Al-Ahram Hebdo, Arts | Hommage à 50 ans d’art
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 Semaine du 1er au 7 août 2007, numéro 673

 

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Arts

Célébration. Le Palais des arts de l’Opéra du Caire fête le jubilé d’or de la faculté des beaux-arts de l’Université d’Alexandrie avec son exposition « Un demi-siècle de créativité ».

Hommage à 50 ans d’art

1957 est une date importante dans le secteur de l’art en Egypte puisqu’elle marque, sous la férule d’Ahmad Osmane, la naissance de la faculté des beaux-arts de l’Université d’Alexandrie. Le 8 juillet, le Palais des arts de l’Opéra du Caire a célébré l’anniversaire de cette prestigieuse institution en mettant sur place l’exposition « 50 ans de créativité ». De grands noms s’y sont retrouvés pour l’occasion, comme l’artiste et ministre de la Culture, Farouk Hosni, le gouverneur d’Alexandrie Adel Labib, le ministre de l’Enseignement et de la Recherche scientifique le Dr Hani Hilal ... Ce jubilé d’or fait partie pour le pays de l’un des événements culturels les plus importants de l’année, étant donné qu’Alexandrie est le lieu générateur de la chanson patriotique de Sayed Darwich, et la ville natale de grands nombres d’artistes tels que Mohamad Nagui, les frères Wanly, Mahmoud Moussa et bien d’autres. Alexandrie, comme le rappelle si bien Farouk Hosni, « fut un lieu de l’éclosion de l’art et de la culture et un lieu phare pour les pays de la Méditerranée ».

Investissant trois locaux superposés au petit Palais des arts, l’exposition regroupe au total les œuvres de 228 artistes de toutes les époques, tels que Farouk Wahba Al-Guébali, Moustapha Abdel-Moeti, Darwich Al-Nabarawi, Yousri Al-Mamlouk, Ingy Al-Gohari, Abdel-Hadi Al-Gazzar, Ingy Youssef Qadri ... Tous sont divisés en six générations : « 1960, 1970, 1980, 1990, Les Exquis puis la Génération du Millénium ». Les cinq départements d’art de la faculté éponyme y sont exposés, travaillant l’agencement de la peinture, la sculpture, la décoration, l’architecture, et du design.

Sous le parrainage du Dr Mohamad Chaker, directeur de la faculté depuis 2006, la cérémonie fut lancée avec cinq expositions représentant les cinq décennies à Alexandrie, et quatre expositions à propos de l’histoire de la faculté, représentée par 78 peintures. Ainsi 560 pièces d’art créées par les élèves de la faculté reproduisent-elles l’histoire de son cinquantenaire.

Un concours fut aussi organisé pour sélectionner les meilleurs plans d’architecture qui configurent les nouveaux locaux de la faculté dans la région de Maamoura. Simultanément des ateliers des projets mineurs conçus par les étudiants de la classe de 2005/2006 se sont fait remarquer.

Pour graver un tel événement dans les mémoires, Mahmoud Ibrahim, un étudiant de la faculté, a tourné un documentaire s’y rapportant, diffusé sur un écran géant à l’exposition. Parallèlement à celle-ci, un symposium culturel, intitulé « L’art visuel entre le constant et le fluide », s’est taillé une place notoire avec 84 études couvrant essentiellement le nouveau média et son rôle à former l’art moderne, l’art et l’architecture et les dimensions de la transformation, ainsi que l’héritage entre la globalisation et l’identité.

Lors d’un des colloques correspondants, « Vue critique des beaux-arts », Ahmad Fouad Sélim, Samir Farid et le Dr Moustapha Al-Razzaz nous ont fait partager leurs avis et expériences sur l’art et Alexandrie. Tous trois s’immergent nostalgiquement dans leurs souvenirs de la ville d’Alexandrie. D’après le peintre Fouad Sélim, bien que construite après celle du Caire, la faculté d’art de la ville lui a emboîté le pas et l’a devancée à bien des égards : « Grâce à son cosmopolitisme, l’art que l’on retrouvait à Alexandrie était beaucoup plus avant-gardiste qu’au Caire. Les styles s’y mélangeaient avec plus de fluidité, dans l’exaltation d’une diversité caractéristique », dit-il.

Toutefois, le peintre Al-Razzaz déplore une certaine difficulté à réunir des photos d’archives enregistrant l’historique et l’évolution de la faculté. « Il n’y a rien qui retrace vraiment les moments mémorables des années précédentes en images. Les archives sont inexistantes, les personnes responsables ne se sont jamais appliquées à mieux conserver les documents et les images de l’édifice ». Cette faille est d’ailleurs perceptible dans le livre de commémoration de l’événement. Ce livre fut édité grâce au financement de l’architecte saoudien, Mohamad Saïd Farès, ancien gouverneur de Jeddah , passionné d’Alexandrie.

 

Influence positive

Au plan national, la faculté a eu une influence positive dans tous les domaines de l’art grâce à la créativité et l’ambition de ses étudiants et de son personnel. Elle a su atteindre une éminente position parmi ses pairs en Egypte, dans le monde arabe, ainsi que dans les zones de la Méditerranée. Le critique Samir Farid a insisté, lors de son discours sur la beauté de la ville d’Alexandrie, sur le principe de l’inspiration prolifique de tous les artistes de cette époque. « Le soleil, les vagues et la mer transportaient chacun des peintres dans un monde à part, où sa créativité abondante devient sans limites. Sans toutefois oublier de contourner quelques tabous religieux par des subterfuges », souligne-t-il. N’en demeure pas moins que la faculté d’art d’Alexandrie a su, tout au long de ses 50 ans d’existence, conférer à cette ville illustre l’aspect irrésistible d’une pièce d’art et d’architecture unique en elle-même.

Comme on dit un événement en appelle un autre et ce sera au tour de la faculté des beaux-arts du Caire de fêter son jubilé en 2008. Espérons que cette occasion prendra une dimension internationale, pour porter à un haut degré l’extase des artistes égyptiens de tout le territoire, qui côte à côte pourront voir leurs œuvres admirées et consacrées.

Natayla Teymour

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Palais des arts, Opéra du Caire, Al-Guézira, Zamalek.

Tél. : 027 367 628.

Du 8 juillet au 9 août.

 




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