Al-Ahram Hebdo, Monde Arabe | Les islamistes bannis
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 Semaine du 11 au 17 avril 2007, numéro 657

 

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Algérie . Les partis politiques peaufinent leurs stratégies en vue des législatives, prévues le 17 mai prochain.

Les islamistes bannis

Quelque 18 millions d’Algériens seront appelés aux urnes le 17 mai pour des législatives, dont les islamistes radicaux ont été exclus, qui mettront en lice une majorité de sortants, ministres ou caciques des partis, mais peu de jeunes et peu de femmes.

Il s’agit des troisièmes législatives pluralistes depuis celles de décembre 1991 remportées par le Front Islamique du Salut (FIS-dissous) et annulées, entraînant quinze ans de violences dans le pays. Les électeurs doivent choisir 389 députés au scrutin de liste à un tour dans 48 circonscriptions. La répartition des sièges se fera à la proportionnelle départementale.

Le ministère de l’Intérieur a rejeté les candidatures d’anciens chefs de maquis islamistes qui voulaient se présenter aux élections directement ou sous l’ombrelle de partis légaux. Parmi ces repentis figure Madani Mezrag, ancien chef de l’Armée Islamique du Salut (AIS) qui a rendu les armes en 1997. Il a été gracié dans le cadre de la loi sur la concorde civile de 1999. Une autre figure de proue de l’islamisme radical, Abdallah Djaballah, n’a pas été autorisée à participer au scrutin, après avoir été évincée, en 2004, de la direction de son parti Al-Islah (réforme), disposant de 43 sièges dans l’Assemblée sortante. M. Djaballah ambitionnait d’occuper le vide laissé par le FIS. Il a dû jeter l’éponge et appeler au boycott du scrutin. Ses tombeurs se présentent comme des musulmans modérés.

De leur côté, les trois partis de l’Alliance présidentielle, le Front de Libération Nationale (FLN-nationaliste), le Rassemblement National Démocratique (RND-libéral) et le Mouvement pour la Société de la Paix (MSP-islamique), ont aligné une majorité de sortants parmi les ministres et la vieille garde de leur exécutif. Le nombre de candidates présentées par chacun d’eux tourne autour de 10 % et très peu d’entre elles sont en position d’éligibles. L’Alliance détient la majorité absolue dans l’Assemblée sortante. Elle se réclame du président Abdelaziz Bouteflika, dont le mandat s’achève en 2009. Ses dirigeants affirment pouvoir conserver la majorité parlementaire, tout en se livrant à une sourde bataille intestine pour le contrôle de la future Assemblée.

Le FLN (208 députés) détient seul la majorité de l’Assemblée sortante. Il a déclaré son attachement à l’Alliance présidentielle qui constitue un cadre de coordination, d’action du gouvernement en vue de concrétiser le programme du président, notamment celui de la réconciliation nationale. Mais le FLN fait l’objet de mécontentement de sa base qui concerne, entre autres, le fait que des ministres comptent se porter candidats. Une initiative qui n’est pas pour plaire à certains militants qui rejettent le « cumul » de mandats. Finalement, c’est une commission ad hoc présidée par le secrétaire général Abdelaziz Belkhadem qui décidera des listes et du sort de toutes les candidatures, y compris pour les ministres qui veulent se présenter. La priorité du programme du FLN, qui ambitionne de rester le parti majoritaire, est le soutien à la politique de la réconciliation nationale initiée par le président de la République et la lutte contre le terrorisme. Le parti veille, également, à la révision de la grille des salaires et de la loi sur la commune et la wilaya, la loi électorale ainsi que celle des partis et du code de l’information.

Le FLN est suivi à l’Assemblée par le RND (46 sièges) et le MSP (39). Le chef du MSP, Bouguerra Soltani, ambitionne de conquérir 30 % des sièges du nouveau Parlement.

Les prochaines élections verront le retour à l’arène du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD-laïc) de Saïd Sadi, qui avait boycotté les législatives de 2002 pour protester contre la répression des manifestations de 2001 en Kabylie, en faveur de la langue et de la culture berbères. Le RCD présentera des listes dans les 48 circonscriptions d’Algérie et briguera les 8 sièges de l’émigration. Les femmes y représentent 10 % environ des candidats. Son frère ennemi, le Front des Forces Socialistes (FFS-social démocrate) de Hocine Aït Ahmed, bien implanté en Kabylie, a décidé, comme en 2002, de boycotter le scrutin. Le Parti des Travailleurs (PT-gauche radicale) de Louiza Hanoune, seul parti algérien dirigé par une femme, aura 16 femmes tête de liste et 40 % de candidates, le taux le plus élevé de tous ses concurrents. Le PT dispose de onze députés dans l’Assemblée sortante. Une quinzaine de petits partis se présenteront au scrutin, avec peu de chances de conquérir des sièges.

Hicham Mourad

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