Musique. Trois ans après ses débuts, la troupe Massar Egbari (voie obligatoire) aligne succès sur succès dans les festivals et auprès du grand public. Elle se prépare à une percée mondiale au Festival de Malte qui se déroule le mois prochain, tout en maintenant une envie farouche d’indépendance.

Une onde porteuse

Cinq jeunes Alexandrins provenant de milieux artistiques très différents sont les membres de Massar Egbari, une troupe fondée depuis déjà 3 ans et qui connaît un succès grandissant. Chacun d’entre eux venant d’un horizon musical différent tel le jazz, la musique orientale et le rock, ils voulaient jouer une musique différente, mais en même temps conciliant tous leurs goûts et influences. Ils choisirent le nom de la troupe Massar Egbari par rébellion contre la société qui impose son pouvoir à tout le monde, l’obligeant à suivre un certain chemin depuis sa naissance et jusqu’à son décès.

« Notre société est une machine à production de stéréotypes qui envahissent nos pensées et accaparent nos sentiments jusqu’à étouffer en nous toute velléité de création et d’innovation », déclare Aymane Massoud, le pianiste de la troupe. « Nous devons vivre, manger, boire, aimer, jouer en suivant la grande foule, et c’est ce que notre troupe refuse », explique-t-il.

 

Musiques colorées

« C’est cette philosophie réfractaire à tout formatage qui s’exprime dans notre musique », ainsi décrit Aymane Massoud le type de musique que Massar Egbari produit. Ses chansons traduisent les problèmes de la société plus que l’amour qui n’occupe pas la centralité de son œuvre, mais s’articule à son répertoire.

Grâce à leurs atmosphères musicales très différentes pour chacun, leur musique porte de nombreuses influences et couleurs. Ils font un mélange de rock, jazz, blues et musique orientale. « Notre musique ressemble à l’identique à nos goûts. Nous sommes les fans de Pink Floyd, Dire Straits, Camel, mais aussi de Fayrouz, de Ziyad Rahbani et du merveilleux Sayed Darwich. Nous sommes comme tous les Egyptiens, qui écoutent la musique occidentale et l’apprécient, mais en même temps ne peuvent se passer de ce cher héritage oriental qui court dans leurs veines. Notre musique ressemble à ces saveurs mitigées », élucide Aymane.

Leurs titres, comme Kol al-khalq (toute la population), Ana haweit (je suis épris) de Sayed Darwich, Cheta (hiver) ou Taam al-beyout (saveurs des demeures), connaissent un très grand succès auprès du public et leur valent des grands prix dans les grands événements tels la première compétition de musique occidentale qui a eu lieu à la Bibliotheca Alexandrina en 2006, ou la compétition organisée par l’Euromed Café en 2005 et 2006 dans laquelle les chansons Taam al-beyout et Kol al-khaq remportent les prix spéciaux de la compétition.

« Les prix que nous avons reçus nous ont vraiment honorés, mais surtout nous ont prouvé que nous sommes sur le bon chemin et que notre musique connaît tant l’appréciation des professionnels que du public, déclare Aymane Massoud, ajoutant : La troupe participera au Festival international de Malte le 2 août et au Festival du Rock pour la paix qui aura lieu à Istanbul le 24 août. Cela nous implique dans les mouvements musicaux du monde entier et nous enrichit plus qu’autre chose ». Ainsi, arpentant le monde avec l’indépendance comme utopie, la troupe compte-t-elle poursuivre sa voie vers l’ouverture et l’épanouissement.

Dina Abdel-Hakim