït, Qatar, Bahreïn et Oman) pour un montant au moins de 20 milliards de dollars selon la presse américaine. Ces contrats qui constituent les plus importantes cartes de négociation de l’Administration Bush.

Yasmine Chérif

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