Al-Ahram Hebdo, Egypte | La menace ne dit pas son nom
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 1er au 7 août 2007, numéro 673

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Livres

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Egypte

Métro . Les quelque 3 millions d’usagers qui l’empruntent quotidiennement se trouvent depuis des jours confrontés à des mesures sécuritaires inhabituelles. Reportage.

La menace ne dit pas son nom

Place Ramsès, une foule de passagers se pressent pour prendre le métro. Aux points d’accès, ils sont appréhendés par des policiers en civil qui fouillent minutieusement sacs à main, serviettes et autres bagages. Les usagers du métro ne sont pas habitués à ces mesures. Ils n’ont jamais vécu cette situation auparavant, mais ils doivent se soumettre sans trop comprendre ce qui se passe. Ceux qui essayent de demander n’ont droit qu’à une seule et même réplique : « Ce sont des mesures de sécurité ». Pourquoi ? Qu’est-ce qui a changé ? Y a-t-il un risque précis ?

L’incompréhension amène certains passagers à se rebeller et à refuser de se plier à ces mesures poussées. Ceux-ci ainsi que les suspects sont transférés au bureau du directeur de la sécurité de la station. « Là-bas, j’ai subi une fouille corporelle. Quand ils n’ont rien trouvé sur moi et après avoir contrôlé mes pièces d’identité, ils m’ont relâché avec des excuses formulées à contre-cœur. Pas un mot de plus », s’insurge Ibrahim Abdel-Hamid, fonctionnaire. Il a dû rater l’autobus qui devait l’amener à Hurghada.

Cet important déploiement policier est constaté dans les stations de métro depuis la mi-juillet. D’après des informations de presse non confirmées, les autorités auraient reçu des menaces d’attentats dans la station de Choubra Al-Kheima. La rumeur s’est ensuite consolidée quand, quelques jours après, le directeur de la sécurité du Qalioubiya s’est rendu sur terrain. Accompagné d’officiers de police de haut rang, il a débarqué dans la station ciblée, qui a tout de suite été ratissée par des spécialistes en explosifs. L’état d’alerte a été déclaré dans toutes les stations du métro.

Pour sa part, le ministère de l’Intérieur nie avoir reçu des menaces d’attentats. « Ce déploiement policier est destiné à renforcer la sécurité dans les endroits vitaux conformément à un plan approuvé par le ministre Habib Al-Adeli en personne ».

Face à cette cacophonie d’informations, les citoyens ne sachant plus que croire, ni qui croire, ont adopté des réactions diverses.

Certains ont décidé de ne plus utiliser le métro tant que le risque perdure. « Ce qui me fait pencher à prendre au sérieux les rumeurs évoquant une menace, c’est qu’elles coïncident avec des célébrations nationales, les attentats de Charm Al-Cheikh en 2005 sont tombés dans la même date », souligne Ahmad Ali, ingénieur qui a provisoirement décidé d’utiliser l’autobus, ou même de prendre des taxis, malgré la charge financière que cela lui représente.

 

Passer inaperçu

Ceux qui ne se soucient pas des « risques » ont juste pensé à un bon moyen pour échapper aux « harcèlements sécuritaires ». La meilleure solution pour certains, c’est de ne rien porter sur soi : il s’agit de ne pas attirer l’attention et de passer inaperçu. « Les policiers n’arrêtent que les personnes qui portent un sac ou des bagages », constate un passager. D’autres, notamment les femmes, se plaignent de « l’indiscrétion » de certains policiers. « Nous ne refusons pas ces mesures de sécurité qui sans doute sont dans notre intérêt, mais nous nous sentirions plus respectées si les responsables plaçaient certaines policières pour s’occuper des femmes, ou alors il faudrait installer des portillons électroniques », se plaint Amina Al-Sayed, enseignante.

Aux stations de Moubarak (Ramsès) et de Sadate (Tahrir), les contrôles sécuritaires ne se limitent pas aux points d’accès. Des policiers accompagnés de chiens sillonnent les stations alors que d’autres habillés en civil appréhendent les badauds et les vendeurs ambulants. « Ils nous fouillent systématiquement, ainsi que nos marchandises. Si un haut responsable est attendu pour une visite d’inspection, ils nous font quitter les lieux et nous interdisent même de s’installer dans la rue à l’entrée de la station », lâche Mahmoud, vendeur ambulant habitué des lieux depuis une dizaine d’années.

Les contrôles policiers s’étendent bien au-delà du métro : les magasins et les kiosques à proximité de certaines stations, comme à Doqqi, n’y échappent pas non plus. Et plusieurs endroits de stationnement ont été interdits. Mais ce n’est pas le cas partout, certains lieux sont plus surveillés que d’autres. Ainsi, malgré une présence policière plus importante que d’habitude, les mesures sont beaucoup plus souples à la station de l’Université du Caire, à Guiza. Ici, seuls les passagers qui portent de gros sacs, et souvent les barbus ou les femmes portant le niqab, sont fouillés. Visiblement, il ne s’agit pas de mesures de routine. La mobilisation sécuritaire répond à une situation bien précise. Mais laquelle exactement ?.

Héba Nasreddine

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.