Jérusalem, capitale de la culture arabe
Ahmad
Y. Al-Qarei
Spécialiste de la question palestinienne
Jérusalem a été choisie comme capitale de la culture arabe
pour l’année 2009. Or, ce choix semble tout à fait illogique.
Depuis des années, l’arabisme de cette ville est menacé par
des tentatives continues de judaïsation. Il fallait donc
choisir Jérusalem comme capitale de la culture arabe pour
l’année 2007, au lieu de l’Algérie, sachant que Damas a été
aussi choisie pour l’année 2008. Je ne sais pas si
l’Organisation arabe pour l’éducation, la culture et les
sciences peut intervenir et émettre une décision
exceptionnelle à ce propos de façon à donner la priorité à
la ville de Jérusalem. Ou promulguer un nouveau protocole de
façon à jumeler Jérusalem avec chaque capitale arabe de
façon à ce qu’elle reste la capitale arabe de la culture,
même si le rêve de la libération et de l’indépendance se
réalise.
Il y a
aussi une autre proposition qui consiste à faire de
Jérusalem la première capitale médiatique arabe pour l’année
2007. En effet, les événements sur la scène politique
indiquent que l’année courante sera décisive pour le
processus de paix, sauf si les événements vont dans un sens
contraire conformément aux volontés de l’Administration
américaine qui n’a jamais tenu ses promesses.
L’Administration de Bill Clinton avait fait de grandes
promesses pour l’année 1999 et celle de Bush pour l’année
2004. Mais puisque les Administrations américaines ne
tiennent jamais leurs promesses, il ne faut pas compter sur
elles, mais sur l’union et la volonté arabes et sur la
connaissance arabe commune. Il n’est pas étrange de proposer
que Jérusalem soit la capitale des médias arabes pour
l’année 2007, puisque la cause de Jérusalem était le thème
principal des discussions du Conseil des ministres arabes de
l’Information dans sa 39e session (juin 2006) et du Comité
permanent des médias arabes dans sa 79e session (janvier
2007). En effet, le conseil et le comité ont recommandé le
soutien médiatique à la cause palestinienne de façon
générale et à la lutte de Jérusalem en particulier et la
protection de son arabisme. Et ce, en adoptant certains pas.
Premièrement, dévoiler les dangers des plans israéliens
visant à s’accaparer de la région de l’Esplanade des
mosquées ainsi que les dangers résultant de la continuité
des opérations de percement sous la mosquée d’Al-Aqsa. Sans
oublier les dangers des groupes juifs extrémistes qui
menacent de détruire la mosquée et de construire à sa place
le Temple de Salomon.
Deuxièmement, dénoncer la procédure israélienne qui consiste
à fermer la ville de Jérusalem face au peuple palestinien,
et ce en transformant le barrage de Calendea en point de
passage. En plus du commencement de la construction de la
partie du mur de sécurité qui sépare le sud de la
Cisjordanie de la ville arabe de Jérusalem.
Le
Conseil des ministres arabes de l’Information et le Comité
permanent des médias arabes ont aussi recommandé de dévoiler
les dangers et les dimensions de la politique israélienne
d’épuration ethnique pratiquée contre les habitants de
Jérusalem. Il faut donc mettre la lumière sur la souffrance
d’un quart de million de citoyens dont l’infrastructure
sociale et démographique est en train de s’effondrer à cause
du mur de sécurité, des portières électroniques et des
barrages militaires. Les recommandations se sont aussi
concentrées sur la nécessité d’organiser des campagnes de
solidarité à travers les médias arabes pour soutenir le
peuple palestinien. Et aussi pour dévoiler les procédures
entreprises par le gouvernement israélien afin de
restreindre les libertés religieuses musulmanes et
chrétiennes à l’intérieur de la ville sainte.
Il faut
aussi que les Arabes mettent au point un plan médiatique
commun pour la lutte contre le plan israélien de séparation.
Le plan arabe doit se concentrer sur la contradiction entre
le plan israélien d’un côté, et les décisions de la
légitimité internationale, l’initiative arabe de paix, la
Feuille de route ainsi que les résolutions conclues avec
l’Autorité palestinienne de l’autre côté.