Al-Ahram Hebdo, Opinion | Mohamed Salmawy, Les élections et la sagesse populaire
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 11 au 17 avril 2007, numéro 657

 

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Opinion

Les élections et la sagesse populaire

Mohamed Salmawy 

Un correspondant d’une agence de presse étrangère, venu pour couvrir les élections de l’Union des écrivains d’Egypte, m’a demandé la raison de cette affluence pour la désignation des membres de cette Union. C’est, répondai-je, le sentiment que la voix de l’électeur, qui oriente en général le cours des élections, que ce soit positivement ou négativement, a de la valeur.

 

Ces deux raisons entraînent nécessairement une troisième, celle de la responsabilité qu’éprouve l’électeur à l’égard de cette entité pour laquelle il doit donner son avis. Il s’agit d’une propriété à lui dont il choisit de son plein gré les gérants. Il peut, au même titre, revenir sur son choix et écarter les personnes qu’il a choisies s’il n’est pas satisfait de leur performance.

Un grand nombre, environ 60 candidats, pour 15 sièges se sont disputé les élections de renouvellement partiel qui se sont déroulées la semaine dernière à l’Union des écrivains d’Egypte. Soit 4 fois plus que le nombre requis. Ceci dit, la liberté de choix était non seulement de mise, mais également grande. Les candidats étaient de toutes les tendances, de l’extrême droite à l’extrême gauche. Les catégories d’âge étaient également variées. Il y avait des jeunes qui s’engageaient pour la première fois et même des personnes de 70 ans.

J’ai dit au correspondant : la direction de l’Union s’est attachée à toutes les procédures de transparence à tous les niveaux. L’assemblée générale a été également témoin des élections. Il répondit : J’ai remarqué, ainsi que mes collègues, que vous avez utilisé les urnes en verre comme pour le récent référendum sur les amendements constitutionnels.

Je rectifiai : Ce sont les responsables du référendum qui nous ont imités. Nous avions déclaré il y a trois mois, en début d’année, que nous allions utiliser des urnes en verre pour les élections de l’Union qui se dérouleront en mars prochain. Et ce, à la suite de la proposition d’un membre de l’Union lors des élections qui se sont déroulées deux années plus tôt. La presse en avait parlé à l’époque disant que c’était la première fois que de telles urnes étaient utilisées. Notons d’ailleurs que le parti du néo-Wafd les avait utilisées au cours de l’une des élections internes depuis quelques années.

Cependant, les urnes en verre ne sont pas à elles seules suffisantes et garantes de l’intégrité et de la transparence du processus électoral, bien que l’on soit sûr qu’aucun bulletin ne peut être inséré au préalable. Mais comme c’est le cas avec n’importe quelles autres urnes, il est possible d’introduire les bulletins que l’on désire glisser. Raison pour laquelle nous avons fait de l’électeur un observateur de tous les stades du processus électoral, depuis le vote jusqu’au dépouillement qui s’est effectué en public et en la présence de l’assemblée générale. Les urnes étaient ouvertes devant les membres et le décompte était annoncé, vote par vote, à haute voix. Au même moment, les membres de l’Union faisaient le calcul simultanément avec le comité de dépouillement.

Nous nous sommes également attachés au contrôle juridique et nous avons été honorés de la présence du membre du Conseil d’Etat Loutfi Mansour et d’une équipe composée de 10 personnes. Ils ont eu l’amabilité de démontrer une grande flexibilité à l’égard de nos demandes qui avaient pour objectif de nous garantir une impartialité totale.

Nous avons, par exemple, exigé la présence de représentants des candidats pour superviser le travail. Le conseiller du Conseil d’Etat nous a dit qu’en général, les représentants des candidats se trouvent au stade du dépouillement secret. Quant au dépouillement public, c’est l’assistance qui en suit de près les péripéties. Nous lui avons dit que les candidats et le reste des membres de l’assemblée générale suivront le dépouillement ainsi que leurs représentants. Et il acquiesça : Nous avons également demandé d’annoncer officiellement les résultats de la première urne pour que les journalistes et les hommes de médias puissent transmettre ces résultats en tant que premiers indices pour leurs journaux qui ne pouvaient pas attendre les résultats finaux qui paraissent en général à l’aube. Il existait également une autre raison : s’assurer de la conformité des résultats auxquels est parvenue l’assemblée générale avec ceux annoncés par le comité de dépouillement.

De nouveau, le conseiller du Conseil d’Etat s’est plié à cette demande bien que cela signifiait le fait d’arrêter l’opération de dépouillement après la première urne et de cesser de calculer les voix de chacun des 58 candidats qui suivaient le dépouillement en parallèle avec le comité juridique.

Un représentant de l’une des organisations des droits de l’homme et responsable de faire le suivi de l’exercice démocratique m’a demandé d’être informé du nombre de ceux qui ont voté aux élections. Je lui ai dit que pour 1 800 membres, environ 1 200 détiennent le droit de vote. Nous avons pris connaissance ensemble du taux de participation à plus de 50 %. A ce moment-, le représentant leva haut ses bras et dit surpris : incroyable. Nous savons que le taux de participation en Egypte est en général très bas. Vos chiffres officiels font état de 27 %, alors que les nôtres s’arrêtent à 5 %. Mais le taux chez vous à l’Union des écrivains a atteint 70 %. Quelle est votre interprétation de cela ?

Je répondis que cela était à la transparence et à la confiance de l’électeur dans les procédures électorales et dans sa capacité de faire triompher celui qu’il désire et de faire échouer celui qu’il veut écarter.

Enfin, lorsque les résultats ont été rendus publics, j’ai vu que l’électeur a fait preuve d’une grande sagesse. Les élections ont eu lieu alors que de nombreuses demandes se sont élevées sur la nécessité du renouvellement et celui d’injecter du sang nouveau et, enfin, de ne pas consacrer pour toujours les sièges des membres du conseil qui ont attiré la confiance de l’électeur tout au long de ces années. Mais j’ai trouvé qu’entre les 15 candidats qui l’ont emporté, 7 ne faisaient pas partie de l’ancienne formation. Cela signifie que l’électeur, en choisissant les nouveaux candidats, leur a accordé environ la moitié des sièges disponibles tout en préservant pour l’autre moitié les anciennes expériences. Ainsi, le résultat a-t-il été équilibré entre l’ancien et le nouveau conseil et entre l’expérience et la volonté de progresser.

Les élections de l’Union des écrivains d’Egypte ont prouvé une fois de plus qu’accorder aux gens leurs droits élémentaires, leur donner l’occasion d’assumer leur rôle en respectant leurs points de vue, fait qu’ils ne s’abstiennent pas de voter. Ce qui laisse transparaître toujours une sagesse digne d’un grand peuple tel que le peuple égyptien.

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