Les élections et
la sagesse populaire
Mohamed Salmawy
La pensée religieuse
et la politique
Salama A. Salama
Comment blâmer les dirigeants arabes ?
Mohamed Sayed Saïd
Vice-directeur du
CEPS d’Al-Ahram
Jérusalem, capitale de la
culture arabe
Ahmad Y. Al-Qarei
Spécialiste de la question palestinienne
Édito
Fléau
Malgré la montée en puissance des forces iraqiennes
et américaines sur le
terrain dans le cadre d’un plan de sécurité, lancé le 14 février dernier pour sécuriser Bagdad ravagé par les violences, et en dépit de l’extension de ce plan « Fardh Al-Qanoon » (imposer la loi) à l’ensemble
des provinces touchées par la violence, le nombre de victimes ne cesse de croître.
Qui plus est, les attentats suicide visant les civils se sont multipliés considérablement depuis début
2007, et sont plus meurtriers
que jamais. En février et mars 2007, l’Iraq a connu 92 attentats suicide contre des cibles civiles, contre 62 pour les deux derniers mois de 2006. Depuis janvier, le nombre d’attentats suicide est le plus élevé
depuis 2005, alors que le taux de victimes est le plus haut depuis le début de la guerre. Les cibles
choisies, cafés ou
restaurants, mariages ou funérailles, marchés et sites religieux chiites, sont bien
moins protégées que des cibles moins accessibles,
bases militaires américaines
ou locaux gouvernementaux iraqiens.
En mettant
les bouchées doubles, les auteurs
des attentats cherchent à discréditer les Etats-Unis, qui ont annoncé en janvier dernier le déploiement de milliers d’hommes supplémentaires en
Près de 60 % des attentats
suicide sont pratiqués au moyen de véhicules remplis d’explosifs. Les
bombes transportées à même le corps par un kamikaze peuvent
tuer à 30 mètres à la ronde,
alors que le rayon d’action d’une voiture piégée est de 400 mètres. Autre innovation récente, les
explosions multiples : une
première explosion a lieu, attirant des masses de badauds, au milieu desquels un
second kamikaze se fait alors sauter,
pour un maximum de victimes.
Mais on note aussi une tendance
plus récente, les attentats
au chlore, 8 entre le 28 janvier et la fin mars, avec le même
modus operandi : des camions remplis de chlore, produit hautement toxique, qui, outre les morts et blessés, provoque des effets secondaires liés à l’inhalation
du gaz, troubles respiratoires, nausées, vomissements, irritation de la peau,
etc. Les attaques au chlore,
évoquant la guerre chimique,
ont également un rôle psychologique important, déclenchant la panique et rappelant aux Iraqiens un épisode terrible de leur
histoire, le gazage par Saddam Hussein de la ville kurde d’Halabja,
qui avait fait plus de 5 000 morts.
Al-Ahram Hebdo