Al-Ahram Hebdo, Economie | L’ADSL au centre d’une discorde
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 1er au 7 août 2007, numéro 673

 

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Economie

Internet. La baisse du prix de l’abonnement haut débit 256 kbps de 95 L.E. à 45 L.E. par mois, mais pour un téléchargement limité à 2 Gigabytes, provoque une levée de boucliers chez les internautes.

L’ADSL au centre d’une discorde

« Réduction ? A-t-on jamais entendu parler d’une réduction de prix des services dépendant de l’Etat ? », s’interroge avec indignation Mohamad Hossam, ingénieur. « Il ne faut pas être dupe. Ladite réduction n’est qu’un piège grossier. Il faut s’attendre à de mauvaises surprises. J’estime que ma facture dépassera les 200 L.E. par mois. Actuellement, pour 95 L.E. par mois à une vitesse de 256 kbps, le téléchargement est illimité. Tandis qu’avec le nouveau système, il sera limité à 2 Gigabytes, ce qui est remarquablement trop limité », ajoute Haïdar Diaa, étudiant à l’Académie arabe des sciences et de la technologie.

La décision concernant la réduction du prix de l’abonnement à l’ADSL 256 kbps, de 95 à 45 L.E, mais avec téléchargement limité, a été annoncée par le ministère des Télécommunications comme une bonne et heureuse nouvelle qui sera effective dès le mois de septembre prochain. Le prix des autres vitesses restant inchangé.

Mais tout n’est en fait pas si rose puisque le consommateur se facture 10 L.E. pour chaque Gigabyte supplémentaire téléchargé. Ce qui va sans doute bien alourdir la facture. « Le ministère des Télécommunications se fout de nous. Nous entrons dans un cercle vicieux de factures de plus en plus élevées », indique Hossam. Pour lui, c’est toujours le même petit manège : « Le gouvernement, complice des fournisseurs d’accès, veut gagner de l’argent, et tous les moyens sont bons. Souvenez-vous de la farce nommée Internet gratuit, il y a quelques années ! Le gouvernement avait joué le rôle de promoteur de l’Internet dit gratuit ... En fait, le consommateur était facturé directement sur sa ligne fixe, sans passer par un fournisseur d’accès ... », se rappelle Hossam. « L’utilisation du mot gratuit a encouragé de nombreuses personnes à se connecter. Et une fois habitué, difficile de se passer du Net », poursuit-il.

Mais pour les responsables gouvernementaux, cette nouvelle condition d’abonnement à l’ADSL 256 kbps relève de l’intérêt public. « Nous voulons élargir la base des connectés à l’ADSL en attirant ceux qui n’ont pas les moyens de payer un abonnement de 95 L.E. par mois. Le plafond de téléchargement de 2 Gigabytes par mois a été déterminé à l’aide de rapports du ministère des Télécommunications. Ceux-ci estiment que la moyenne de téléchargement par foyer est de 1,5 Gb par mois », révèle à l’Hebdo Amr Badawi, directeur exécutif de l’Organisme de régulation des télécommunications. « L’Etat ne doit pas continuer à subventionner le téléchargement des films et de la musique des jeunes », s’est-il aussi défendu. Justification qui semble futile pour Hossam. « Pourquoi l’Etat considère-t-il que le téléchargement se limite seulement aux films et à la musique ? Ne savent-ils pas qu’il existe d’autres domaines de téléchargement comme celui des logiciels gratuits ? Ne savent-ils pas que l’on vit à l’ère où l’Internet représente la bibliothèque universelle ? », enrage-t-il. Opinion partagée par Khaled Qénawi, fournisseur d’accès, qui dévoile que les deux Gigabytes « ne sont sans doute pas suffisants pour le consommateur moyen. Il faut savoir que la réception de pièces jointes par mail ou de fichiers par chat sera compté dans les 2 Gig ».  

Vol de service

Il n’empêche que, selon un communiqué du ministère des Télécommunications publié jeudi dernier, la réduction de 95 à 45 L.E./mois de l’ADSL 256 kbps a pour ambition de permettre à toutes les tranches de la population d’utiliser les services de base de l’Internet, surtout que les prix des ordinateurs ont diminué pour atteindre moins de 1 300 L.E. Autre justification présentée par le communiqué : l’abolition du phénomène du vol de service. En raison de la cherté du prix, un utilisateur s’abonnait au service pour ensuite le partager discrètement avec ses voisins. Seuls 300 000 foyers sont enregistrés au service alors qu’en réalité ils sont au moins le double, selon les estimations du ministère des Télécoms. « Cela affecte négativement la qualité du service. Pire encore, cela affecte nos indices de développement sur le plan international », souligne Badawi. Un argument accepté par certains experts : « Sans aucun doute, limiter le téléchargement mettra fin au phénomène de partage », indique Nadi Anis, expert en télécommunications. Quant au nouveau prix de l’Internet à haut débit, Anis juge que « seuls les gens qui surfent seront bénéficiaires ».

Sans oublier les 8 fournisseurs d’ADSL, puisque le dépassement des 2 Gb entraînera une certaine hausse des prix. Deux d’entre eux se partagent les trois quarts du marché. En premier, vient TE Data, qui contrôle presque 45 % du marché, et possédée par Telecom Egypt (unique fournisseur public de lignes fixes). Puis Link, majoritairement possédée par Orascom Telecom. « Ces sociétés réaliseront des gains colossaux. Du point de vue des revenus, l’option avancée est la meilleure pour ces sociétés. Plus il y aura de consommateurs, plus il y aura de revenus », souligne Khaled Qénawi, directeur de vente et du département du consommateur d’Egynet, un des 8 fournisseurs. Il reconnaît cependant recevoir « des mails de protestation de nos clients » et dévoile que suite à ceux-ci, le ministère des Télécommunications étudie la possibilité de maintenir deux sortes d’abonnements au 256 kbps (95 L.E. ou 45 L.E. limité), et laisser le choix au consommateur. La décision finale se fait attendre.

Ibtessam Zayed

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Un Egyptien vice-président de Microsoft

Ali Faramawy a été nommé président de la région de Moyen-Orient et Afrique (Microsoft MEA), une des 13 régions couvertes par Microsoft International. Microsoft MEA mène ses opérations à partir de 30 bureaux et couvre plus de 70 pays. Ce poste rend Ali Faramawy vice-président de Microsoft International.

Faramawy a rejoint Microsoft en 1997, où il a occupé le poste du directeur général de Microsoft-Egypte. En 2002, un nouveau poste a été créé, celui du directeur régional, que Faramawy a occupé, aidant à étendre la présence régionale de l’entreprise. Il a ensuite été vice-président de Microsoft MEA, comme on le reconnaît sur le site officiel du Microsoft International. Il a été promu en 2004 vice-président de Microsoft MEA.

Faramawy est ingénieur diplômé de l’Université d’Alexandrie. Il a obtenu un magistère en gestion d’affaires de l’Université de Hull, en Angleterre.

Tout au long des vingt ans de sa carrière dans le domaine des technologies de l’information, son expérience a varié allant des technologies de la vente à la gestion. Il a travaillé dans plusieurs pays du Moyen-Orient et d’Europe, dans les entreprises Dun & Bradstreet Software, NCR Corporation, Yokogawa Marex avant de rejoindre Microsoft.

I. Z. 

La fin annoncée des revendeurs ?

« Il sera difficile pour moi de poursuivre l’activité suite à la réduction du prix de l’ADSL. Celle-ci va entraîner la chute de nos profits de presque la moitié », annonce Aymane Abdel-Wahab, propriétaire de Digital Egypt, une des sociétés qui revend l’accès à l’ADSL. Il ajoute avoir même entamé des procédures de dépôt de bilan après la réduction des prix de l’abonnement 256 kbps de 95 à 45 L.E. Il existe plus de 150 petites sociétés dans la situation de Digital Egypt. Chacune de ces sociétés vend pour le compte des grands fournisseurs (LinkDotnet, TE Data, Egynet et Nile On Line) un accès à l’ADSL. En échange, elles touchent une part fixe de l’abonnement mensuel versé par les abonnés, qui diffère d’un contrat à l’autre. « Par exemple, LinkDotNet verse à ses revendeurs une part de l’abonnement qui varie entre 10 et 18 %. Cette part est fixe quel que soit le montant de l’abonnement. Cela signifie qu’avec la nouvelle réduction, il n’y a rien à gagner », raconte Aymane Abdel-Wahab.

Cependant, d’autres revendeurs d’accès se réjouissent de la réduction du prix de l’abonnement. A l’exemple de Mohamad Abdel-Hamid, PDG d’une de ces sociétés, qui affirme que « les nouvelles réductions nous donnent la chance d’augmenter nos clients en leur proposant des offres en paquet ». Ce que des experts en télécommunications nient. A l’instar de Nadi Anis, qui assure que « les nouveaux prix ne sont pas du tout rentables même avec l’augmentation du nombre de clients. Et ce, car les profits des revendeurs se limitent à 5 % de chaque abonnement. Par exemple, si les abonnés passent de 100 à 200, cela n’entraînera que 450 L.E. de profit ». Il ajoute que ces sociétés devront recourir à la fusion pour survivre, dans le cadre des nouveaux tarifs.

Gilane Magdi

 




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