Eau Potable .
Les « manifestations de la soif » gagnent du terrain et
menacent même d’atteindre Sohag, au sud du pays. Entretien
avec le gouverneur
Mohsen
Al-Noamani.
« Notre problème relève plutôt de l’équité »
Al-Ahram
Hebdo : La presse a reporté la mort de 15 personnes dans le
village de Téma, dépendant de
votre gouvernorat. D’après le rapport de l’hôpital du
village, elles auraient été atteintes d’insuffisance rénale
due à la consommation d’eau polluée ... Qu’en dites-vous ?
Mohsen
Al-Noamani :
Cette information est infondée. D’après le ministère de la
Santé, Sohag compte parmi les gouvernorats les moins
affectés par l’insuffisance rénale. Ce ne sont que des
rumeurs et j’appelle les journaux qui les ont publiées à me
faire parvenir les documents sur lesquels ils se sont basés.
— S’il ne s’agit que de purs mensonges, comment
expliquez-vous la décision des habitants de ce village de
Téma d’organiser des
manifestations sur l’autoroute pour revendiquer leur droit à
l’eau potable ?
— C’est la première fois que j’en entends parler. Cela
m’étonnerait, les habitants de Sohag ont la réputation
d’être pacifistes. De toute façon, je pense que notre
problème n’est pas la pénurie d’eau, mais relève plutôt de
l’équité. Tous les villages voisins sont dotés de stations
d’eau alimentées par le Nil, alors que nous consommons l’eau
des puits dont la qualité n’est pas toujours garantie. Les
habitants de Téma veulent
simplement avoir droit au même traitement que leurs voisins.
Mais il se trouve aussi que les plaignants sont responsables
de cette situation : certains habitants avaient mis la main
sur le terrain qui était réservé à l’installation d’une
station d’eau potable. Maintenant, nous avons réussi à les
déloger, et les travaux ont déjà commencé.
— L’Etat a prévu un plan national pour la rénovation des
réseaux d’eau potable et la construction de nouvelles
stations ... Tel qu’il a été annoncé, ce plan, qui s’étale
sur dix ans, coûtera 20 milliards de livres. Comment
entendez-vous profiter de ce plan ?
— La part du gouvernorat de Sohag à ce projet est de 67
millions de livres. Déjà, nous avons commencé l’installation
et la rénovation des stations d’eau dans plusieurs villages,
dont Téma. Mais si le
gouvernement a fixé une période de dix ans pour achever ce
plan ambitieux, cela signifie que les habitants doivent se
montrer un peu patients.
Propos recueillis par
Ola Hamdi