Al-Ahram Hebdo, Economie | Le case 30 lève le pied
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 Semaine du 1er au 7 août 2007, numéro 673

 

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Economie

Bourse. Une légère baisse entamée cette semaine a mis fin à deux mois de hausse soutenue par la forte activité des étrangers et l’intensification de la spéculation.

Le case 30 lève le pied

Dimanche 29 juillet a marqué la fin de plus de deux mois de hausse injustifiable de la Bourse du Caire. Son indice, le case 30, rassemblant les 30 actions les plus actives, a chuté dimanche de 3 % comparé à jeudi (8 477 points) et a clôturé dimanche à 8 217,22 points. Ensuite, il a légèrement baissé lundi de 0,7 %. Ce recul s’inscrit en parallèle à la chute des places financières américaines, européennes et arabes ces derniers jours.

Wall Street a ainsi connu, jeudi, l’une de ses plus fortes baisses de l’année (-2,26 %). Les marchés européens, orientés à la baisse, ont, eux aussi, abandonné, jeudi, entre 2 et 4 %. « Le ralentissement du marché de l’immobilier américain combiné à la hausse des taux d’intérêt, sur lesquels sont indexés les remboursements, sont deux facteurs responsables du décrochage des Bourses mondiales. De plus, l’incapacité à rembourser les crédits se répercute sur les entreprises de refinancement dans le secteur immobilier. Cette situation inquiète les investisseurs qui ont liquidé leurs actifs dans les marchés émergents, y compris l’Egypte, pour choisir des titres moins exposés aux risques », explique Maha Baligh, directrice générale de la gestion des portefeuilles chez EFG- Hermes.

D’autres courtiers à la Bourse du Caire ont une toute autre interprétation de la chute de la Bourse égyptienne. « La chute peut être également expliquée par les ventes pour plus-values qui suivent d’habitude une période de hausse », rétorque Moustapha Badra, directeur exécutif de la société de courtage Ossoul.

Quoi qu’il en soit, à la Bourse égyptienne, cela marche toujours ainsi : après le beau temps, vient la pluie. Pendant deux mois, elle a vécu ses plus beaux jours. Tous les indicateurs ont connu des chiffres record. L’indice CASE 30 n’a cessé d’augmenter, à part pendant de courtes périodes de baisse, suite à des ventes pour dégager des plus-values. Il a touché ainsi le seuil de 8 477 points, jeudi 26 juillet, un niveau jamais connu depuis plus de 18 mois. De même, l’indice Dowjones a dépassé ses limites pour enregistrer son chiffre record le 26 juillet (1 706 points) : la hausse des indices est accompagnée d’une augmentation de la valeur quotidienne des échanges qui dépasse les 1,4 milliard de L.E.

Cette bonne performance est justifiée par 2 facteurs essentiels : la forte activité d’achat des étrangers et des institutions ainsi que la spéculation. « Les institutions ont joué un grand rôle pour alimenter cette tendance à la hausse. Elles contrôlent actuellement plus de la moitié de la valeur des échanges sur le marché contre 30 % il y a deux mois », dévoile Essam Khalifa, président du Fonds d’investissement Al-Ahli. Il ajoute que les institutions accentuent leurs achats dans les secteurs de la construction et de la banque : « Ces deux secteurs sont devenus dernièrement très attractifs. La flambée des prix du secteur de construction s’est répercutée sur les actions de ses sociétés cotées en Bourse ». Tous les chiffres prouvent cette réalité : par exemple, le cours de l’action de la société Alexandrie de l’investissement immobilier et touristique a presque quadruplé, passant à 400 L.E. le 26 juillet, contre 120 L.E. il y a 5 mois. Il en est de même pour l’action de la Société de logement et d’urbanisation Madinet Nasr qui est passée de 200 à 604 L.E. dans le même intervalle.

 

« Confiance dans l’économie égyptienne »

Quant au secteur bancaire, il a été activé sous l’effet d’une information sur la fusion de la banque CIB (Commercial International Bank) et de l’Arab African International Bank, ainsi que celle du lancement prochain d’une tranche de 15 % de la Banque du Caire en Bourse, lors de sa privatisation.

Les institutions égyptiennes ne sont pas les seules à accentuer leurs achats dans ces deux secteurs : les étrangers et les Arabes du Golfe représentent en fait la majorité des investissements. La part des étrangers a augmenté pour représenter le tiers de la valeur totale des échanges, contre 9 % il y a deux mois. De même, la part des Arabes est de 7 à 11 % sur la même période. « Cette forte demande prouve la confiance dans l’économie égyptienne. Plus la performance s’améliore, plus l’indice augmente », estime Issa Fathi Issa, PDG du Groupe stratégique pour le courtage. De même, note-t-il, les obligations gouvernementales lancées le mois dernier sur les marchés internationaux ont été couvertes 3 fois. Moustapha Badra rejoint cette opinion et ajoute que cet événement donne une bonne image de l’économie aux étrangers. « N’oublions pas de plus les bons résultats des sociétés annoncés lors du premier semestre de l’année, ce qui a incité les étrangers et les Arabes à entreprendre davantage d’achats ».

Un bémail existe cependant. Plusieurs experts avertissent que la spéculation a alimenté la tendance à la hausse. « Aujourd’hui, les institutions ont changé de tactique », note Issa Fathi, qui explique qu’au lieu de viser l’investissement à long terme et à moindres risques, ces institutions financières préfèrent maximiser leurs profits en entrant sur le marché acheter en masse certaines actions pour ensuite les revendre en engrangeant les profits. « C’est ce qu’on appelle la spéculation », conclut-il. Et d’ajouter que la réduction de la période de règlement de la transaction à un seul jour, contre 3 jours auparavant, a encouragé cette tendance.

Gilane Magdi

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